Le 31 mai à Paris, la 21e édition du Lions Paris 9 Run a rassemblé plus de 3 000 participants au profit de l’éducation inclusive des enfants en situation de handicap. Marraine de l’événement, Aida Touihri revient sur son engagement aux côtés du Lions Club Helen Keller, l’essor du « running utile » et les défis auxquels les événements sportifs sont confrontés aujourd’hui.
En tant que marraine du Lions Paris 9 Run, qu’est-ce qui vous a personnellement convaincue de vous engager aux côtés du Lions Club Paris Helen Keller pour soutenir l’éducation inclusive des enfants en situation de handicap ?
Helen Keller fait partie de ces femmes qui ont été des modèles de résilience, et de réussite. Imaginez, au début du XXème siècle, cette femme sourde et aveugle depuis la petite enfance, devenir la première femme en situation de handicap à décrocher un diplôme dans une Amérique ultra-conservatrice. Helen Keller est aujourd’hui synonyme de la lutte pour les droits des minorités en général, et des personnes en situation de handicap en particulier. Le Lions Club qui porte son nom fait aujourd’hui rayonner cette lutte dans les écoles de Paris 9ème, et j’avais à cœur de la soutenir à mon tour.
Vous êtes également très investie dans la série Engagez-vous ! : en quoi cette course solidaire fait-elle écho aux témoignages et aux combats que vous mettez en lumière au quotidien ?
Engagez-Vous ! c’est l’histoire de Françaises et de Français qui changent leur monde au quotidien, qui s’entraident, qui se bougent pour trouver des solutions concrètes aux problèmes que peuvent rencontrer leurs concitoyens. Après plusieurs années à présenter les malheurs du monde dans les journaux que j’ai pu incarner sur M6 ou sur France Inter, j’avais à cœur de raconter l’autre versant de l’actualité : celui, plus positif, d’une France actrice de son destin.
Voilà 7 ans maintenant que je réalise et produis ce programme qui a franchi la barre symbolique des 100 épisodes sur RMC STORY. Chaque reportage présente une version de cette solidarité à la Française. Le Lions Club Helen Keller et sa course engagée en sont une belle illustration !
Selon vous, comment les grands événements sportifs urbains doivent-ils s’adapter aux enjeux climatiques tout en restant accessibles et conviviaux ?
Il me semble qu’une course comme la Lions Paris 9 Run de par sa dimension très locale, en plein Paris, dans une zone traversée par les transports en commun, avec un effectif limité est en soi une façon de conjuguer accessibilité et convivialité. Sur des événements de plus grande envergure, la question de la mobilité est évidemment centrale, et elle ne doit pas être décorrélée de celle des infrastructures.
De plus en plus de stades sont aujourd’hui conçus à énergie positive avec panneaux solaires ou récupération des eaux pluviales. Les installations temporaires elles aussi gagnent à être construites avec des matériaux réversibles, qui peuvent servir plusieurs usages pendant toute leur durée de vie sans forcément être démolis. Dernier élément, peut-être le plus simple à mettre en place : le calendrier. Certains tournois commencent à ajuster leurs horaires pour éviter les pics de chaleur. Simple, et efficace !
Le Lions Paris 9 Run attire de plus en plus de participants : que vous inspire cet engouement croissant pour un événement qui mêle performance sportive et engagement solidaire ?
Je crois qu’aujourd’hui, dans beaucoup de domaines, on cherche de plus en plus de sens à ce qu’on fait. Dans notre travail, nos déplacements, nos achats… il y a cette tendance de fond qui est de prendre conscience de l’impact de nos actions. Et le sport n’y échappe pas ! A l’heure où la course à pied connait un essor sans précédent en France, le Lions Paris 9 Run illustre cette tendance du « running utile », où chaque effort dépasse le seul bénéfice personnel.
Je pense aussi que le modèle caritatif de la course, très ancrée dans son territoire, est un contrepied parfait aux grandes courses -un peu trop- « clés en main » que sont devenues certaines épreuves.
Et quand on s’intéresse au côté solidaire de la course, tout est très clair : chaque année, on sait exactement quel montant a été reversé au Fonds Helen Keller, et comment il a été utilisé. Dans un milieu où le « greenwashing caritatif » n’est pas rare, cette transparence est plus que bienvenue. Et c’est peut-être aussi ce qui fait la différence.
