La Fédération Française de Tir à l’Arc ont officialisé la naissance d’un nouvel organe : la Fondation Viser Juste. Placée sous l’égide de la Fondation du Sport Français, elle ambitionne de faire du tir à l’arc un levier d’impact social, au-delà des lignes de tir.
Ce n’est pas un simple habillage institutionnel. Derrière la Fondation Viser Juste, il y a une volonté clairement affichée d’aller chercher des financements via le mécénat. « C’est un nouvel organe pour accueillir de nouveaux financements« , résume Julien Mégret, président de la Fédération Française de Tir à l’Arc (FFTA), qui voit dans cette fondation une façon de « diversifier les sources de financement et d’accompagner plus largement des projets structurants pour la discipline.«
L’inclusion et le para-tir à l’arc ensuite, pour élargir la base des licenciés en situation de handicap et structurer la pyramide jusqu’au niveau national. Le patrimoine et la culture du tir à l’arc également, discipline dont certaines pratiques figurent au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, mais dont la mémoire reste difficile à inventorier et financer. Et enfin, la performance, avec la volonté de permettre à davantage d’archers de haut niveau de se consacrer pleinement à l’entraînement, via des contrats d’apprentissage ou des dispositifs de détachement. « Le tir à l’arc n’est pas un sport professionnel. On voudrait arriver à dégager encore plus de temps à nos archers« , confie Julien Mégret.
Le mécénat comme nouveau levier
La fondation s’appuie sur un fonctionnement souple et participatif. Les donateurs, particuliers comme entreprises, peuvent orienter leur contribution vers l’un des quatre projets ou laisser le comité exécutif, présidé par Sébastien Flute, champion olympique, décider de l’affectation des fonds non fléchés.
« Si une personne donne 100 euros, elle peut choisir que c’est pour l’inclusion du para-tir à l’arc« , illustre le président de la FFTA. Dix jours après le lancement, la cagnotte dépasse déjà les 5 300 euros, portée pour l’instant essentiellement par des particuliers. La prochaine étape sera d’aller chercher les entreprises.
Un alternant est déjà mobilisé sur ce volet, avec pour mission de prospecter les grands groupes et de surveiller les appels à projets des fondations d’entreprises, de BNP à TotalEnergies. L’objectif affiché pour la première année : atteindre entre 30 000 et 50 000 euros collectés. La structure choisie, sous l’égide de la Fondation du Sport Français, n’est pas anodine. Elle permet à la fédération de s’affranchir d’une partie des contraintes administratives liées à la gestion d’une fondation en propre. « Toute la partie administrative est vraiment déléguée, ça nous permet d’alléger la charge sur nos services« , souligne Julien Mégret.
Des ambitions ancrées dans le quotidien des clubs
Si les premiers projets seront portés au niveau fédéral, la porte est ouverte à des appels à projets à destination des clubs. L’idée : permettre aux structures locales de candidater pour bénéficier de financements ciblés sur une thématique précise, kits pédagogiques pour les plus jeunes, accompagnement des démarches inclusives, valorisation d’archives historiques. Les 15 premiers clubs à répondre à un appel d’offres pourraient ainsi se voir accompagnés directement. « La réussite, ce serait qu’on puisse au moins sur les quatre projets avoir financé une action dans chaque projet et que ça ait eu un réel impact pour la fédération » conclut le président de la FFTA.
