Rugby : le XV de France féminin lance sa nouvelle ère

Icon Sport

Ce samedi 11 avril (13h25), le XV de France accueille l’Italie à l’occasion du premier match du Tournoi des VI Nations féminin 2026.

À l’approche du coup d’envoi du Tournoi des Six Nations 2026, l’effervescence monte dans les rangs tricolores. Après une année 2025 marquée par des montagnes russes émotionnelles — notamment une Coupe du Monde intense où les Bleues ont montré qu’elles pouvaient rivaliser avec les meilleures nations tout en butant sur la dernière marche — ce printemps 2026 s’annonce comme celui de la maturité et, surtout, de la reconquête.

Le premier rendez-vous, fixé ce samedi 11 avril à Grenoble contre l’Italie, n’est que la première étape d’un marathon qui doit mener les joueuses de François Ratier vers un « Super Saturday » explosif contre l’Angleterre à Bordeaux.

Une préparation sous le signe de la continuité et de l’audace

Le staff français, désormais dirigé par François Ratier, a opté pour un groupe de 32 joueuses mêlant cadres historiques et pépites issues de la filière U21. L’objectif est clair : élargir le réservoir de talents sans sacrifier l’automatisme des lignes arrières.

La préparation physique a été particulièrement scrutée cet hiver. Après avoir parfois manqué de gaz dans les vingt dernières minutes face aux « Red Roses » anglaises l’an passé, les Bleues ont mis l’accent sur la haute intensité. Le retour de Madoussou Fall Raclot dans la cage est une excellente nouvelle pour le pack tricolore ; sa puissance en mêlée et son activité dans les rucks seront les piliers sur lesquels la capitaine Manaé Feleu compte s’appuyer pour asseoir la domination française.

Les forces en présence : un équilibre retrouvé

Si le pack français reste une valeur sûre avec des profils comme Annaëlle Deshaye ou Assia Khalfaoui, c’est derrière que le XV de France pourrait faire la différence cette année. La charnière composée de Pauline Bourdon Sansus et Lina Queyroi semble avoir atteint une symbiose rare. Leur capacité à alterner entre un jeu au pied de pression et des relances fulgurantes sera la clé pour déstabiliser des blocs défensifs de plus en plus hermétiques.

À surveiller de près également : Joanna Grisez. Élue dans l’équipe type mondiale fin 2025, l’ailière bordelaise est dans la forme de sa vie. Sa capacité à transformer chaque demi-occasion en essai est l’atout maître du XV de France pour débloquer des matchs fermés.

Une montée en puissance

Le tirage de cette édition 2026 offre un parcours intéressant aux Bleues :

  1. Réception de l’Italie (Grenoble) : Un match piège pour débuter, face à des Transalpines toujours plus accrocheuses.
  2. Déplacement au Pays de Galles : L’ambiance de l’Arms Park sera un test de caractère.
  3. Réception de l’Irlande (Clermont-Ferrand) : Le public du Michelin devrait porter les Bleues vers une victoire impérative avant le sprint final.
  4. Déplacement en Écosse : Souvent le match le plus physique du tournoi.
  5. Le « Crunch » final contre l’Angleterre (Bordeaux) : C’est ici que tout se jouera. Le stade Atlantique sera le théâtre d’une finale qui pourrait bien décider du Grand Chelem.

Quelles chances pour le Grand Chelem ?

Soyons réalistes : l’Angleterre reste l’épouvantail de la compétition. Cependant, l’écart se resserre. La France dispose aujourd’hui d’une profondeur de banc qu’elle n’avait pas il y a deux ans. L’objectif avoué est le titre, rien de moins. Gagner les quatre premiers matchs avec le bonus offensif pour arriver à Bordeaux avec un avantage psychologique sera la mission prioritaire.

L’enjeu dépasse le simple trophée. Dans un sport féminin en pleine explosion médiatique, une victoire dans le Tournoi validerait définitivement le projet professionnel de la FFR et installerait durablement les Bleues comme les principales rivales des nations du Sud.

Quitter la version mobile