Grâce à une structuration renforcée et une offre de pratique de plus en plus diversifiée, la Ligue de Rugby de Bourgogne-Franche-Comté affiche une santé de fer. Christian Poulalier, son président, revient sur l’explosion du rugby féminin et les ambitions de la Ligue pour pérenniser cette croissance.
Comment se porte le rugby en Bourgogne-Franche-Comté ?
Globalement, nous sommes à 7,6% d’augmentation de licences : 4,68% chez les hommes et 25,91% chez les féminines. C’est évidemment très positif, aujourd’hui c’est la Saône-et-Loire qui est le département qui connaît le développement le plus important.
C’est une évolution notamment très forte chez les féminines. Comment l’expliquez-vous ?
Cela fait déjà plusieurs années que l’opération « Rugby pour elles » existe. Les clubs proposent de plus en plus d’offres. Deux ou trois clubs ont également créé des équipes féminines de plus de 15 ans. Souvent, les filles peuvent jouer avec les garçons jusqu’à 15 ans, mais nous perdions ensuite beaucoup de licenciées faute d’offre adaptée. Aujourd’hui, plusieurs clubs ont créé des sections « plus de 15 ans », ce qui engendre une vraie évolution. Je pense aussi que la Coupe du monde féminine a beaucoup joué dans l’intérêt que les filles portent au rugby.
Est-ce que cela se répercute sur la création de nouveaux clubs ?
Non, pour le moment le nombre de clubs reste le même. Ce sont surtout des créations d’équipes féminines de plus de 15 ans au sein des structures existantes. Cette évolution permet de favoriser le jeu entre elles : si elles sont huit, elles jouent à huit, si elles sont sept, elles jouent à sept. Cela permet de maintenir la pratique et de pouvoir jouer, tout simplement.
La Fédération Française de Rugby mise sur le développement des « antennes » d’écoles de rugby. Qu’en est-il dans la région ?
Nous avons eu la première antenne validée sur le plan national. Deux autres ont été validées lors du dernier comité directeur et deux demandes sont en cours de traitement dans la Nièvre. Nous en sommes donc à cinq antennes aujourd’hui. Ces antennes d’écoles de rugby sont une excellente idée, même si nous avons parfois du mal à convaincre les clubs. Pour créer une antenne, il faut être bien structuré, ce qui est parfois difficile pour les petits clubs. Pourtant, c’est essentiel : lorsqu’il n’y a pas d’offre de proximité, les enfants ne jouent pas.
Cette dynamique globale permet-elle au rugby d’être de plus en plus soutenu et considéré par les collectivités sur le plan local ?
C’est évidemment plus facile. Nous avons la chance d’avoir une belle vitrine qui attire non seulement les licenciés, mais qui permet de parler positivement du rugby. Cette relation avec les collectivités, et notamment les municipalités, est essentielle en raison des infrastructures. On sait que dans certains coins c’est un peu compliqué. Les élections municipales approchent, c’est donc une période charnière après laquelle des villes et des communes pourraient s’engager un peu plus.
Fort de cette dynamique, quels sont les projets que la Ligue souhaite mettre en avant pour les années à venir ?
Nous allons réitérer les finales féminines. L’an dernier, c’était la première fois que nous organisions des finales purement féminines et cela avait très bien marché. Cette année, elles auront lieu le 16 mai.
Par ailleurs, dans l’optique de la mandature 2028-2032, nous allons mettre en place une formation dédiée aux dirigeantes. L’objectif est d’aider les femmes déjà engagées à monter en compétences pour qu’elles prennent davantage de responsabilités dans les clubs. Selon moi, cela favorisera mécaniquement l’augmentation des licences féminines. Nous avons deux représentantes de la Ligue Bourgogne-Franche-Comté qui travaillent sur ce sujet.
Nous allons également mettre en place un Stade vers l’emploi, qui est un job dating, en partenariat avec la Ligue de Football de Bourgogne-Franche-Comté. Nous allons pouvoir mettre nos moyens en commun pour cet événement qui aura lieu le 21 mai 2026 à Dijon.
