Président de la Ligue de rugby de Guadeloupe, Frédéric Rouillon se confie sur le développement et les enjeux pour le rugby guadeloupéen en ce début d’année 2026.
Quel est votre bilan de la saison dernière ?
La saison dernière s’est très bien déroulée. Nous n’avons pas eu de soucis majeurs ni de grosses blessures, ce qui est très positif. Le championnat masculin, que ce soit à 7 ou à 15, ainsi que les championnats féminins à 7 et à 10, ont suivi leur cours normalement.
Nous avons aujourd’hui une forte proportion de joueuses. Sur environ 1 500 licenciés, on compte entre 350 et 380 filles. Pour les compétitions féminines, nous accueillons d’ailleurs des équipes de Saint-Barthélemy (les Rascasses) et de Saint-Martin (les Archigirls) qui viennent s’ajouter à nos équipes de Guadeloupe.
Quelles sont les grandes nouveautés concernant la formation et le haut niveau pour cette nouvelle saison ?
La grande avancée, c’est l’intégration du CREPS Antilles-Guyane. Cette année, le pôle rugby accueille des joueurs Guyanais et Martiniquais. Notre objectif est ambitieux : nous espérons faire partir au minimum dix joueurs ou joueuses vers l’Hexagone pour la saison prochaine.
Nous sommes également précurseurs sur un point : nous sommes passés aux catégories « impaires ». Par exemple, la catégorie U14 est devenue U15. Pour nos U19, cela nous permet de couvrir trois années d’âge, ce qui va mécaniquement booster nos effectifs.
Côté calendrier, quels sont les rendez-vous majeurs à venir ?
Le calendrier est bien rempli. Nous avons prévu cinq dates spécifiques dédiées au rugby féminin pour continuer à développer cette pratique. Le Challenge Antilles entre la Guadeloupe et la Martinique est maintenu pour les catégories U15 et U18, avec des matchs aller-retour. Nous préparons également activement les tournois Antilles-Guyane pour toutes les catégories, y compris pour les filles.
On sait que les déplacements sont un enjeu majeur pour vous. Quel est l’impact financier des billets d’avion sur votre budget annuel ?
C’est un poste énorme. Rien que pour la Guadeloupe, les Îles du Nord et la Ligue, le budget pour les billets d’avion va avoisiner les 500 000 euros cette année. Et ce chiffre ne concerne que le transport ; il ne comprend pas les frais d’hébergement. C’est d’ailleurs le poste de dépense le plus important pour nos clubs.
Il y a de nombreux tournois à Saint-Barthélemy, mais aussi à Marie-Galante, qui participe au championnat U15 et U19 en entente avec certains clubs. Pour Marie-Galante, ce sont des trajets en bateau, mais mis bout à bout, la facture globale dépasse largement le demi-million d’euros. Les prix augmentent, et même si nous parvenons à maintenir nos tarifs avec les compagnies aériennes grâce à des conventions, la situation reste très complexe.
Comment la Ligue s’organise-t-elle pour accompagner les clubs et les scolaires ?
Nous avons renforcé notre structure technique. Auparavant, nous n’avions qu’un seul conseiller technique de club (CTC), nous en avons désormais deux. Cela nous permet de mieux structurer les clubs et d’améliorer notre capacité d’accueil pour les scolaires. Cette année, nous prévoyons d’accueillir environ 2 000 scolaires. Pour encadrer tout ce monde, nous allons former près de 120 éducateurs via différents brevets fédéraux.
Y a-t-il du nouveau concernant les infrastructures et les clubs locaux ?
Nous essayons de relancer le club du ROC (Rugby Olympique Club) de Pointe-Noire. Le club était en sommeil faute de terrain, mais nous espérons qu’il pourra reprendre ses activités cette saison.
Concernant les infrastructures, ça reste une problématique majeure. A l’heure actuelle, je n’ai toujours aucun stade confirmé pour accueillir le tournoi Antilles-Guyane des U16, ni pour nos finales hommes et femmes prévues en juin. J’ai envoyé huit demandes à huit communes différentes et je n’ai reçu que des réponses négatives ou aucune réponse. Il nous faut impérativement des terrains avec des tribunes, mais pour l’instant, c’est l’incertitude totale.
