Au fil des années, La Réunion s’impose comme le principal territoire d’Outre-Mer en matière de rugby. Une dynamique positive que Jean-Michel Piron, président de la Ligue de rugby de La Réunion, entend renforcer.
Quelle est la dynamique actuelle pour le rugby à La Réunion ?
Du 15 décembre jusqu’à fin février, tous les terrains sont fermés puisque nous sommes en période cyclonique. On a fait une première partie de championnat qui a démarré fin août dans toutes les catégories. Là, on est à la mi-saison et on va reprendre fin février. Actuellement, on fait plutôt beaucoup de Beach Rugby parce que la plage n’est pas fermée. On pallie tout ça avec le Beach Rugby et on prépare les échéances internationales et nationales d’avril, mai et juin.
La dynamique globabe demeure très bonne, on a beaucoup de projets. En termes de licenciés, on a 4,5 % d’augmentation par rapport à la saison 2024-2025. On a un beau championnat féminin de moins de 18 ans avec plus de clubs qu’avant, on est passé à cinq clubs. Les plus de 18 ans (garçons et filles) vont participer au championnat de France Élite à 7 à Fosses-sur-Mer et à Mont-de-Marsan.
Au mois d’avril, on part soit à Madagascar soit à Maurice pour participer à un tournoi de l’Océan Indien pour les féminines de moins de 18 ans, les masculins de moins de 18 ans et les masculins de moins de 16 ans. On jouera contre Madagascar, Mayotte, Maurice et peut-être les Seychelles. En mai, on organise un grand tournoi de la zone Océan Indien à La Réunion pour les moins de 14 ans. En octobre on a le Safari Seven, sans oublier le Run Sevens, tournoi international annuel de rugby à 7, qui aura lieu les 7 et 8 novembre 2026. Bref, les projets ne manquent pas et le rugby se porte très bien.
Qu’en est-il des infrastructures sur l’île ? Est-ce une problématique ?
La problématique ce ne sont pas les infrastructures, c’est le partage avec le football. C’est ça le gros problème, mais ça se passe globalement pas si mal que ça. Les communes jouent le jeu. On représente une force de près de 3 000 licenciés sur l’île, ce qui n’est pas rien. On représente près de 30 % du nombre de licenciés de l’Outre-Mer. La Réunion est un pilier du rugby en Outre-Mer. On bataille un peu pour avoir les terrains et les créneaux horaires, c’est du lobbying à faire auprès des collectivités.
Justement, les collectivités sont-elles de plus en plus à l’écoute de cette dynamique ?
On a quand même une belle écoute. On travaille beaucoup dans les écoles, on fait beaucoup de rugby dans les quartiers prioritaires (QPV), des actions d’inclusion… Beaucoup de communes sont à l’écoute et nous sollicitent pour animer leurs actions au sein de leurs quartiers défavorisés.
Quels sont vos projets à plus long terme ?
L’objectif est de s’ouvrir sur l’Océan Indien de façon plus importante. On a déjà signé plusieurs contrats de coopération avec le Kenya, une référence en rugby à 7, les Seychelles, Maurice et on s’apprête à signer avec une académie en Afrique du Sud. On a même la prétention d’aller jusqu’aux Émirats arabes unis, au Sri Lanka et pourquoi pas une ouverture avec l’Australie à l’occasion de la Coupe du Monde.
Quid des liens avec la France métropolitaine concernant le haut niveau. La Réunion est-elle une terre de formation de champions et championnes ?
On dispose d’un pôle Outre-Mer, ce qui nous permet de former des jeunes de qualité. Notre objectif est principalement axé sur le 7, car c’est un domaine où on parvient à briller. On a un champion olympique médaillé d’or à Paris en 2024, Jordan Sepho, c’est un exemple pour nos jeunes. C’est pour cela qu’on participe aux championnats Élite à 7 en métropole. On reste aussi très axés sur le rugby à XV car les Réunionnais y sont très attachés, notamment avec des rencontres contre Madagascar et Maurice.
