La 7ème édition de La Relève, le programme national de détection du Comité Paralympique et Sportif Français, va vivre un moment majeur les 6 et 7 juin à l’INSEP.
Lancée en 2019, cette initiative nationale vise à identifier, tester et orienter les futurs champions en situation de handicap afin de les accompagner vers le sport de haut niveau. Alors que la 7ème saison estivale s’ouvre, le programme élargit ses horizons pour relever deux défis majeurs : la féminisation de ses effectifs et la conquête des pistes enneigées.
Le talent là où on ne l’attend pas : un tremplin éprouvé
« Le talent ne se présente pas toujours là où on l’attend. Il faut aller le chercher, le reconnaître et lui ouvrir une voie ». Cette conviction, portée par Marie-Amélie Le Fur, présidente du CPSF, prend tout son sens à la lumière des chiffres. Depuis sa création, environ 1 000 personnes ont bénéficié de cet accompagnement. Douze d’entre elles ont poussé les portes des Jeux Paralympiques, et deux sont revenues médaillées.
L’exemple le plus parlant est sans doute celui de Pauline Déroulède, marraine de cette édition 2026. Repérée lors de la toute première session en 2019, elle est devenue triple championne de France de tennis fauteuil avant de représenter le pays à Paris en 2024. À ses côtés pour cette nouvelle saison, le parrain Dimitri Pavadé, médaillé d’argent en saut en longueur aux Jeux de Tokyo, incarne lui aussi cette réussite et l’importance de la transmission. Tous deux ont le regard tourné vers un objectif commun : les Jeux de Los Angeles 2028.
Un week-end crucial à l’INSEP sous le signe de l’évaluation
Les 6 et 7 juin 2026 marqueront un moment charnière pour la nouvelle promotion estivale. À la suite d’une phase de détection en ligne menée de janvier à avril, qui a collecté plus de 100 candidatures, 23 profils à haut potentiel ont été rigoureusement sélectionnés.
Pendant deux jours, les infrastructures de l’INSEP accueilleront ces athlètes âgés de 16 ans et plus. Ils seront soumis à une batterie d’évaluations combinant des critères morphologiques propres à chaque discipline, des tests physiques complets mesurant la force, la vitesse, l’endurance, l’équilibre et la souplesse, mais aussi des bilans d’aptitudes mentales indispensables à la haute compétition.
Féminisation et ambitions hivernales : les nouveaux caps
Malgré la dynamique actuelle, le CPSF refuse de stagner. Pour atteindre le Top 5 des nations lors des prochaines échéances, le mouvement doit impérativement combler ses manques. Lors des Jeux de Paris, la France était encore absente de 58 % des épreuves, faute de profils identifiés.
Le premier levier de progression réside dans la féminisation du parasport. Les femmes ne représentaient que 34,5 % de la délégation française en 2024. Un constat que « La Relève » souhaite corriger dès la racine. Bien que 35 femmes se soient pré-inscrites pour cette session 2026, seules 5 ont atteint la phase finale du week-end de détection (soit 22 % des retenus). Pour libérer ce potentiel encore sous-exploité, le CPSF et l’Agence nationale du Sport préparent un plan d’actions d’envergure dédié, prévu pour la fin de l’année 2026.
L’autre grande révolution de cette année 2026 est l’apparition de « La Relève Hiver ». Dans la continuité des Jeux de Milan-Cortina et avec la perspective historique des Jeux des Alpes Françaises 2030, le programme déclinera sa méthode dans les stations de ski dès la fin de l’année. L’objectif est de structurer un vivier hivernal encore trop restreint (seulement 17 athlètes et guides tricolores lors de la dernière édition) à travers les six disciplines paralympiques d’hiver.
