À 26 ans, Odélia Ben Ephraïm compte déjà 11 combats pros. La boxeuse et artiste est à l’affiche du prochain gala Palatina 7, à Cherbourg le 9 mai prochain. Son interview SPORTMAG.
Tout d’abord, comment ça va et comment se passe la dernière ligne droite de votre préparation ?
Je suis en forme comme prévu, notamment, car j’ai combattu récemment, le 11 avril dernier à Pessac. C’est assez rare d’avoir des combats si rapprochés, mais j’ai eu de belles opportunités et j’ai sauté sur l’occasion. Je suis bien à jour dans ma préparation physique, et de toute façon, je m’entraîne tout au long de l’année pour être prête à tout moment. J’ai cinq ans de boxe professionnelle et onze combats à mon actif, mais j’ai connu un an sans boxer, entre blessures et changements, alors je saisis les opportunités qui se présentent à moi et c’est génial en ce moment.
Commençons par le début : comment êtes-vous venue à la boxe ?
J’ai commencé en loisirs à la maison, avec mon père. Dans ma famille l’activité physique, la discipline et le dépassement de soi ont toujours été des valeurs importantes. Petit à petit, autour de mes 10 ans, j’ai participé à des tournois et des championnats régionaux, avec mon club de Blagnac près de Toulouse.
À quel moment avez commencé à prendre la boxe au sérieux, et à considérer une carrière pro ?
Honnêtement, très vite, dès que j’ai enchaîné les compétitions autour de mes 11-12 ans ! J’ai fait des championnats de France assez rapidement. Puis à mes 15 ans, j’ai vécu en Israël, où j’ai boxé avec l’équipe nationale et disputé des championnats d’Europe. Après le covid, je suis revenue en France pour passer pro. À Blagnac, j’ai retrouvé mes coachs et anciens coéquipiers, là où j’ai grandi.
Depuis 5 ans, votre manière de vivre la boxe pro a-t-elle évolué ?
Complètement. La boxe est quelque chose de très intense, qui demande beaucoup de sacrifices et de discipline. Ce sport a toujours eu une place importante dans ma vie, et maintenant elle l’est d’autant plus, c’est ma vie pro ET perso mélangée ! Dans mon club du Tactical Boxing, que j’ai rejoint il y a 6 mois, on utilise une approche différente de la boxe, jeune et moderne. J’utilise désormais des outils différents, pas seulement physique et du sparring lourds, mais aussi une préparation mentale avec un regard chirurgical sur ma boxe. L’idée est de permettre au boxeur de gagner en autonomie, et je ressens les effets positifs de ces méthodes.
Alors comment avez-vous préparé ce combat au gala Palatina 7 ?
Même avec un court délai, on prend le temps de bien préparer le combat. Mon coach s’est occupé de piocher les outils spécifiques à l’adversaire. Je n’ai qu’à me concentrer sur moi et ma prépa, pour être prête à exécuter le mieux possible le jour J.
Quel est votre regard sur l’organisation Palatina, en ascension dans la boxe anglaise en France ?
Je connaissais déjà avant d’être contactée pour ce combat, car mon amie Marianne d’Antuono a combattu lors du dernier gala. C’est une organisation que je trouve superbe, qui fait beaucoup pour trouver des solutions face au manque de médiatisation de notre discipline. Les shows et gala sont beaux et bien organisés, cela donne envie de venir au public et aux boxeurs, avec beaucoup de moyens alloués à la visibilité.
À côté de la boxe, vous êtes également artiste. Pouvez-vous nous en dire plus ?
À côté de la boxe et de mes études en psychologie, je suis en effet artiste. J’ai exposé récemment à Paris, un projet intitulé « Dualité ». Je voulais mettre en avant les oppositions que l’on trouve dans la boxe : l’un face à l’autre, rouge contre bleu, victoire ou défaite, violence contre calme… mais aussi mon histoire personnelle, celle d’une femme dans un monde d’homme, et la différence entre sur et en dehors du ring. C’est un vrai travail introspectif, et je suis fière de l’avoir montré au public. Peut-être que j’aurais l’occasion d’exposer de nouveau, pour l’instant je suis concentrée sur mon combat !
Un dernier mot ?
Je voudrais remercier Palatina, c’est un honneur de combattre pour cette organisation. Je suis certaine que la soirée va être réussie, j’ai hâte d’y être !
