Marina Ferrari, la ministre des Sports, était l’invitée du 13h de nos régions sur ICI ce mercredi, pour présenter l’opération nationale « Septembre Bouge ». Elle en a profité pour réagir fermement à l’affaire qui secoue actuellement le judo français, celle de Léa Fontaine, victime de grossophobie sur les réseaux sociaux.
Une victoire gâchée par la vague de haine numérique
Tout part d’une performance remarquable sur le tatami. Dimanche, Léa Fontaine, licenciée à Sainte-Geneviève Sports (Essonne), remportait le Grand Slam de Lausanne en +78 kg face à sa compatriote Romane Dicko. Une victoire qui la propulse d’ailleurs à la place de n°1 mondiale de sa catégorie. Mais dans les heures qui suivent son sacre, la judokate découvre une avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux, non pas sur sa performance, mais sur son physique.
Deux jours plus tard, la Réunionnaise décide de ne plus se taire et publie un communiqué sur Instagram. « Je respecte la critique sportive, les analyses techniques et le débat contradictoire. Ils font partie du sport de haut niveau. En revanche, les moqueries répétées, les attaques visant mon physique et les commentaires destinés à me rabaisser personnellement dépassent les limites d’un échange sportif normal », écrit-elle. Elle confirme être passée à l’action : « Ça commence à toucher mes proches, donc je ne vais pas rester une fois encore à ne rien dire. J’ai porté plainte. »
L’athlète, vice-championne d’Europe 2026, précise avoir conservé l’ensemble des publications concernées et se réserve le droit de poursuivre les auteurs des propos les plus graves. Elle reçoit rapidement le soutien de plusieurs figures du judo tricolore, dont Romane Dicko elle-même, ainsi que Julia Tolofua, double médaillée mondiale dans la même catégorie. La Fédération française de judo a également apporté son soutien à son athlète, en condamnant fermement toute forme de discrimination.
« Son corps, c’est aussi la fierté de la France »
Sur ICI, Marina Ferrari n’a pas mâché ses mots. « J’ai dénoncé immédiatement les propos et les attaques dont elle a été victime, assure la ministre. Je l’ai félicitée pour ses excellents résultats […], c’est une grande championne. Son corps, c’est aussi finalement la fierté de la France aujourd’hui. On a ce phénomène de grossophobie qui existe et qui s’adresse essentiellement aux femmes dans le sport. Donc je tenais à lui adresser mon soutien, parce que nous sommes toutes et tous confrontés à ces phénomènes aujourd’hui de haine en ligne, de dénigrement et d’attaques physiques. Et ça, c’est absolument intolérable. »
La ministre des sports a également rappelé l’existence de dispositifs pour « lutter contre ces phénomènes de violence, notamment la plateforme Signal Sport, qui nous permet de faire remonter des choses. Léa a eu le bon réflexe, c’est d’aller porter plainte, pour aussi qu’on puisse, à un moment, poursuivre les auteurs de ces violences. Nous devons dénoncer collectivement ces comportements inadmissibles », a-t-elle conclu.
