La folie du padel s’empare de la Seine-et-Marne, mais à quel prix ?

Photo by Icon Sport

Il suffit de regarder les chiffres pour mesurer le chemin parcouru. En 2018, la Seine-et-Marne comptait sept terrains de padel et 120 joueurs. Aujourd’hui, ils sont près de 3 000 à pratiquer dans le département, où les pistes ont poussé un peu partout. Mais cet essor soulève aussi des questions de rentabilité.

109 pistes et 27 centres dans le département

Le padel a bien changé de dimension en Seine-et-Marne. Pour la saison 2025-2026, Padelonomics y recense 2 814 joueurs et 109 pistes réparties dans 27 centres. Seize sont des structures privées, les onze autres sont rattachées à des clubs de tennis.

Les terrains ne se concentrent plus dans quelques communes. On en trouve notamment à Melun, Moissy-Cramayel, Combs-la-Ville et Vulaines-sur-Seine, mais aussi à Meaux, Lagny-sur-Marne ou Provins. Le département compte désormais de nombreux lieux où s’essayer à cette discipline, à mi-chemin entre le tennis et le squash.

Un sport multi-générationnel

Pourquoi le padel plaît-il autant ? Pour Romain Taupin, directeur de Padelonomics, « sa pratique est plus douce et plus facile ». Pas besoin d’avoir des années de tennis derrière soi pour commencer à jouer. Et les terrains accueillent des profils très différents. À Dammarie-lès-Lys, le centre Padel Futur reçoit même des joueurs de plus de 70 ans. « On arrive à faire jouer tous les publics », se réjouit son cofondateur Sébastien Audinet.

La discipline attire toutefois davantage les hommes. Selon l’Observatoire du padel 2025, les femmes représentent 16 % des joueurs interrogés, même si leur part atteint 22 % chez les nouveaux pratiquants. Le coût peut également freiner certains joueurs. « On peut monter jusqu’à près de 1 500 euros par an en réservations avec deux séances par semaine et sans compétitions ni équipements », rappelle Romain Taupin.

Derrière le succès, des investissements importants

Ouvrir un centre de padel demande de solides moyens. À Dammarie-lès-Lys, Padel Futur a investi un million d’euros dans un complexe de onze pistes, installé sur un ancien circuit de karting. « Nous avons mis un an et demi avant de trouver l’emplacement et investi un million d’euros grâce à un emprunt bancaire et à un apport personnel », raconte son cofondateur Sébastien Audinet.

Le centre n’a pas encore atteint son seuil de rentabilité. Les associés préparent donc une salle de séminaire et un cabinet paramédical pour diversifier leurs revenus. À Vulaines-sur-Seine, Marc Chamaillard, fondateur de Planète Raquettes, mise aussi sur un magasin spécialisé. « Faire de l’argent avec seulement le padel, c’est compliqué, surtout pour ceux qui sont en location. Il faut aussi investir dans un bar ou une boutique. Nous avons fidélisé notre clientèle grâce à notre magasin », explique-t-il.

Avec les nouvelles pistes qui ouvrent, notamment dans les clubs de tennis, la concurrence devient plus forte. Romain Taupin estime qu’un terrain pour 9 000 habitants constitue un seuil de viabilité. « À partir d’un taux d’occupation de 40 %, un club est déficitaire. Forcément, il va y avoir des faillites », prévient-il. Marc Chamaillard partage cette inquiétude : « Les investisseurs pensent que le padel est une poule aux œufs d’or, mais si leur business plan n’est pas solide, il va y avoir de la casse comme en Suède, car il n’y aura pas à manger pour tout le monde. »

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