Après la victoire du Paris Saint-Germain en finale de Ligue des champions face au Arsenal FC, l’éducateur Romaric Bultel revient sur les débuts d’Ousmane Dembélé et de Dayot Upamecano qu’il a formés en 2009-2010, et sur l’évolution de leurs trajectoires jusqu’au très haut niveau.
Il y a des joueurs que l’on voit passer, et d’autres dont on comprend très tôt qu’ils suivront une trajectoire à part. Conseiller du président au FC Évreux 27, Romaric Bultel a accompagné les premiers pas de deux d’entre eux, Ousmane Dembélé et Dayot Upamecano, dès la saison 2009-2010. Deux profils opposés, mais portés par une même évidence.
Deux trajectoires, une même précocité
« Ousmane était surclassé avec mes U14. Il était extrêmement doué, très en avance techniquement. Capable de faire des différences sans vitesse, quasiment sur place », se souvient-il. À l’inverse, Upamecano impose très tôt un autre registre : puissance, vitesse, impact. « Un joueur solide, fiable, déjà capable de s’imposer physiquement. »
Très vite, leurs trajectoires s’écrivent au plus haut niveau. Pour Dembélé, le déclic intervient à Dortmund, avant Barcelone et l’équipe de France. Pour Upamecano, Salzbourg puis le Bayern Munich. Mais c’est une affiche récente de Ligue des champions qui donne, selon Bultel, la pleine mesure du chemin parcouru. « Les voir tous les deux en demi-finale, dans ce contexte, c’est là que tu réalises vraiment. Il y a quinze ans, c’était difficile à imaginer. »
Du potentiel brut à l’exigence du très haut niveau
Avec le temps, leurs profils ont évolué sans se renier. Dembélé a transformé son talent brut en arme complète. « Aujourd’hui, il sait tout faire : attaquer, défendre, presser. Il a compris qu’au très haut niveau, il faut être complet. Upamecano, lui, est devenu un défenseur moderne, capable de relancer et de casser des lignes tout en conservant son impact physique. »
L’état d’esprit, clé de la réussite durable
Au-delà des qualités, Bultel insiste sur une constante : l’état d’esprit. « Ousmane n’a jamais été individualiste. Il a toujours joué pour l’équipe. » Même logique pour Upamecano, déjà perçu comme un leader silencieux, présent sans forcément parler.
Le rôle du contexte apparaît également déterminant. « À ce niveau, tout est lié : le coach, le projet, le cadre. Aujourd’hui, ils sont dans des environnements qui correspondent à leurs qualités. Ça change tout. »
Quant à leur avenir en équipe de France, Bultel refuse de les enfermer dans des rôles figés. « Le plus important, c’est la cohérence collective. Avec leurs qualités, s’ils sont dans le bon état d’esprit, ils peuvent faire très mal. »
Au final, ce qui relie leurs trajectoires reste inchangé depuis l’adolescence : une obsession du ballon et de la performance. « Ce sont des joueurs qui vivent football. Et ça, ça ne change pas. »
