À une période de la vie où les sollicitations sont multiples et où les centres d’intérêt évoluent à la vitesse des réseaux sociaux, la Fédération Française de Rugby (FFR) a décidé de ne pas rester spectatrice. Elle vient de dévoiler le second volet de sa campagne nationale « J’ai choisi le rugby », une initiative ambitieuse spécifiquement calibrée pour les 14-18 ans.
Une stratégie de conquête en phase avec les nouveaux usages
Après une première salve centrée sur les écoles de rugby et le public des parents, cette nouvelle étape — conçue en collaboration avec l’agence Havas Play — change radicalement de focale. L’objectif est double : recruter de nouveaux licenciés, mais surtout fidéliser ceux qui sont déjà dans le circuit.
Pour toucher cette cible exigeante, la FFR a abandonné les discours institutionnels trop classiques pour adopter les codes narratifs propres aux adolescents. Le cœur du dispositif est un film digital de 50 secondes, pensé pour une consommation fluide sur les réseaux sociaux. Loin des clichés héroïques, on y découvre le quotidien d’Axel, un jeune joueur. Ici, le smartphone n’est pas un accessoire, mais le prolongement de l’adolescent. C’est à travers l’écran de son téléphone que le spectateur plonge dans ses doutes, son orientation et, finalement, l’évidence : la place centrale qu’occupe le rugby dans sa vie.
Le rugby, bien plus qu’un sport : un vecteur d’équilibre
Nathalie Janvier, Vice-présidente déléguée à l’attractivité et à la fidélisation, souligne une réalité préoccupante : la chute de la pratique sportive à l’adolescence. « Le rugby est un sport qui contribue à la construction des jeunes par ses valeurs et son esprit collectif », explique-t-elle.
Le message est clair : le ballon ovale n’est pas seulement un outil de dépense physique, c’est une véritable boussole. À l’heure où les écrans occupent une place prédominante, le terrain devient un espace de déconnexion, mais aussi de reconnexion aux autres. Confiance en soi, respect des règles, sens du collectif : autant de piliers qui aident les jeunes à traverser cette période charnière avec davantage de maturité. En somme, la FFR ne vend pas seulement une licence, elle promeut un environnement structurant où chaque adolescent peut trouver sa place et son épanouissement.
Un levier économique au service des clubs
Cette campagne ne se limite pas à un message marketing ; elle s’inscrit dans un dispositif concret de soutien aux clubs. Jusqu’au 31 mai, la FFR maintient son opération de licences gratuites. La saison passée, cette mesure avait été un succès retentissant, représentant 61 % des premières inscriptions. En finançant intégralement ce dispositif, la Fédération offre aux clubs locaux une munition puissante pour dynamiser leur recrutement en cette fin de saison.
Pour accompagner cette dynamique, la FFR met à disposition des structures locales un kit de communication complet, incluant des déclinaisons de visuels sous le slogan « Je choisis le rugby ». L’idée est de permettre à chaque club de s’approprier ces codes pour créer un lien fort avec les jeunes de leur bassin de vie.
Vers une pratique durable
Au-delà des chiffres, l’ambition de la Fédération est de transformer l’essai. En rendant le rugby plus accessible et en communiquant avec les mots et les images de la jeunesse actuelle, la FFR cherche à briser les barrières à l’entrée. Le rugby se présente ici comme une alternative enthousiasmante au quotidien numérique, une invitation à bouger, à s’amuser et, surtout, à appartenir à une communauté qui grandit ensemble.
Alors que les clubs entrent dans une phase décisive de la saison, cette offensive de communication tombe à point nommé pour démontrer que, malgré l’évolution des mœurs, le rugby conserve une capacité intacte à captiver les nouvelles générations, pour peu qu’il sache leur parler avec sincérité.
