Ancien attaquant de AS Monaco FC, de AS Saint-Étienne et de plusieurs clubs européens, Frédéric Piquionne a retrouvé le goût de la compétition grâce au padel. À travers le 4 Padel Football Club, il réunit d’anciens joueurs autour d’un sport qui mélange plaisir, rivalité et convivialité.
Tu pratiques le padel depuis quand ?
Je joue au padel depuis environ un an et demi, presque deux ans maintenant. Au départ, c’était surtout une découverte, mais je me suis rapidement pris au jeu.
Quand tu retrouves d’anciens joueurs de Ligue 1 sur une piste, est-ce que tu ressens les mêmes sensations qu’avant un match de football ?
Non, ce n’est pas exactement la même chose. On est davantage dans une approche de plaisir et de partage, même si la compétition revient très vite. On reste des compétiteurs, donc l’envie de gagner arrive naturellement. Avec le 4 Padel Football Club, l’objectif est surtout de proposer un nouveau rendez-vous aux anciens joueurs et aux joueuses de football, de créer une belle énergie et de se retrouver autour d’un sport différent. Mais forcément, dès qu’il y a un classement et un titre à aller chercher, l’esprit de compétition reprend le dessus.
Qu’est-ce qu’il reste du footballeur en toi quand tu remplaces les crampons par une raquette ?
La mentalité de compétiteur ! Le padel est un sport différent du football, mais on retrouve certains aspects : les déplacements, la communication avec son partenaire, la stratégie. Il y a aussi beaucoup de réflexion et d’adaptation.
Après avoir connu les stades de Ligue 1, de Premier League et la pression des grands matchs, est-ce que le padel recrée une partie de cette ambiance ?
Oui, un peu. On retrouve cette envie de se dépasser, cette adrénaline de la compétition. Ce n’est pas comparable avec un match de football devant un stade rempli, mais il y a une vraie intensité.
Le terrain est plus petit, les règles sont différentes… Est-ce qu’un ancien attaquant doit réapprendre à jouer ?
Oui, forcément. Au début, ce n’est pas évident, notamment avec les vitres et les trajectoires. On a pris des cours pour progresser. Mais les footballeurs ont certaines qualités qui s’adaptent bien au padel : la lecture du jeu, la coordination, l’envie de gagner. On le voit d’ailleurs avec les résultats des tournois. Les gagnants cette année étaient Steed Malbranque et Sylvain Wiltord.
Tu vois le 4 Padel Football Club comme un simple loisir entre anciens pros ou comme une nouvelle manière de faire vivre le football ?
Je pense que c’est une autre façon de faire vivre notre passion. C’est un moment de retrouvailles, de plaisir et de convivialité. Après nos carrières, chacun a pris des chemins différents : certains sont entrepreneurs, consultants ou chefs d’entreprise. Ce genre d’événement permet aussi de créer des liens, de retrouver des anciens partenaires et de partager des souvenirs. Le vestiaire, ce qui nous manque souvent, c’est l’humour, les échanges, les chambrages. Le padel permet de retrouver ça.
Qu’est-ce qui te manque le plus depuis la fin de ta carrière : les matchs, la pression ou la vie de groupe ?
La vie de groupe, clairement. C’est ce qu’on recherche aujourd’hui dans les matchs caritatifs ou dans des événements comme celui-ci. Ce n’est pas seulement le football qui nous manque, c’est surtout le fait d’être entouré, de partager quelque chose avec d’autres personnes.
Le sport est aussi une question de transmission. Le padel peut-il devenir une nouvelle passerelle autour du football ?
Pourquoi pas. Le sport rassemble toujours. Le padel permet de mélanger les générations, de créer des moments avec des jeunes joueurs aussi. C’est une nouvelle forme de transmission.
À quel moment tu t’es dit que le padel n’était plus seulement un jeu entre amis mais redevenait une vraie compétition ?
Quand j’ai commencé à perdre contre les copains ! (rires) Je me suis rendu compte qu’il fallait travailler, prendre des cours et progresser. Je voulais leur montrer que je n’étais pas fini. La mentalité de compétiteur est toujours là.
Le 4 Padel Football Club existe depuis quand ?
Le projet a commencé en février 2025. On a lancé une première édition et l’objectif est de continuer chaque saison. Cette année, on a réuni environ 200 joueurs sur différents sites, donc c’est encourageant. On veut développer l’événement progressivement et faire encore mieux la saison prochaine.
La grande finale aura-t-elle toujours lieu au pied de la Tour Eiffel ?
On aimerait continuer à la faire à Paris, idéalement près de la Tour Eiffel, parce que c’est un cadre exceptionnel. L’idée est d’organiser plusieurs étapes dans l’année avant de réunir tout le monde pour une grande finale dans un lieu emblématique.
