Avant les premières épreuves en eau libre des Championnats d’Europe, plusieurs nageurs saluaient déjà une nette amélioration de la qualité de l’eau de la Seine, deux ans après les polémiques des Jeux de Paris 2024.
L’avis dithyrambique d’un habitué du fleuve
Le Britannique Hector Pardoe, déjà présent aux JO 2024, avait de quoi comparer. Après une session d’entraînement de 2,5 kilomètres dans la Seine, il n’avait pas caché sa surprise sur Instagram : « J’ai remarqué une chose tout de suite… La Seine a assurément un goût plus propre qu’en 2024. » Une petite phrase qui en disait long. Il avait vécu de près les annulations d’entraînements et le report du triathlon masculin, deux ans plus tôt. La faute, à l’époque, à une eau jugée impropre à la baignade après de fortes pluies, malgré 1,4 milliard d’euros investis dans la dépollution du fleuve.
Un parcours déplacé pour limiter les risques
Cette fois, les organisateurs avaient revu leur copie. Départ et arrivée ne se situaient plus au niveau du pont Alexandre III, mais du côté de l’Île aux Cygnes et du pont de Bir-Hakeim. Un changement de site qui rassurait Pardoe avant l’épreuve : « Nous courons plus en amont cette fois-ci au pont de Grenelle. Il faut encore penser au courant, mais il n’est pas aussi fort que ce que nous avons vécu pendant les Jeux olympiques. » Le Français Marc-Antoine Olivier, médaillé de bronze olympique à Rio en 2016, partageait le constat sur RMC Sport : « Ce sont des conditions totalement différentes par rapport à 2024. L’eau libre, on est en milieu naturel. Il faut s’adapter. »
Un satisfecit qui n’aura pas fait long feu
Le 10 km s’est bien tenu comme prévu, le mardi 4 août. L’Allemand Florian Wellbrock s’est imposé, devançant le Hongrois David Betlehem et son compatriote Oliver Klemet. Pardoe, malgré son optimisme, a terminé 6e. Marc-Antoine Olivier a dû se contenter d’une 10e place, loin de ses ambitions de départ.
Mais c’est surtout la suite qui donne une saveur particulière à ces déclarations. Deux jours à peine après ce satisfecit collectif, des traces d’hydrocarbures ont été détectées à proximité du site de compétition. Cette découverte a contraint l’annulation de tous les entraînements du jeudi suivant, par précaution. Un revirement qui rappelle une nouvelle fois la fragilité de cet équilibre. D’un côté, la volonté politique de rendre la Seine baignable. De l’autre, la réalité parfois capricieuse d’un fleuve resté un milieu naturel.
