Raphaël Reynaud : « L’Île-de-France reste le principal vivier du futsal français »

Illustration during a quarter final of the french League cup match between Acces Fc and Bethune on April 18th 2017 (photo by Anthony Dibon/Icon Sport)

Actuellement en Pologne à l’occasion de la Coupe du monde universitaire, le sélectionneur de l’équipe de France de futsal, Raphaël Reynaud, a accordé un entretien à SportMag. Alors que la discipline poursuit son développement en France, il revient sur la place centrale de l’Île-de-France dans la formation des internationaux et évoque les défis qui attendent encore le futsal français.

L’Île-de-France est souvent considérée comme le premier vivier du football français. Est-ce aussi le cas en futsal ?

Oui, historiquement, l’Île-de-France est l’un des principaux fournisseurs de joueurs de haut niveau. Même si je n’ai pas les chiffres exacts en tête, une grande partie des internationaux français est issue de cette région. C’est aujourd’hui la première région en nombre de joueurs sélectionnés en équipe de France.

Quelles sont les spécificités de l’Île-de-France qui favorisent l’émergence de joueurs de futsal ?

La première explication est démographique : l’Île-de-France concentre une population très importante. Ensuite, il y a la forte présence des city-stades. La plupart des joueurs de futsal s’y forment, y développent leur technique et leur créativité dès le plus jeune âge. C’est un véritable terrain d’apprentissage.

Les joueurs franciliens se distinguent-ils par un profil technique ou tactique particulier ?

Non, il n’y a pas vraiment de différence avec les autres régions. On retrouve des profils similaires, notamment dans la région Auvergne-Rhône-Alpes autour de Lyon. Les joueurs de futsal ont souvent un parcours comparable : ils grandissent en jouant avec des plus âgés, développent leur capacité d’adaptation et leur créativité. La différence en Île-de-France réside surtout dans la densité de pratiquants, qui permet de faire émerger davantage de talents.

Le futsal francilien repose-t-il encore sur d’anciens footballeurs ou voit-on une génération formée directement à cette discipline ?

Depuis longtemps, le profil du joueur de futsal est devenu spécifique. Le véritable centre de formation, c’est le city-stade. Beaucoup de jeunes pratiquent à la fois le football et le futsal avant de s’orienter progressivement vers cette discipline. On voit aujourd’hui de plus en plus de joueurs qui suivent ce parcours dès leur plus jeune âge.

Le titre de Laval cette saison montre-t-il que le futsal français se développe désormais bien au-delà du vivier francilien ?

Pas vraiment. La majorité des joueurs français de Laval est justement issue d’Île-de-France, et certains sont passés par le Pôle France. Ce titre confirme donc plutôt le rôle majeur de la région dans la formation des meilleurs joueurs.

Quels sont encore les principaux leviers de développement du futsal francilien ?

Les difficultés liées aux infrastructures sont moins importantes qu’auparavant. Les collectivités mettent davantage d’installations à disposition des clubs. L’enjeu est désormais de poursuivre la structuration des clubs, notamment sur la formation des jeunes. Il faut aussi continuer à développer la visibilité médiatique. Les médias s’intéressent de plus en plus au futsal, mais il reste une marge de progression afin d’attirer davantage de partenaires privés.

Dans dix ans, imaginez-vous une équipe de France majoritairement composée de joueurs franciliens ?

Je ne vois pas une grande équipe de France sans de grands joueurs issus de l’Île-de-France. C’est une réalité aujourd’hui et cela devrait le rester. L’équipe de France a besoin de ce vivier, tout comme l’Île-de-France a besoin d’une sélection performante pour continuer à jouer son rôle de locomotive du futsal français.

S’il fallait retenir un modèle francilien à reproduire ailleurs en France, lequel choisiriez-vous ?

Le travail réalisé par Paris Acasa Futsal est particulièrement intéressant. Le club est solidement implanté dans son arrondissement, mène un important travail de formation auprès des jeunes et développe un véritable projet de territoire. C’est un modèle inspirant qui a encore un fort potentiel de développement.

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