Sport en Île-de-France : 143 communes dépourvues d’équipements sportifs

Photo by Icon Sport

Faire du sport près de chez soi en Île-de-France est moins évident qu’il n’y paraît. Selon les derniers chiffres publiés par l’Institut Paris Region, 143 communes ne disposent d’aucun équipement sportif sur leur territoire. Un constat qui prend une autre dimension quand on sait que la région compte pourtant 909 sportifs de haut niveau.

Deux fois moins d’équipements qu’à l’échelle nationale

Les chiffres donnent une idée du décalage. L’Île-de-France recense 30 006 équipements sportifs, soit 9 % du total français. Mais avec 24,4 installations pour 10 000 habitants, elle reste loin de la moyenne nationale, qui atteint 49. Le retard concerne aussi les équipements de proximité : 2,9 pour 10 000 habitants dans la région, contre 5,4 en France.

Et les différences sont importantes d’une commune à l’autre. Cinquante-trois villes disposent de plus de 100 équipements, tandis que 143 n’en comptent aucun. L’accès libre est également moins répandu : seuls 18 % des équipements franciliens sont accessibles à tous, contre 37 % au niveau national.

Cela ne signifie pas que les habitants de ces communes ne peuvent pas faire de sport, puisqu’ils peuvent évidemment se tourner vers les installations des villes voisines ou bien pratiquer dans les espaces publics. Mais ces chiffres posent bien la question de l’accès aux infrastructures de proximité au quotidien.

D’autant que la pratique sportive reste importante dans la région. Selon l’étude, 68 % des Franciliens de 18 à 75 ans font au moins une heure de sport par semaine. À l’inverse, 10,5 % déclarent ne pratiquer aucune activité sportive. Le coût, les contraintes familiales et les horaires font notamment partie des freins les plus fréquents.

Un héritage des Jeux qui ne règle pas tout

Les Jeux de Paris 2024 ont permis la création de nouveaux équipements et contribué à accélérer certains projets. Mais les besoins restent importants, notamment dans les territoires les moins bien dotés. Depuis 2016, la Région dit avoir participé à la construction ou à la rénovation de 2 725 installations, dont les deux tiers en grande couronne.

Pour 2026, elle a prévu 91 millions d’euros pour le sport et les loisirs. Une enveloppe qui doit notamment accompagner la création et la rénovation d’équipements, l’achat de matériel ou encore les projets de piscines et de patinoires.

L’enjeu ne se limite donc pas aux grandes enceintes qui accueillent les compétitions. Pour les Franciliens, pouvoir pratiquer dépend aussi d’un gymnase, d’un terrain ou d’une piscine accessibles sans avoir à parcourir plusieurs kilomètres. Et sur ce point, les chiffres montrent que toutes les communes ne partent pas avec les mêmes possibilités.

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