Le 5 juin dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, le Parc omnisports Suzanne-Lenglen s’est transformé en un laboratoire de civisme vert à ciel ouvert. Une action concrète menée par le CROS Île-de-France.
Le soleil de juin tape sur le bitume et les pelouses du Parc omnisports Suzanne-Lenglen, dans le 15e arrondissement de Paris. Pourtant, ce jour-là, l’effervescence n’est pas seulement athlétique. Sacs poubelles biodégradables à la main, gants ajustés, des dizaines de paires d’yeux d’enfants scrutent les moindres recoins de verdure. Une canette oubliée sous un banc. Un emballage plastique coincé dans une haie. Traqués. Éliminés.
Cette « Clean Walk » citoyenne, orchestrée par le Comité Régional Olympique et Sportif (CROS) Île-de-France en partenariat étroit avec les agents de la Ville de Paris, a transcendé la simple opération de nettoyage. Elle a matérialisé un sursaut. Une prise de conscience collective où le mouvement sportif s’impose comme le vecteur privilégié de la transition écologique.
L’école du terrain
Les théories abstraites sur le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité n’ont que peu de prise sur les esprits en pleine construction. Rien ne vaut l’action. Rien ne remplace la main qui se baisse pour réparer une négligence humaine. Les classes de l’école des Frères Voisin, venues en première ligne avec leurs professeurs, en ont fait la démonstration éclatante.
S’engager collectivement. Le mot d’ordre a résonné fort. À travers cet effort partagé, ces écoliers ne se sont pas contentés de nettoyer un espace public ; ils sont devenus, le temps d’une journée, les gardiens de leur propre environnement. Cette démarche pédagogique active transforme la contrainte écologique en une aventure solidaire et concrète, ancrant le respect du bien commun directement dans les habitudes de vie.
« Sensibiliser, agir et transmettre : la mission est pleinement accomplie lorsque les jeunes générations deviennent elles-mêmes actrices du changement. Bravo aux classes de l’école des Frères Voisin et à leurs professeurs de s’engager pleinement dans cette thématique collectivement partagée », souligne Evelyne Ciriegi, Présidente du CROS Île-de-France.
La Sorbonne et l’esprit olympique : cap sur l’horizon Génération 2030
Mais l’action de terrain n’est que la partie émergée d’une stratégie bien plus vaste. Quelques jours plus tard, c’est sous les plafonds chargés d’histoire de la Sorbonne que le destin de cette jeunesse s’est de nouveau dessiné. Le Comité de Pilotage (COPIL) du CAUJOP de l’académie de Paris « Génération 2030 » s’y est réuni pour structurer l’avenir.
Autour de la table ? Un écosystème complet. Le monde éducatif, les rectorats, la Ville de Paris, les ambassadeurs ainsi que le mouvement sportif francilien. Tous animés par une obsession commune : faire fructifier les promesses nées des grands événements sportifs récents pour en faire un levier éducatif permanent. Il ne s’agit plus de célébrer le sport pour ses seuls records, mais bien pour sa capacité à forger des citoyens responsables, équilibrés et prêts à affronter les défis du siècle.
Au-delà de l’infrastructure : le véritable sens du mot héritage
On évalue trop souvent le succès des grands événements sportifs à l’aune de leurs infrastructures de béton et d’acier. Des stades neufs, des piscines olympiques, des pistes d’athlétisme rutilantes. Certes. Mais le véritable héritage, celui qui ne s’effrite pas avec les décennies, est immatériel. C’est une transmission invisible mais puissante.
« Plus qu’un héritage matériel, les Jeux nous lèguent une responsabilité collective : celle de transmettre aux générations futures l’esprit d’engagement, de respect, d’excellence et de solidarité qui les caractérise », se réjouit Evelyne Ciriegi.
