À quelques centaines de mètres du Parc des Princes, le Paris FC attaque sa deuxième saison en Ligue 1. Au-delà des résultats, il y a une vraie question qui traîne : est-ce que ce club va enfin exister aux yeux des Parisiens, ou rester ce petit cousin qu’on oublie ?
Un derby qu’on avait presque fini par oublier
Pendant 46 ans, Paris n’avait qu’un seul club dans la tête des gens. Puis le PFC est remonté, et là, surprise : le derby parisien, qu’on croyait mort et enterré depuis 1990, a refait surface. Le 4 janvier, les deux équipes se sont enfin recroisées en championnat, au Parc des Princes. Le PSG a gagné 2-1. Mais quelques mois plus tard, le PFC a pris sa revanche en Coupe de France en sortant le tenant du titre en huitièmes (1-0). Et en mai, rebelote en championnat : cette fois, c’est le Paris FC qui l’a emporté 2-1. Finalement, le PFC est l’un des rares clubs à avoir bousculer le PSG la saison dernière, preuve que le club va dans la bonne direction.
Deux stades à quelques minutes à pied l’un de l’autre, deux mondes qui se sont longtemps royalement ignorés. « Il faut commencer par éviter tout accident industriel qui consisterait à nous voir repartir en Ligue 2 dès la fin de saison prochaine », prévenait Pierre Ferracci, président du club, juste après la montée. Une phrase qui en dit long : même en Ligue 1, le club marche encore sur des œufs.
De l’argent, oui, mais pas que
Depuis que la famille Arnault a mis la main sur le club, tout a changé d’échelle. Le PFC est même devenu le deuxième club le plus dépensier de Ligue 1 cet été, juste derrière le PSG. Néanmoins, l’écart reste considérable : 152 millions dépensés côté PSG cet été, contre 79,5 millions côté PFC. Cela dit, l’argent seul ne fait pas une identité. Le club a par exemple annoncé l’ouverture de sa toute première boutique physique, avenue de Wagram, à deux pas de celle du PSG sur les Champs-Élysées. Une nouvelle qui parait anodine en apparence, mais qui compte. Car jusqu’ici, le PFC n’avait jamais eu pignon sur rue dans sa propre ville.
Se trouver, sans copier le voisin
Sur le terrain, il y a aussi tout un chantier. Liam Rosenior, débarqué après un passage éclair sur le banc de Chelsea, cherche à donner une vraie couleur de jeu à son équipe, plutôt que de plaquer un système tout fait. « Pour moi le plus important n’est pas le système, mais la philosophie de jeu qu’on veut mettre en place », résume-t-il. Reste que l’équipe part avec quelques failles défensives encore à corriger.
En coulisses aussi, ça bouge. Pierre Ferracci doit passer la main à l’un des enfants Arnault d’ici 2027, sans doute Antoine, déjà bien impliqué depuis le rachat. Le PFC ne se contente donc plus de survivre à côté du PSG. Il essaie, petit à petit, de se faire une vraie place.
