David Inquel : « Le sport doit redevenir un pilier de la vie des territoires »

Crédit photo : Comité 93 de Judo

Promoteur immobilier et ancien judoka de haut niveau, David Inquel est à l’origine de la Fondation 1% pour le sport. Son ambition : utiliser la force économique de l’immobilier pour soutenir durablement les clubs sportifs locaux. Il revient sur la genèse de cette initiative et sur un modèle inédit de financement du sport amateur.

Votre projet repose sur une idée forte : les lieux où nous vivons peuvent aussi devenir des espaces où le sport se développe. Pourquoi avoir choisi l’immobilier comme point de départ ?

L’immobilier est un secteur que je connais bien. Je suis promoteur depuis près de 25 ans et j’ai réalisé plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés de constructions. Dans ce métier, on comprend rapidement qu’un bâtiment ne vaut pas seulement par sa qualité technique : il dépend aussi de la vie qui l’entoure. Un quartier a besoin de commerces, de services, d’écoles, mais aussi d’associations qui créent du lien. Le tissu sportif joue un rôle essentiel dans cette dynamique. Les clubs font vivre les territoires, créent de la cohésion et participent à l’attractivité d’un lieu.

Mon parcours sportif a également compté. J’ai été judoka de haut niveau pendant dix ans. Quand j’ai poussé la porte d’un dojo à six ans, j’ai rencontré des bénévoles qui m’ont accompagné pendant toute ma jeunesse. Ils m’ont permis de vivre ma passion. Cette fondation est aussi une manière de rendre ce que le sport associatif m’a donné.

Le principe du 1% pour le sport est simple : consacrer une partie des programmes immobiliers au financement du sport local. Comment est né ce modèle ?

L’idée est de faire participer toute la chaîne de construction. Si l’on demande à un seul acteur de financer 1% d’une opération immobilière, cela peut représenter un effort important. En revanche, si chaque entreprise qui intervient sur un projet apporte une petite contribution, l’impact devient considérable.

Une opération immobilière réunit de nombreux acteurs : promoteurs, entreprises, artisans, fournisseurs… Chacun peut participer à son échelle. Ce qui est marginal pour une entreprise devient une ressource importante pour les associations sportives locales.

Pourquoi ce dispositif peut-il être qualifié d’innovant ?

Parce qu’il change la manière de penser le financement du sport. On ne demande pas un effort supplémentaire énorme à un acteur unique. On crée une mobilisation collective. Une opération immobilière peut représenter plusieurs millions d’euros d’investissement. À côté, une association sportive peut parfois être fragilisée pour quelques milliers d’euros nécessaires à son fonctionnement. La Fondation crée donc un lien entre deux mondes qui avaient peu l’habitude de collaborer : celui de la construction et celui du sport amateur.

Comment les fonds collectés sont-ils ensuite redistribués ?

Lorsque nous avons suffisamment collecté sur un territoire, nous travaillons avec la municipalité pour identifier les besoins. Nous lançons ensuite un appel à projets auprès des associations locales. Les clubs peuvent présenter leurs projets : financer du matériel, organiser des événements, accompagner des jeunes, développer une activité ou renforcer leur fonctionnement. Les dossiers sont étudiés par un comité de sélection, puis les financements sont attribués avec un suivi de l’utilisation des sommes. L’objectif est d’avoir un impact concret et mesurable.

Quel message souhaitez-vous faire passer aux acteurs économiques ?

Que soutenir le sport local n’est pas seulement un acte de solidarité. C’est aussi un investissement dans la vie d’un territoire. Un quartier vivant est un quartier qui conserve sa valeur. Les associations sportives participent à cette énergie collective. Quand une entreprise contribue, elle ne finance pas uniquement une activité sportive : elle participe à créer du lien social.

Quitter la version mobile