Football – Coupe de France : Christophe Drouvroy revient sur l’opération des « maillots partagés »

Photo FFF / Tim Guigon

À l’occasion des quarts de finale de la Coupe de France Crédit Agricole, la FFF a lancé l’opération des « maillots partagés », portés par des « escort kids » aux couleurs des deux équipes. Une initiative destinée à rappeler une valeur centrale du football : le respect de l’adversaire. Christophe Drouvroy, directeur des compétitions nationales à la FFF, revient plus en détail sur ce projet.

Comment est née l’idée du maillot partagé et comment avez-vous mis en place l’opération ?

Les deux personnes à l’origine du projet sont Denis Chaumier et Patrice Pruvot. Ils sont venus nous voir un jour avec cette idée. Le premier rendez-vous a eu lieu avec le directeur général de la Fédération et la directrice de l’engagement, où ils ont présenté le projet. Ensuite, on a fait une seconde réunion, notamment avec moi qui m’occupe de la Coupe de France Crédit Agricole, pour voir comment on pouvait le mettre en place. Ce qui nous a tout de suite plu, c’est que le message est très simple. Même si la communication n’est pas mon métier, on a tout de suite vu que c’étaient des valeurs positives et que la matérialisation du concept était très visuelle. Le message est facile à comprendre et il n’y a que du positif autour.

Pourquoi avoir choisi de faire porter ces maillots aux « escort kids » plutôt qu’aux joueurs ?

Au départ, ils imaginaient que les joueurs entrent sur le terrain avec ces maillots. Mais ça nous a semblé très compliqué à mettre en œuvre, notamment parce que les clubs ont leurs équipementiers et leurs partenaires. On s’est donc dit qu’on allait plutôt l’intégrer dans le protocole d’avant-match. C’est comme ça qu’on est arrivés à l’idée des « escort kids ». Avec le côté pur des enfants et le message éducatif : on peut supporter un club, mais il faut respecter l’autre. Les enfants portent donc les couleurs des deux équipes.

Pourquoi avoir choisi les quarts de finale de la Coupe de France Crédit Agricole ?

L’idée est arrivée à la rentrée, en septembre. On était alors au début de la Coupe de France Crédit Agricole et on ne savait pas encore à quel tour on pourrait le faire. Une autre question s’est posée : la fabrication des maillots. L’idée était de coller exactement aux couleurs des équipes. Mais quand on connaît l’affiche d’un match, on ne sait pas toujours à l’avance quelles tenues seront utilisées. On s’est dit qu’il valait mieux limiter l’opération à un nombre réduit de rencontres. Avec les quarts de finale, on avait huit équipes et on était sûrs de pouvoir produire les maillots dans les temps pour les enfants.

Comment les clubs ont-ils réagi à cette initiative ?

Ce qui a facilité les choses, c’est qu’on a bien expliqué aux clubs que l’on utiliserait leurs couleurs et leurs logos, mais qu’il n’y aurait aucun équipementier ni partenaire sur les maillots. Ils seraient vierges, avec seulement la marque « Maillots partagés » et le slogan « Unis par la même passion ». On a prévenu tous les clubs dès le lendemain du tirage au sort et on n’a eu aucun retour négatif. Les maillots étaient livrés directement sur le lieu du match. Ensuite, grâce au travail de Denis Chaumier et de notre service marketing, on a pu associer des légendes du football au dispositif. Par exemple Basile Boli et Jean-Philippe Durand à Marseille ou encore Pierre Laigle.

Ce concept pourrait-il être appliqué à d’autres compétitions ?

Oui, c’est transposable à beaucoup de compétitions. Dans l’idée originale de M. Pruvot, le projet était même d’équiper toutes les équipes de Ligue 1 en début de saison, pour que les deux clubs composent un maillot partagé à chaque rencontre. Pour l’instant, il n’a pas réussi à valider le principe par rapport à la Ligue 1 ou la LFP, mais ils ont réussi à nous convaincre sur la Coupe de France Crédit Agricole. Après, le problème est surtout la visibilité. Par exemple, si on le faisait en Coupe de France féminine, les matchs sont moins diffusés, ils passent parfois seulement sur FFFtv, donc le concept serait moins visible. Mais rien n’empêche de l’imaginer sur d’autres compétitions à l’avenir, comme la Coupe Gambardella Crédit Agricole, par exemple.

Quel message souhaitez-vous faire passer avec cette initiative ?

C’est un principe de respect. Dans le football, les deux équipes adverses sont aussi des partenaires de jeu. On peut soutenir son équipe avec passion, mais il ne faut pas oublier qu’en face il y a des personnes qui ont exactement la même passion, simplement pour d’autres couleurs. C’est ce message que l’on veut transmettre aux jeunes : soutenir son équipe, oui, mais respecter la passion de ceux qui sont en face.

La Coupe de France Crédit Agricole est-elle un cadre particulier pour porter ce message ?

Oui, parce que cette compétition porte naturellement ces valeurs. Il y a des images très fortes dans l’histoire de la Coupe de France Crédit Agricole. Par exemple lors de la finale Nantes-Calais, quand Mickaël Landreau, le capitaine de Nantes, avait invité le capitaine de Calais, Réginald Becque, à soulever le trophée avec lui. On voit aussi souvent des clubs professionnels faire une haie d’honneur à un petit club qu’ils viennent d’éliminer, pour lui rendre hommage et rendre hommage à son parcours. Ces sont deux éléments qui matérialisent effectivement que la Coupe de France Crédit Agricole, dans la mesure où elle fait se rencontrer des équipes de niveaux différents, des amateurs, des pros, etc., elle porte en elle le respect des adversaires.

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