Philippe Polleux : « Le plus grand concours au monde pour les jeunes »

Philippe Polleux : « Le plus grand concours au monde pour les jeunes »

Crédit photo : Pétanque Romanaise

Avec plus de 1 000 jeunes inscrits et un rayonnement désormais international, le Mondial des jeunes de Romans s’impose comme la référence absolue en la matière. À l’aube de cette 6ème édition, marquée par un calendrier repensé et un hommage vibrant aux figures historiques du club, Philippe Polleux, président de la Pétanque Romanaise, se confie.

Que représente le Mondial des jeunes pour la Pétanque Romanaise, notamment pour cette édition 2026 ?

En termes de visibilité pour les jeunes, c’est une véritable vitrine. C’est tout simplement le plus grand concours au monde pour la catégorie jeunes — c’est bien plus gros que la Marseillaise. C’est devenu une véritable référence. Cette année, en plus des habituelles équipes étrangères, nous accueillons deux équipes de Turquie et une équipe de Pologne.

L’événement prend une réelle ampleur, il y a énormément de monde et nous comptons plus de 1 000 enfants inscrits. Entre ce tournoi et les Masters de Pétanque, la Pétanque Romanaise s’est imposée comme un club majeur au niveau national.

C’est seulement la 6e édition du Mondial des jeunes. S’est-il déjà imposé comme un événement incontournable à Romans ?

Tout à fait. Pour vous donner une idée de sa légitimité, la Fédération nous a laissés totalement libres de choisir la date cette année, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Habituellement, l’événement se déroulait en août. Pourquoi l’avoir avancé au mois de juillet ?

Ce créneau nous convenait mieux. C’est un peu le même principe pour la première étape des Masters de Pétanque, qui est passée du mois d’août au mois de juin. En termes d’organisation, cela permet aux 60 à 70 bénévoles mobilisés sur le pont de pouvoir enfin souffler au mois d’août.

Justement, quelle est l’importance des bénévoles pour un tel événement ?

C’est primordial. Sans bénévoles, il n’y a pas d’association, c’est aussi simple que ça. Chez nous, ils sont très motivés parce qu’on se réunit régulièrement autour d’un apéritif ou d’un casse-croûte. Évidemment, avec la fatigue et la tension, il y a parfois de légères frictions, mais tout le monde s’investit à fond pour que le club tourne.

À quel point la pétanque est-elle devenue le sport numéro un à Romans ?

C’est incontestablement le sport numéro un. Sur deux mois, entre le Mondial des jeunes et les Masters, nous attirons près de 30 000 personnes à Romans. En dehors du VRDR (club de rugby) en Pro D2, aucun autre club de la ville n’est capable de générer une telle affluence.

Comptez-vous faire évoluer la formule de cet événement à l’avenir ?

On ne s’est pas vraiment posé la question, car la formule actuelle plaît et les gens s’inscrivent parfois d’une année sur l’autre. Si évolution il y a, elle se fera plutôt sur les infrastructures que sur les règles du jeu, qui sont déjà bien calibrées et appréciées.

Quel est l’impact du soutien de la municipalité de Romans ?

La mairie nous soutient très fortement. Madame la maire, Marie-Hélène Thoraval, qui entame son 4e mandat, a toujours cru en la pétanque. Elle me disait d’ailleurs que même en Normandie, sa région d’origine, on connaît la ville de Romans à travers la pétanque. C’est une belle récompense.

Le tournoi voit défiler de futurs grands champions. Cela valide-t-il la qualité de votre structure ?

Oui, et cela repose beaucoup sur le travail de notre éducateur, Stéphane Garin. Nous avons fait le choix de miser sur les jeunes et le sport adapté avant de viser les titres chez les seniors (où nous avons d’ailleurs été champions de France en jeu lyonnais). C’est une volonté forte de ma part : je refuse que l’on devienne un club de « mercenaires » qui achète ses joueurs.

C’est ce que je reproche parfois à d’autres grands clubs qui n’ont même pas d’école de pétanque. Notre but, c’est de donner envie aux jeunes, de les faire progresser, même s’ils partent parfois sous d’autres cieux une fois devenus très bons.

Aujourd’hui, nous sommes fiers d’être le plus grand club formateur de France. Des jeunes viennent de partout (du Gard, de Roanne et même de Roumanie) parce qu’ils ne trouvent pas cet encadrement chez eux.

Pourquoi n’y a-t-il pas de National Seniors cette année ?

Nous avons souhaité bousculer un peu le programme pour rendre hommage à Robert Tesoriere, qui a présidé le secteur pendant 35 ans (et dont le fils est aujourd’hui bénévole chez nous). Pour cette première édition, nous organisons un tournoi régional vétéran (car la réglementation ne permet pas de créer directement un National). Sur ces deux jours, nous cumulons quatre challenges différents pour honorer la mémoire de champions et de bénévoles qui ont marqué l’histoire du club. C’est un événement que nous avons bien l’intention de pérenniser et, pourquoi pas, de faire évoluer en National à l’avenir.

Le Mondial Jeunes de Romans-sur-Isère sera à suivre en direct sur la chaîne YouTube de SPORTMAG

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