Le Festival de Marne et le Paris FC s’associent à l’occasion de la 40e édition du festival, organisée du 29 septembre au 17 octobre 2026 dans le Val-de-Marne. Ce partenariat inédit entre un acteur culturel et un club de football ambitionne de faire se rencontrer les publics du sport et de la culture sur un même territoire, afin de créer de nouvelles formes de lien social auprès des habitants du département, sous l’impulsion de la directrice Élodie Mermoz.
Pouvez-vous rappeler votre parcours à la tête du Festival de Marne et la nature de cet événement dans le paysage culturel francilien ?
Je suis directrice du Festival de Marne depuis octobre 2022. C’est un festival qui fêtera sa 40e édition, et qui occupe une place assez singulière dans le paysage culturel. On est sur un format départemental, mais avec une grande diversité de territoires.
Le Val-de-Marne est à la fois très urbain et très rural selon les zones, avec des villes très denses et des communes beaucoup plus isolées. Certaines sont très bien connectées, d’autres beaucoup moins. Notre rôle, c’est justement de travailler cette hétérogénéité et d’aller à la rencontre de tous les publics du département.
Comment est née l’idée d’un rapprochement entre le Festival de Marne et le Paris FC, deux univers a priori éloignés ?
La rencontre s’est faite assez naturellement. Au départ, on peut penser que football et festival de musique n’ont pas grand-chose à voir, mais le point de départ est territorial. Le Paris FC est aujourd’hui fortement ancré dans le Val-de-Marne, notamment avec son centre d’entraînement installé et en développement sur le territoire.
C’est un vrai point commun avec nous : nous travaillons tous les deux avec les mêmes habitants, les mêmes familles, sur le même espace géographique. Très vite, nous avons aussi identifié une convergence plus profonde : une volonté commune de décloisonner les pratiques et de créer des expériences collectives accessibles au plus grand nombre.
Cherchez-vous plutôt à élargir vos publics respectifs ou à créer de véritables croisements entre spectateurs de sport et de culture ?
L’objectif n’est pas de “convertir” un public en un autre, mais plutôt de faire circuler les publics entre nos univers. On ne pense pas qu’un supporter devienne du jour au lendemain un amateur de musique classique ou l’inverse.
En revanche, on est convaincus qu’il existe des passerelles naturelles. Il y a une émotion commune entre un match de football et un concert : une vibration collective, un moment partagé.
C’est là que les publics peuvent se rencontrer. Et si un supporter découvre un artiste grâce au festival, ou si un spectateur découvre le Paris FC et son projet, alors on a atteint notre objectif.
Que constatez-vous lorsque les publics du sport et de la culture se retrouvent sur un même événement ?
On observe avant tout une recherche commune : celle du partage. Que ce soit dans un stade ou dans une salle de concert, les gens viennent vivre un moment collectif. Si l’on crée des espaces ouverts, accessibles et accueillants, les mélanges se font naturellement. En réalité, les frontières entre sport et culture sont souvent plus théoriques que réelles.
La plupart des gens sont exposés aux deux dans leur quotidien, même sans être pratiquants réguliers. Il existe des associations culturelles et sportives dans toutes les villes. Ce sont des pratiques très ancrées dans la vie locale. Les opposer n’a pas vraiment de sens.
Comment ce dispositif favorise-t-il concrètement la rencontre entre les publics du sport et de la culture ?
Ce partenariat s’inscrit dans une logique de continuité, déployée sur l’ensemble de la saison. Le festival constitue un temps fort, mais il s’appuie aussi sur un travail mené toute l’année par le Festival de Marne sur le territoire, à travers des ateliers, des concerts et des actions culturelles gratuites dans différentes communes. Cette présence de proximité permet d’aller directement vers les habitants, notamment grâce à une scène itinérante qui prend la forme d’une caravane transformée en espace de concert mobile.
Le Paris FC fonctionne également selon cette logique de temps long, au-delà des matchs. Le club développe des actions liées à la formation, à la détection et à l’accompagnement éducatif, notamment au sein de son centre de formation. C’est à ces différents niveaux que les deux structures se rejoignent, en travaillant notamment auprès des jeunes à travers des projets artistiques, des ateliers d’écriture et des actions culturelles partagées.
Ce type de collaboration peut-il, selon vous, inspirer d’autres initiatives entre clubs sportifs et acteurs culturels ?
Je pense que les acteurs culturels et sportifs ont tout intérêt à travailler ensemble aujourd’hui. Ils font face à des enjeux similaires, notamment en matière de cohésion sociale et d’accès aux publics.
Et les attentes évoluent : les publics recherchent des expériences plus riches, plus ancrées dans leur territoire. Il existe aujourd’hui une vraie demande pour des projets locaux, concrets, accessibles. Dans ce contexte, ce type de coopération peut devenir un modèle intéressant, notamment à l’échelle des territoires.
Une dernière question plus personnelle : quelle est votre relation au football et au sport en général ?
Je suis passionnée de sport dans son ensemble. Le sport m’a toujours accompagnée émotionnellement. J’ai des souvenirs très forts de matches de Ligue 1, de Coupes du monde, de tennis, d’athlétisme aux Jeux Olympiques. Et je constate que le sport est, comme le spectacle vivant, l’un des rares domaines capables de produire des émotions aussi intenses et collectives.
