Ce dimanche soir, Arthur Fils a remporté le tournoi de Cincinnati en venant à bout en finale de l’Américain Frances Tiafoe (6-3, 1-6, 6-0), son 4e titre en carrière. Le gamin de l’Essonne est désormais un vainqueur de Masters 1000, et met fin à une disette de 12 ans chez les Français dans cette catégorie.
Un scénario en trois actes
À 21 ans, Arthur Fils remporte déjà un titre majeur sur le circuit ATP. Pour sa première finale en Masters 1000, le numéro 1 français n’a pas tremblé, pourtant opposé au local et charismatique show-man, Frances Tiafoe.
Après un début de rencontre très convaincant, où il a asphyxié l’Américain par sa puissance dévastatrice et sa lourdeur de frappe, Fils conclut un premier set parfait sur son service en signant trois aces dans le même jeu, rien que ça. Après l’euphorie, la redescente. Le Français connaît une sérieuse baisse de régime au départ du 2e set, et se fait même breaker d’entrée suite à un jeu de service bien généreux. Revigoré par ces erreurs de Fils et porté par son public, il n’en fallait pas plus à Tiafoe pour retrouver espoir. En 26 minutes, l’Américain inflige un 6-1 et recolle à une manche partout.
Arthur Fils le sait, le tennis est un sport qui tourne vite et il sentait qu’il commençait à perdre le fil de cette rencontre, qui s’apparentait au match le plus important de sa jeune carrière. Il se permet ainsi quelques minutes aux toilettes pour retrouver ses esprits, et repartir au combat dans de meilleures dispositions psychologiques. Pari réussi : le Français retrouve toute son énergie d’entrée de 3e set, et fait la différence très tôt. La locomotive est lancée, et il ne laissera rien à Tiafoe dans cette manche décisive. Fils conclut par un cinglant 6-0, plein d’autorité et de détermination, et peut enfin laisser exprimer sa joie.
Une semaine de patron, malgré un tableau ouvert
Avec les absences de Sinner et Alcaraz, ainsi que les éliminations précoces de Zverev et Djokovic, Fils a parfaitement su tirer son épingle du jeu sur ce tournoi. Sans se mettre une pression démesurée, le Français savait qu’il avait une carte à jouer, et il fallait passer par un chemin relevé mais abordable pour son talent. Sur son parcours, il élimine deux membres du top 10 (De Minaur et Cobolli), et ne laisse échapper que deux sets en 6 matchs. Une semaine de patron.
C’est ainsi que Fils devient le cinquième français de l’histoire à remporter un Masters 1000, après Forget, Pioline, Grosjean et Tsonga. Il met également fin à douze années d’attente et le sacre mythique de Jo-Wilfried Tsonga à Toronto, en 2013.
« Je ne joue pas énormément, mais quand je joue, je joue bien »
Fils connaît une saison en dents de scie sur le plan physique, avec toujours quelques blessures qui l’empêchent d’enchaîner les semaines. « Je ne joue pas énormément, mais quand je joue, je joue bien », résume-t-il. Malgré deux Grands Chelems manqués cette saison, le Français se positionne tout de même au 11e rang mondial, et 5e à la Race, preuve de la régularité de ses résultats. Et à une semaine de l’US Open, sans Sinner, avec un Alcaraz de retour mais sans rythme, un Zverev et Djokovic émoussés, difficile de ne pas y penser.
