Lors des Championnats d’Europe à Saint-Denis, Léon Marchand a surpris tout le monde en s’imposant, presque par hasard, comme une figure incontournable du nage libre. Empêché de concourir en brasse et en quatre nages individuelles en raison d’une blessure aux adducteurs, il a dû se tourner vers autre chose. Au final, l’idée un peu folle de viser six titres olympiques individuels à Los Angeles en 2028 commence à germer.
Une semaine qui a tout changé
Personne n’y est jamais parvenu, ni Mark Spitz, ni Michael Phelps. Et pourtant, à Saint-Denis, Léon Marchand a signé le sixième meilleur temps de l’histoire sur 200 mètres nage libre, avec un chrono de 1 min 43 s 76, avant de remporter le titre européen et le record de France sur 400 mètres nage libre en 3 min 43 s 14. « J’ai trouvé mon truc avec le crawl, a-t-il déclaré après coup. J’ai vraiment envie de continuer sur cette lancée. Ces deux dernières années, j’ai bien bossé sur ma technique, sur ma puissance, mes bras. »
Du beau monde en face
Mais rien n’est encore joué. « Attention à la concurrence quand même », prévient Alain Bernard. Sur le 200 mètres, il devra se mesurer à David Popovici, le leader incontesté sur cette distance. Sur le 400 mètres, Lukas Märtens (champion olympique et détenteur du record du monde) reste redoutable, même si sa défaite face à Marchand dimanche était principalement due à la fatigue accumulée au cours de la semaine. Marchand lui-même refuse de s’emballer. « Je suis encore loin du meilleur niveau mondial. Sam Short a nagé 3’40 vendredi. J’affrontais Märtens qui a nagé 3’39. Mes concurrents avaient beaucoup nagé cette semaine et moi, j’ai eu trois jours de récupération. »
Un programme presque sur mesure
Un petit coup de pouce du destin ! Le programme des Jeux de Los Angeles lui est plutôt favorable, seules les finales du 200 mètres papillon et du 200 mètres nage libre se chevauchant le même jour. C’est le genre de défi qu’il avait déjà relevé haut la main à Paris 2024. « Il a une capacité de récupération exceptionnelle, note Alain Bernard. Il n’avait que 20 minutes entre la finale du 400 m et le relais 4×100 m 4 nages, et il a été monstrueux. »
Même ses proches n’en sont plus certains
Pour Denis Auguin, le directeur technique national, le problème de Marchand ne réside même plus dans son niveau de performance, mais plutôt dans le choix de ses épreuves. « C’est un nageur exceptionnel, un champion exceptionnel dans sa capacité d’être performant. C’est juste que le garçon a une palette d’une richesse incroyable et donc c’est compliqué de tout faire. » Marchand, quant à lui, tâtonne pour déterminer ses futurs choix de courses. « Le 200 et le 400 m nage libre à Los Angeles, pourquoi pas… Je vais voir comment ça évolue, comment je soigne mon adducteur pour la brasse. » Prochain rendez-vous à Pékin en décembre prochain pour les Mondiaux en petit bassin, avant de se rendre à Budapest l’année prochaine. Il y croisera peut-être la route d’un certain Sauveur Cristofini, jeune prodige déjà comparé à lui.
