Médaillée de bronze à Antony, la jeune sabreuse française Toscane Tori (22 ans) a décroché, mardi 16 juin, son premier podium individuel international. Pour SPORTMAG, elle revient sur ce déclic, sa gestion du stress et ses nouvelles ambitions.
Ce bronze remporté à Antony représente quoi pour vous ? Une simple médaille ou un vrai tournant dans votre carrière ?
J’espère que ce sera un tournant. C’est ma première médaille individuelle, donc c’est une étape importante. J’espère qu’elle va m’en apporter d’autres, notamment aux championnats du monde le mois prochain.
Vous aviez déjà des titres internationaux par équipe, mais c’est votre premier podium individuel. Qu’est-ce que ça change ?
Ça m’a permis d’entrer dans le top 16 mondial. Concrètement, ça me permet d’être directement qualifiée pour le tableau principal sur certaines compétitions, donc d’éviter une journée où tout peut basculer.
Surtout, ça me donne beaucoup de confiance. Je sais maintenant que je suis capable de faire un podium et j’ai envie d’aller chercher plus qu’une médaille de bronze.
Avant cette compétition, vous sentiez-vous proche de ce niveau ?
Oui. Sur mes quatre ou cinq dernières compétitions, j’avais fait deux quarts de finale. Je sentais que ça se rapprochait, mais je ne savais pas si le podium allait arriver ici.
Cette fois, j’ai réussi à passer le cap du quart de finale et à aller chercher cette médaille.
On parle souvent du déclic en sport de haut niveau. Est-ce que ce podium change votre façon d’aborder les combats ?
Je pense que oui, un peu. Il faudra confirmer sur les prochaines compétitions, mais j’aurai forcément plus confiance en moi. Les autres filles vont peut-être aussi me voir différemment.
Maintenant que vous avez goûté au podium, l’objectif est d’aller chercher des titres ?
Oui. J’aimerais faire des podiums régulièrement. Je sais que c’est compliqué d’être performante à chaque compétition, mais je vais avancer étape par étape et essayer de donner le maximum.
Qu’est-ce qui vous a manqué pour aller chercher la finale à Antony ?
Je pense que j’étais fatiguée. La journée avait été difficile dès les poules. Ensuite, j’ai réussi à me libérer. Je n’avais plus rien à perdre, je voulais juste profiter et faire de mon mieux.
En demi-finale, la pression est revenue. Je voulais tellement bien faire que je n’ai pas réussi à jouer comme je voulais.
Vous travaillez justement sur la gestion du stress ?
Oui, j’ai un préparateur mental avec qui je travaille depuis plusieurs années. On travaillait notamment sur le fait de passer le cap des quarts de finale. Ça faisait trois semaines qu’on était dessus et je suis contente que ça ait fonctionné.
La coupure entre le quart et la demi-finale a-t-elle été difficile à gérer ?
Oui. Il y a eu trois ou quatre heures d’attente, ça m’a coupée dans mon élan. C’était comme une nouvelle journée qui recommençait, sauf qu’il était déjà 21 heures. Ce n’est pas simple à gérer.
Cette médaille confirme-t-elle que votre génération du sabre français a sa place parmi les meilleures ?
Il faudra confirmer avec d’autres podiums, mais c’est encourageant. On voit que les jeunes arrivent avec beaucoup d’ambition, chez les filles comme chez les garçons. On veut gagner des médailles et des compétitions.
Avez-vous gagné une médaille ou une nouvelle version de vous-même ?
Un peu des deux. Cette médaille était une grosse étape. Elle m’a fait comprendre qu’il fallait arrêter de me sous-estimer. Je suis capable de faire de grandes choses, il faut simplement croire davantage en moi.
