À l’occasion de la cinquième édition du programme Sensationnelles au Parc des Princes, mardi 23 juin, la consultante sportive Ambre Godillon a défendu une vision du football féminin comme un outil d’inclusion, d’éducation et d’émancipation. Pour elle, le développement de la discipline passe autant par les terrains que par les valeurs qu’elle transmet.
« Assumer ce que les femmes sont. » Une phrase qui résume la vision portée par Ambre Godillon lors de la cinquième édition du programme Sensationnelles. Derrière la progression du nombre de licenciées et la multiplication des projets locaux, une autre évolution se dessine : celle d’un football féminin qui cherche à répondre aux enjeux de société.
Après avoir découvert les différents projets des huit finalistes présentés lors de l’événement, la consultante sportive a insisté sur un point commun entre les clubs sélectionnés : leur capacité à utiliser le football comme un outil qui dépasse largement la compétition.
La lutte quotidienne contre les discriminations
Pour Ambre Godillon, le football féminin amateur ne doit pas seulement permettre de former des joueuses. Il doit aussi offrir un terrain, un cadre dans lequel les jeunes filles peuvent évoluer, progresser et prendre confiance.
« La dimension sociale a été le dénominateur commun des trois clubs qu’on a choisis », explique-t-elle. Ces initiatives montrent que le football peut devenir un espace d’apprentissage, de partage et d’émancipation. Cette approche passe notamment par la lutte contre les discriminations et par une meilleure prise en compte de problématiques longtemps moins visibles dans le sport féminin. Santé des joueuses, cycles menstruels, endométriose ou encore violences : ces sujets occupent aujourd’hui une place plus importante dans les discussions autour du football féminin.
Pour Ambre Godillon, cette évolution est logique avec la professionnalisation de la discipline. « Ce sont des sujets de société qui passent aussi par le football », affirme-t-elle. Le terrain devient un lieu où les joueuses peuvent construire leur identité et trouver leur place. « Il faut que les petites filles, les futures jeunes filles, les futures femmes, et peut-être même les athlètes de demain, se sentent bien sur les terrains, dans les vestiaires et dans la société », ajoute-t-elle.
Mais pour continuer à faire évoluer le football féminin, les clubs amateurs doivent être davantage accompagnés. Ces structures sont souvent le premier contact des jeunes filles avec la discipline, mais elles font face à des difficultés importantes. « Ça part d’en bas pour arriver en haut, mais en bas, il n’y a pas beaucoup de moyens. Il n’y a pas beaucoup de subventions », constate la journaliste sportive.
Des clubs amateurs en manque de moyens
Financement des projets, infrastructures, encadrement : les besoins restent nombreux pour les clubs qui souhaitent développer la pratique féminine. Pour Ambre Godillon, le succès du programme Sensationnelles montre surtout une réalité : les clubs ont des idées, mais manquent parfois des ressources nécessaires pour les concrétiser.
« S’ils ont tous participé et toqué à notre porte aujourd’hui, c’est parce qu’ils ont besoin de moyens pour essayer de financer leurs projets, leurs infrastructures, les jeunes filles », explique-t-elle. Le développement du football féminin ne peut donc pas uniquement reposer sur les grandes structures professionnelles. Il doit toucher l’ensemble des territoires, des clubs les plus connus aux associations locales.
Pour la journaliste, la progression de la discipline dépend d’une collaboration de tous les instants, entre tous les acteurs : institutions, fédérations, médias et clubs amateurs. Chacun peut faire bouger les choses. Chacun a un rôle à jouer pour donner davantage de visibilité à ces initiatives.
Les médias ont notamment une responsabilité dans cette évolution. Mettre en lumière ces projets permet de rappeler que le football féminin ne se résume pas aux grandes compétitions internationales. Il existe aussi dans les clubs de quartier, les petites communes et les équipes qui construisent chaque jour l’avenir de la discipline. Au-delà des résultats sportifs, Ambre Godillon retient surtout une dimension essentielle : l’humain. « Le dénominateur commun entre tout le monde, c’est l’humain », affirme-t-elle.
Une vision du football qui place les joueuses, leur parcours et leur épanouissement au centre du développement de la discipline. Pour elle, si cet engagement collectif continue, « le foot féminin va grandir » grâce aux initiatives qui se construisent aujourd’hui et demain, partout en France.
