Fondation Viser Juste : « Une façon d’aller beaucoup plus vite et beaucoup plus loin »

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Placée sous l’égide de la Fondation du Sport Français, la Fondation Viser Juste, portée par la Fédération Française de Tir à l’Arc, entend structurer et développer des actions d’intérêt général autour de la discipline. Charlotte Feraille, déléguée générale de la Fondation du Sport Français, détaille les enjeux et le fonctionnement de ce modèle.

Pouvez-vous expliquer pourquoi la Fondation Viser Juste a été placée sous l’égide de la Fondation du Sport Français ?

Pour replacer les choses au plan global, la Fondation du Sport Français, c’est une fondation reconnue d’utilité publique, abritante, qui existe depuis 2011 et qui avait été créée par le mouvement sportif pour outiller les acteurs du mouvement sportif. Donc il est vrai qu’à partir de 2022, un des axes de développement de la Fondation dans un contexte de réduction des subventions et d’augmentation de la pression sur les fédérations, ça a été de proposer à celles-ci ces dispositifs de fondation sous égide.

C’est-à-dire la possibilité de créer l’équivalent d’un fonds de dotation, mais à l’intérieur de la Fondation du Sport Français, de manière à bénéficier de son infrastructure administrative pour administrer le fonds et profiter de la mise en réseau pour accélérer le développement. Donc il y a cette volonté depuis 2022 d’abriter les projets de fondations fédérales et c’est dans cette dynamique là que l’abritance de la fondation Viser Juste s’inscrit.

Comment la collaboration avec la Fédération Française de Tir à l’Arc s’est-elle mise en place ?

Il y a des axes multiples qui convergent vers la création d’une fondation. Il y a le besoin de développer de nouvelles sources de financement pour les fédérations, il y a cette idée que les fédérations doivent remplir une mission en dehors de la reconnaissance d’utilité publique pour l’organisation des compétitions et des championnats de France qui leur sont confiés.

Enfin, il y a les entreprises qui s’orientent vers ce qu’on appelle de plus en plus un sponsoring responsable, c’est-à-dire qu’on est partenaire d’une fédération, d’une équipe de France, d’un événement sportif, mais on ne peut pas être partenaire de la performance sans contribuer à développer le sport au service de l’intérêt général. Et donc c’est au croisement de ces trois axes que vient se situer le besoin de créer une fondation sous égide. La fédération Française de Tir à l’Arc fait partie de ces fédérations qui se posent ces questions. La Fédération se pose la question de comment je m’outille pour développer mes actions d’intérêt général dans le domaine du tir à l’arc et c’est elle qui est venue vers nous.

Quels critères doivent être remplis pour qu’un projet de fondation soit accepté sous votre égide ?

Il faut que la fondation dispose d’un fondateur qui soit solide et que le projet relève de l’intérêt général, en l’occurrence quand on parle d’une fédération sportive on n’a pas trop de difficultés à s’imaginer que le fondateur est solide d’une part et que le projet relève de l’intérêt général. Mais n’importe qui, en tant que personne, peut créer une fondation sous égide.

Vous pouvez être un particulier richissime, vous pouvez être une entreprise, vous pouvez être une association, il n’y a pas de conditions sur la nature du fondateur. En revanche, il y a une condition sur la nature du projet. Il faut qu’on ait soit une visée redistributive, donc on va collecter des fonds ou en tout cas mettre de l’argent au bénéfice de projets portés par des associations tierces.

Concrètement, comment s’est structuré le lancement de la Fondation Viser Juste ?

Les choses sont quand même relativement simples à partir du moment où la Fondation Viser Juste n’a pas de personnalité morale. L’abritance fonctionne comme une pépinière d’entreprise, c’est-à-dire que la fondation abritante prête sa reconnaissance d’utilité publique et prête son SIRET à un projet de fondation plus petit. C’est ultra sécurisant pour le nouveau projet de fondation puisque si ça marche tant mieux, si ça ne marche pas, elle aura payé des droits d’abritance pour couvrir les frais comptables, mais ils ne sont pas énormes et donc ce n’est pas grave puisque la fondation abritée existe par contrat entre la Fondation du Sport Français et le fondateur, en l’occurrence la Fédération Française de Tir à l’Arc.

Quel rôle joue la Fondation du Sport Français dans le fonctionnement quotidien de cette fondation ?

Au quotidien, la fondation abrité, donc la fondation Viser Juste, son objectif c’est de se développer, de collecter des fonds et d’identifier ou de conduire des projets qui relèvent de l’intérêt général. Donc c’est vraiment collecter les fonds, développer le projet. Le rôle de la Fondation du Sport Français, c’est d’administrer le mécénat, c’est-à-dire qu’on contrôle tous les documents juridiques, les entrées, les sorties. La Fondation sous égide n’a pas du tout à se préoccuper de quand est-ce que les virements vont être faits, par exemple.

C’est tout un système qu’on gère pour faire les CERFA au mécène, contrôler les CERFA, assurer les obligations comptables, les déclarations officielles, etc. En fait, tous les aspects administratifs sont gérés par la fondation abritante.

Quelles actions mettez-vous en place pour accompagner les acteurs du sport dans le développement du mécénat ?

Ça se traduit par une formation qui a été organisée au mois de janvier et un cycle de petits déjeuners trimestriels pour mettre les acteurs en réseau et continuer à agir au plus près de leurs besoins. Donc ce n’est pas dans la mission contractuelle de la fondation, mais en revanche ça relève de sa mission morale.

Quel message souhaitez-vous adresser aux acteurs qui envisagent de s’engager dans ce type de démarche ?

Beaucoup d’acteurs, y compris des clubs sportifs professionnels, sont tentés de créer des fonds de dotation pour matérialiser leur investissement RSE et RSO. Passer sous égide, c’est une sécurité supplémentaire, car vous confiez à une fondation abritante l’administration de vos dons, c’est-à-dire la partie qui n’a aucune valeur ajoutée et vous vous concentrez sur le développement des actions ou le développement des moyens. C’est vraiment une façon d’aller beaucoup plus vite et beaucoup plus loin, de profiter des synergies possibles entre acteurs.

Selon vous, quels sont les facteurs clés de réussite pour la Fondation Viser Juste ?

La volonté du fondateur déjà, parce qu’on a une fédération qui a construit son projet et qui sait où elle va, ça fait partie des choses qui font que ça peut marcher. Il y a un vrai projet solide et moyennant de bien communiquer sur ce projet, on peut facilement embarquer derrière, d’autant que le projet se structure sur quatre axes.

Un axe qui relève de la performance, un axe qui relève de la jeunesse et de la citoyenneté, un axe qui relève de l’inclusion et un dernier qui relève du patrimoine et des cultures. Donc on voit qu’on peut vraiment attirer des entreprises ou des particuliers sur un de ces quatre axes et on couvre large au plan de la RSE. Donc bon courage à la Fondation Viser Juste, parce qu’ils ont un beau projet et on leur souhaite le meilleur.

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