C’est un séisme de magnitude 16 (comme son âge) qui vient de secouer les fondations du tennis tricolore. À l’Open Occitanie 2026, le jeune Moïse Kouamé n’a pas seulement gagné son ticket pour le tableau principal ; il a forcé les portes de l’histoire en devenant le 5e plus jeune joueur du XXIe siècle à réaliser une telle performance sur le circuit ATP.
Un mental d’acier dans des « montagnes russes »
Moïse Kouamé trace sa route à Montpellier, lors de l’Open Occitanie. Le chemin vers le tableau principal n’a pas été un long fleuve tranquille. Lors de son dernier match de qualification, Kouamé est passé par tous les états. Après avoir manqué plusieurs balles de match dans le deuxième set, n’importe quel adolescent aurait pu s’effondrer. Pas lui. « C’est sûr qu’il y a eu des montagnes russes… toutes ces balles de match malheureusement pas converties au deuxième fait que mentalement, c’est pas facile à gérer », a-t-il confié en conférence de presse. « Il fallait quand même que je reste présent au troisième, ce que j’ai réussi à faire. » Malgré la tension palpable, le jeune prodige est resté hermétique à la pression extérieure : « Je suis vraiment resté dans ma bulle. Le public m’a porté tout au long de ces deux matches, je les remercie. »
L’incident de la raquette : une leçon d’humilité
Au-delà de ses coups de boutoir en coup droit et de sa qualité de défense exceptionnelle, c’est un geste d’agacement — un jet de raquette — qui a paradoxalement montré la grandeur de son caractère. À peine le match terminé, Kouamé s’est emparé du micro pour s’excuser auprès du public. « Je ne pouvais vraiment pas quitter ce court sans montrer que j’étais vraiment désolé. C’est pas l’éducation que ma mère m’a apportée durant ces seize, bientôt dix-sept années. Je me suis vraiment moi-même déçu. » Cette maturité, cette capacité à reconnaître ses torts, est la marque des futurs grands.
L’effet Gasquet et un passage de témoin
Le lien entre Moïse Kouamé et son mentor, Richard Gasquet, est au cœur de cette progression fulgurante. Le passage de l’ancien numéro 7 mondial au rôle de coach semble porter ses fruits plus vite que prévu. Pour Moïse, cette relation est une mine d’or tactique. « Richard apporte une expérience, une vraiment bonne expérience au niveau tennistique ou mental. Il a emprunté des chemins… il me dit comment, techniquement, ce qu’il faut faire, tactiquement il essaie de m’aiguiller un peu. J’en apprends tous les jours avec lui. » Passer des tournois « Future » (15k et 30k) au grand tableau d’un ATP 250 est un saut dans l’inconnu que le jeune français aborde avec une lucidité désarmante. Il sait qu’il doit désormais se mesurer à l’élite mondiale : « J’ai pu tester mes faiblesses et mes qualités contre des joueurs comme ça… on sait vraiment sur quoi bosser. »
Un futur qui s’écrit maintenant
Mercredi, Moïse Kouamé affrontera Alexander Kovacevic, finaliste de l’édition précédente. Un défi immense contre un joueur du Top 100, mais le gamin de 16 ans ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « C’est très bien de se qualifier, mais mercredi j’aurai encore un autre match. Il faudra vraiment que je reste présent et ce sera le plus important. » Le tennis français se cherchait un nouveau souffle. À Montpellier, il a peut-être trouvé son nouvel oxygène.
