Un record du monde de tir en ligne de mire, de nouvelles nations sur les terrains et des projets plein la tête : la Pétanque Romanaise ne manque pas d’ambition pour son Mondial 2026. Stéphane Garin, son responsable technique, nous explique comment ce tournoi unique en son genre est devenu la rampe de lancement incontournable des jeunes talents français et internationaux.
Quel va être le programme pour cette année 2026 ? Y a-t-il des nouveautés par rapport aux éditions précédentes ou reste-t-on sur la même formule, notamment concernant les jeunes ?
Il y a des nouveautés, oui. Le mercredi soir, nous allons établir un record du monde mixte de tirs sur 100 boules. Ça, c’est inédit. Pour le reste, on reste sensiblement sur le même programme que les autres années.
Lors des dernières éditions, notamment l’année dernière, on a vu beaucoup de jeunes talents s’imposer ou briller à Romans. Y a-t-il cette volonté de permettre à ces jeunes de se distinguer et de disposer d’un événement qui leur permet de progresser et de briller une fois par an ?
Tout à fait, car c’est la seule compétition individuelle en France pour les jeunes, que ce soit en tête-à-tête ou en doublette. Le tête-à-tête est forcément individuel, mais pour la doublette, c’est aussi le seul National de ce type en France. Cela permet à des joueurs qui n’ont pas l’opportunité de s’exprimer en équipe — parce que, malheureusement, leurs coéquipiers dans certaines écoles de pétanque n’ont pas le niveau — de ressortir individuellement grâce à cette formule.
Je pense notamment à Dawson Herlemann, qui s’est fait connaître pour la première fois à Romans en remportant le tête-à-tête, le doublette et le triplette. C’est là qu’on a entendu parler de lui pour la première fois.
De la même manière, nous avons créé deux compétitions (tête-à-tête et doublette) exclusivement réservées aux féminines. Les filles arrivent moins facilement à s’exprimer avec les garçons, ces épreuves leur permettent donc de le faire.
Est-ce un événement de référence pour les jeunes au niveau international ? Constatez-vous qu’il y a de plus en plus de jeunes étrangers qui font le déplacement à Romans ?
Oui, tout à fait. Cette année, sous réserve d’obtention de leur visa, deux nouveaux pays nous rejoignent : la Turquie et le Sénégal. C’est top, car cela permet aux pays étrangers de venir se jauger par rapport au niveau français. Pour nous, c’est extraordinaire puisque cela élargit le cercle des participants.
Pour les jeunes de la Pétanque Romanaise, j’imagine que c’est également important d’avoir un événement où ils peuvent se mesurer à ce qui se fait de mieux en France ou à l’étranger ?
Nous avons déjà décroché pas mal de titres, mais c’est sûr que c’est l’événement de référence. En plus, on joue à la maison. C’est le top pour eux : ils sont sur le devant de la scène, et qui plus est localement.
À quel point le soutien de la ville de Romans est-il important pour mettre en place cet événement ?
Nous sommes en partenariat avec la ville et cela marche très bien. Nous organisons notamment les Masters de Pétanque, un événement pour lequel ils sont vraiment actifs. Pour le Mondial de Romans, ils nous soutiennent aussi financièrement et nous mettent à disposition de la main-d’œuvre. C’est donc très important.
D’ailleurs, suite aux trois titres de champions de France que nous avons obtenus en 2025, la ville nous a accordé une aide exceptionnelle supplémentaire. Ils nous poussent à avoir des résultats, et cela nous incite à nous dépenser à fond pour leur en amener encore plus. Ça marche dans les deux sens, c’est top. On entend parler de Romans, nous aimons que l’on parle de la ville, et cela nous pousse vers la victoire.
Avec cette dynamique, le Mondial Jeunes peut-il encore se développer et voir plus grand, ou la formule actuelle est-elle celle des prochaines années ?
Comme je vous le disais, on aimerait beaucoup le développer. Le seul problème réside dans les dates. Actuellement, nous n’avons pas de place pour caler le National Senior car le calendrier est très compliqué. Nous aimerions obtenir une date fixe sur un week-end, mais toutes les dates sont déjà prises et on ne nous donne pas la possibilité d’en bloquer une pour ce National Senior.
C’est d’ailleurs par souci de calendrier que nous avons mis en place le concours vétérans en semaine, car cela ne les dérange pas puisqu’ils ne travaillent pas. En revanche, pour le National Senior, cela fait deux ans que nous plafonnons à 200 équipes alors que tous les autres Nationaux se remplissent en cinq minutes et affichent complet à 256 ou 512 équipes. Pour nous, ce n’est pas normal. C’est uniquement un problème de date. Dès que nous parviendrons à trouver le bon créneau pour le National Senior, je pense que nous pourrons développer l’événement et proposer de nouveaux concepts pour cette semaine de pétanque à Romans.
Quels pourraient être justement ces nouveaux concepts ? Y a-t-il déjà des idées ou des projets ?
On pourrait mettre en place des compétitions par équipe, ou encore créer une compétition réservée aux délégations étrangères. On pourrait par exemple faire venir ces pays en amont de la compétition Jeune, pendant les finales du National Senior, pour organiser une petite Coupe des Nations. Il y a beaucoup d’idées et de projets en vue. Rien n’est encore concrétisé, mais pourquoi pas partir là-dessus, ou même organiser un concours de tirs. Il y a pas mal de choses à voir en fonction de l’affluence et du matériel disponible.
