Fraîchement promu en Pro Ligue, l’Élite du Val-d’Oise vit une étape charnière de son développement. Né d’une fusion récente, le club découvre un nouvel environnement professionnel. Son président, Raphaël Bolard, détaille les enjeux sportifs, structurels et territoriaux de cette montée rapide.
La montée en Pro Ligue représente un moment fort pour le club. Qu’est-ce que cela change concrètement ?
Ce n’est pas vraiment un “retour” pour nous, car le club actuel n’a que trois ans d’existence depuis la fusion. On est dans une histoire nouvelle, avec un projet jeune et en construction. À la base, on s’était donné quatre à cinq ans pour viser la Pro Ligue. Finalement, on y arrive plus tôt que prévu. Cela veut dire qu’on doit accélérer notre structuration pour répondre aux exigences du monde professionnel. Ça change beaucoup de choses en termes de rigueur, d’organisation et de visibilité. On a beaucoup de compétences, mais aussi besoin de temps pour continuer à construire.
Cette montée est-elle arrivée trop tôt ?
Non, je ne pense pas. On était déjà prêts sur certains aspects, et même en progression depuis un an. On a aussi eu de très bons résultats, notamment en Coupe de France. Cette montée n’est pas trop tôt, mais elle nous oblige à accélérer certaines parties du projet. C’est une étape logique dans notre progression.
Quelle vision portez-vous au-delà de la simple accession sportive ?
L’objectif, c’est la pérennité du projet. Aujourd’hui, on est un club de 700 licenciés, donc parmi les plus importants en France. On a aussi une vraie dynamique de formation, avec plusieurs jeunes en équipe de France jeunes. Il faut consolider ça. Miser sur la jeunesse, structurer davantage la formation, pour que le projet soit stable dans le temps, même en cas d’aléas sportifs.
Quels sont les principaux défis avec l’arrivée en Pro Ligue ?
Le principal défi, c’est l’infrastructure. Les exigences ne sont plus du tous les mêmes qu’en Nationale 1. Il y a un vrai gap en termes de cahier des charges. On travaille aussi sur l’expérience match. L’idée est de proposer plus qu’un simple match de handball : une ambiance, des animations, un vrai événement autour de la rencontre.
Justement, quel type de “show” voulez-vous mettre en place ?
On veut que les gens viennent pour le handball, mais aussi pour l’atmosphère autour. Musique, animations, rencontres, événements… tout est possible. Aujourd’hui, les supporters ne viennent pas uniquement pour le match, mais pour l’expérience globale. On veut répondre à cette évolution.
Comment faire de ce club un vrai projet de territoire ?
Le club porte le nom du Val-d’Oise, donc il doit rayonner sur tout le département. L’idée, c’est d’être identifié comme le club de référence pour les jeunes qui veulent atteindre le haut niveau. On doit aussi rivaliser avec les autres territoires forts d’Île-de-France. Un axe majeur, c’est la création d’un centre de formation pour structurer ce parcours d’excellence.
Le projet reste-t-il ouvert au-delà du Val-d’Oise ?
Oui, bien sûr. On n’est pas dans une logique fermée. Le projet est territorial, mais ouvert. On veut déjà réussir à structurer le parcours pour nos jeunes du département, puis élargir progressivement notre influence.
Quel est l’objectif sportif avec l’arrivée de Patrice Hanone ?
On est un promu, donc l’objectif est clair : le maintien. L’arrivée de Patrice Hanone s’inscrit dans un projet plus global. Il apporte une expérience importante du haut niveau et un regard extérieur pour nous faire progresser.
A-t-il carte blanche dans son fonctionnement ?
Non. Personne n’a carte blanche, ni l’entraîneur, ni moi. Le projet du club est au-dessus de tout. On dépend de nos partenaires, de nos élus, et on construit pour un territoire. Ce que j’attends de lui, c’est surtout un regard neuf et des propositions d’amélioration.
Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru depuis la création du club ?
C’est une évolution rapide. En trois ans, le club a beaucoup changé. Il a gagné en visibilité et a vécu des moments forts, notamment deux finales de Coupe de France. Mais maintenant, il faut stabiliser les bases : la structuration professionnelle et la formation.
Quel moment vous a le plus marqué depuis votre arrivée à la présidence ?
Ce n’est pas forcément un titre ou une victoire. Ce qui m’a marqué, c’est la saison dernière, quand on a déposé un dossier pour monter et qu’on a dû repartir en Nationale 1. On a dû accepter ça, se remobiliser, et refaire une saison complète. C’était très structurant pour le club.
Comment avez-vous vécu la montée au coup de sifflet final ?
C’était surtout du soulagement. On était favoris, donc on avait une forme de pression de résultat. J’ai surtout pensé aux bénévoles. Ils sont l’âme du club. Ils ne sont pas sous les projecteurs, mais sans eux, rien ne serait possible. C’était de la gratitude, et aussi la conscience qu’on va encore leur demander plus en Pro Ligue.
