Nutrimuscle : « Même machine, même légitimité », une campagne pour rendre les salles de sport plus inclusives

Nutrimuscle

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Nutrimuscle a lancé une campagne visant à questionner la représentation du corps féminin dans les salles de sport. Avec des pictogrammes revisités et un partenariat avec l’association Alice Milliat, la marque souhaite ouvrir le débat sans opposer, mais en rendant visible une réalité souvent ignorée.

L’origine du projet tranche avec les campagnes classiques. « Pour être transparent, l’idée est née lors d’un entretien d’embauche« , explique David Foucher, directeur de la communication chez Nutrimuscle. En demandant à un candidat de réfléchir à des actions pour développer le fitness auprès des femmes, la question de la représentation du corps féminin dans les salles de sport est évoquée. « On a trouvé que c’était une bonne idée. Ensuite, on l’a développée, retravaillée et exécutée. » Une genèse atypique, mais en phase avec une réflexion engagée depuis plusieurs années autour de la place des femmes dans cet univers.

« Les rares cas où on voyait des femmes, c’était sur des machines ciblées comme les fessiers »

Avant de lancer la campagne, la marque choisit de vérifier son ressenti sur le terrain. « On s’est rendu compte qu’à 90 %, les pictogrammes représentaient des hommes. » Un constat renforcé par une autre observation : « Les rares cas où on voyait des femmes, c’était sur des machines ciblées comme les fessiers. » L’enjeu devient alors de sensibiliser sans opposer. « La campagne on l’a appelée « Même machine, même légitimité »«  Le dispositif repose sur une vidéo tournée en salle, où des stickers féminins sont apposés sur les machines, suscitant réactions et échanges. « De nombreuses personnes ont téléchargé les stickers pour les apposer dans leurs salles.« 

Une campagne qui suscite adhésion et débats

L’impact est immédiat, notamment auprès des pratiquantes. « Beaucoup n’avaient même pas remarqué ce détail des pictogrammes, donc ça a mis en lumière quelque chose d’invisible. » Mais la démarche ne fait pas l’unanimité. « Il y a quand même eu une minorité, assez active, qui l’a critiquée, en disant qu’il y avait des combats plus importants », reconnaît David Foucher.

Un retour attendu dans un milieu encore marqué par des codes masculins. La réponse de la marque reste inchangée : « On considère que la représentation est importante. Chacun peut agir à son niveau et dans notre domaine, rendre ces espaces plus accueillants pour les femmes, c’est légitime. » Au final, avec près de 200 000 vues pour la vidéo et une forte diffusion sur les réseaux, la campagne atteint son objectif principal : provoquer des réactions et faire émerger le sujet.

Au-delà des pictogrammes, une stratégie globale

Cette initiative s’inscrit dans une approche plus large. Nutrimuscle travaille sur les freins liés à la pratique féminine, qu’ils soient psychologiques ou physiologiques. « On veut montrer qu’un corps musclé peut être esthétique, fonctionnel et légitime. » La marque multiplie les formats pour libérer la parole : événements, contenus, témoignages. « On a organisé un un Post Workout, où on a invité quatre femmes à s’exprimer devant une audience d’une centaine de personnes. L’idée, c’était de dire que ton corps, il est adapté à la pratique de ton sport ou à ton objectif, mais ce n’est pas à autrui de juger s’il est beau ou non.« 

Nutrimuscle ne se limite pas à la question de la représentation, mais travaille aussi sur les réalités concrètes de la pratique féminine. « On aborde des sujets comme le cycle menstruel et son impact sur la pratique sportive, pour adapter les entraînements. » Une manière d’intégrer des paramètres encore trop peu pris en compte dans le sport. En parallèle, la marque cherche à valoriser des modèles inspirants. On peut citer Lya Bavoil, championne du monde de force athlétique, ou Dounia, engagée dans un défi inédit : être la première femme à tenter la croix de fer.

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