Classé parmi les meilleurs joueurs français, Pierre Perez Le Tiec s’est imposé comme l’un des acteurs de la montée en puissance du padel en France. Pour SPORTMAG, il revient sur ses débuts dans la discipline, son évolution sur le circuit national et ses ambitions internationales, alors que ce sport connaît une croissance spectaculaire auprès des pratiquants français.
Qu’est-ce qui vous a immédiatement attiré dans ce sport et donné envie de vous y investir pleinement ?
J’ai découvert le padel avec un ami juste avant le Covid. À l’époque, je jouais de manière très occasionnelle, peut-être cinq ou six fois par an. C’est vraiment en 2022 que je m’y suis mis plus sérieusement. J’avais arrêté le tennis et je travaillais déjà. Le padel me permettait de continuer à faire de la compétition. Au tennis, l’organisation des tournois était compliquée : les matchs pouvaient s’enchaîner plusieurs jours de suite sans véritable visibilité.
Au padel, les compétitions se déroulent principalement le week-end, ce qui était beaucoup plus facile à concilier avec mon activité professionnelle. Petit à petit, je me suis davantage investi. J’ai réalisé quelques bons résultats en tournoi et tout s’est enchaîné naturellement.
Comment décririez-vous votre style de jeu ?
Je dirais que je suis davantage un tacticien. J’essaie d’analyser le jeu adverse et de trouver les points faibles de mes adversaires pour gagner les échanges. Certains joueurs possèdent une arme très forte, notamment les gros smashs, qui leur permet de s’imposer en s’appuyant principalement sur leurs qualités. Mais ils sont peu nombreux. Pour la plupart d’entre nous, il faut surtout jouer avec la tête.
Le padel connaît un essor important en France depuis plusieurs années. Quel regard portez-vous sur cette évolution et sur le niveau actuel du circuit français ?
Mon regard est très positif. Il y a beaucoup plus de pratiquants et le niveau s’est considérablement densifié. Quand j’ai commencé en 2022, il y avait environ 20 000 à 30 000 compétiteurs. Aujourd’hui, on dépasse les 100 000. En seulement trois ou quatre ans, la progression est impressionnante. Le niveau s’est élevé à tous les étages. Un joueur capable de remporter un P250 il y a quelques années aurait aujourd’hui beaucoup plus de difficultés. La concurrence est devenue beaucoup plus forte, aussi bien chez les amateurs qu’au plus haut niveau français.
Quelles sont vos ambitions pour les prochaines saisons, sur le plan sportif comme personnel ?
L’objectif est de mieux m’organiser avec mon activité professionnelle afin de participer davantage au circuit international. J’ai commencé à jouer quelques tournois internationaux et j’aimerais poursuivre dans cette voie l’an prochain afin de progresser au classement mondial.
Votre dernier tournoi international remonte à quand ?
Le dernier s’est déroulé à Marnes-la-Coquette (région parisienne), il y a une dizaine de jours. Cette semaine, je participe également à une nouvelle compétition internationale à Bandol.
Qu’avez-vous retenu de cette expérience internationale ?
Le principal enseignement, c’est le niveau de jeu. Il est nettement plus relevé que sur le circuit français. Dans les plus grands tournois français, on retrouve peut-être cinq à huit équipes de très haut niveau. Sur le circuit international, ce nombre est multiplié par deux ou trois. Forcément, gagner un tournoi devient beaucoup plus difficile. Il y a quelques années, les Français semblaient encore loin des meilleures nations.
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Nous ne sommes pas encore au niveau des tout meilleurs mondiaux, mais les Français sont capables de rivaliser avec de nombreuses équipes étrangères et de réaliser de très belles performances.
Quels sont, selon vous, les principaux défis pour poursuivre le développement du padel en France ?
Je pense qu’il faudrait davantage de moyens financiers pour les joueurs. Le niveau de professionnalisation augmente, mais les revenus restent limités. L’arrivée de nouveaux diffuseurs et partenaires peut constituer un levier important. On l’a vu récemment à Roland-Garros, où les tribunes étaient pleines. Ce type d’exposition permet au grand public de découvrir davantage le padel et attire de nouveaux pratiquants. Le marché français a énormément progressé depuis le Covid, mais je pense qu’il n’a pas encore atteint sa pleine maturité.
Qu’est-ce qui continue de vous passionner dans ce sport au quotidien ?
Le padel est avant tout un sport très convivial. Il se joue exclusivement en double, ce qui crée une dimension collective très forte. Les victoires, les défaites, les déplacements et les expériences se partagent avec un partenaire. C’est très différent du tennis, où l’on voyage souvent seul. Et puis il y a cette sensation permanente de progression. Même après plusieurs années de pratique, on a le sentiment de pouvoir encore s’améliorer. C’est extrêmement motivant et c’est ce qui rend ce sport si addictif pour beaucoup de joueurs.
Vous avez croisé de nombreuses personnalités grâce au padel. Que pensez-vous notamment du niveau de Cyril Hanouna ?
Il joue régulièrement avec des partenaires de niveau mondial, ce qui l’a beaucoup aidé dans sa progression. Grâce à cela, il a acquis un niveau solide et c’est aujourd’hui quelqu’un qui sait réellement jouer au padel.
On remarque également que de nombreux anciens sportifs professionnels, notamment des footballeurs, se tournent vers le padel. Comment l’expliquez-vous ?
Tous les anciens sportifs de haut niveau adorent le padel, pas seulement les footballeurs. Ils retrouvent dans ce sport l’exigence de la compétition. Ils possèdent déjà de nombreuses qualités utiles : la coordination, la lecture du jeu, la gestion de l’effort ou encore l’esprit de compétition. Avec un peu d’entraînement, ils progressent souvent très rapidement.
Quel est votre classement aujourd’hui ?
Mon classement français évolue chaque mois et je le suis un peu moins depuis que je joue davantage à l’international. Je me situe entre la 15e et la 20e place française. Au niveau mondial, je suis actuellement aux alentours de la 500e place, même si je suis encore au début de mon parcours sur le circuit international.
