La Fédération Française Sports pour Tous s’associe à la Fédération Française de la Peau et à Incyte pour structurer une réponse concrète à un enjeu encore sous-estimé : l’accès à la pratique sportive pour les personnes atteintes de maladies de peau. Une collaboration née du terrain, avec un objectif clair : changer les regards et faciliter la pratique.
À l’origine, une rencontre au sein du collectif Vitiligo. Un point de départ qui a permis aux différentes structures de se découvrir et d’identifier des convergences. « Et c’est donc à travers ce collectif qu’on s’est connus sur des événements, qu’on a commencé à échanger ensemble », rapporte Ninon Remond, chargée de projets sport santé bien-être à la Fédération Française Sports pour Tous. Rapidement, l’idée d’élargir le périmètre s’impose. Ne plus se limiter à une seule pathologie, mais ouvrir à l’ensemble des maladies de peau. Une évolution logique, portée par une volonté commune d’impact plus large. « On s’est dit que c’était tout à fait intéressant, en tout cas pour la Fédération Française Sports pour Tous, d’envisager un partenariat avec la Fédération Française de la Peau et Incyte. On voulait élargir nos actions en s’associant à travers une convention de partenariat » explique Ninon Remond.
Un enjeu de santé publique encore méconnu
Le déclic vient aussi des chiffres. En France, des millions de personnes sont concernées, souvent dans l’ombre. « Un chiffre qui nous avait beaucoup interpellé, c’est que les maladies de peau concernent près de 20 millions de personnes en France » précise Ninon Remond. Bien que souvent perçues comme des pathologies « bénignes », elles ont un impact majeur sur la qualité de vie. Au-delà des symptômes physiques visibles, les conséquences sont souvent plus profondes. L’impact sur la santé mentale est réel, notamment à cause du regard des autres, des stigmatisations ou de l’isolement. Dans ce contexte, l’activité physique apparaît comme un levier pertinent. Non seulement pour la santé globale, mais aussi pour le bien-être psychologique. Un lien direct qui a guidé la construction du partenariat.
Sensibiliser pour briser les idées reçues
Premier axe de travail : informer et déconstruire les préjugés dans les clubs, auprès des pratiquants, mais aussi auprès du grand public. Car les freins à la pratique sont souvent liés à une mauvaise compréhension des maladies. « On sait qu’il y a près d’un tiers des personnes, des jeunes surtout, qui pensent que le vitiligo est contagieux », déplore Ninon Remond. Ces idées reçues ont des conséquences concrètes. Dans les vestiaires, les piscines ou les salles de sport, certaines personnes préfèrent se retirer plutôt que de s’exposer au regard des autres. Pour répondre à cela, une première action est prévue le 9 juin : un webinaire national destiné au réseau de la Fédération Française Sports pour Tous, notamment aux clubs et aux animateurs. L’objectif est simple : donner des clés pour mieux accueillir et accompagner.
Former pour adapter les pratiques
Au-delà de la sensibilisation, la démarche vise à transformer les environnements sportifs. Adapter les pratiques, former les encadrants, anticiper les besoins. L’enjeu est double : comprendre les contraintes physiques liées à certaines pathologies, mais aussi agir sur les dimensions sociales et psychologiques. Dermatologues et patients experts seront mobilisés pour apporter des repères concrets. « Nous, on va s’appuyer sur eux pour venir sensibiliser notre réseau », affirme Ninon Remond. En parallèle, des contenus pédagogiques viendront compléter ce dispositif, avec notamment des capsules vidéo destinées aux animateurs. L’objectif est de créer des clubs accueillants et inclusifs.
Une approche inclusive, sans ciblage
Contrairement à d’autres initiatives, ce partenariat ne vise pas un public spécifique. Il s’inscrit dans une vision globale de l’inclusion. « On n’est pas la fédération de la peau, on n’est pas la fédération du diabète ou la fédération des maladies cardiovasculaires, on est vraiment la Fédération Française Sports pour Tous », met en évidence Ninon Remond. L’idée n’est pas de segmenter, mais d’ouvrir. Adapter les structures existantes pour qu’elles deviennent accessibles à tous, sans exception. D’autant que ces publics sont déjà présents dans les clubs, souvent sans être identifiés. L’enjeu est donc d’être prêt à accueillir, sans attendre qu’une situation se présente.
Une première année pour structurer, avant d’aller plus loin
Le partenariat s’inscrit dans un calendrier progressif. Une première phase sur 2026-2027, avec des actions ciblées et une volonté d’évaluer rapidement leur impact. À terme, l’ambition est d’aller plus loin, notamment avec la mise en place de clubs pilotes. Au cœur de cette dynamique, un objectif constant : rendre le sport accessible, quel que soit le parcours ou la condition de chacun. « Parmi les déterminants de la santé, l’activité physique est la plus reconnue pour ses effets positifs sur la santé mentale », conclut Ninon Remond. Un principe simple, qui donne tout son sens à ce partenariat.
