Christine Custoias : « Il ne faut jamais se dire : je le ferai demain »

Crédit photo : Christine Custoias

À l’occasion de ses 50 ans, Christine Custoias lance un défi solidaire inédit au profit de la recherche contre le cancer. Du 22 au 28 juin 2026, chacun est invité à parcourir tout ou partie de la distance mythique du marathon, soit 42,195 km, afin de soutenir l’association Soleil Rose et l’Institut Gustave Roussy. Une initiative ouverte à tous, dont les informations sont disponibles sur le site de Soleil Rose et via la plateforme d’inscription HelloAsso.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de lancer ce défi solidaire autour des 42,195 km ?

Ce projet est né d’une envie très personnelle. Après tout ce que j’ai traversé, je me suis dit : quoi de plus beau que de réaliser un rêve tout en soutenant l’Institut Gustave-Roussy, où j’ai été soignée et où je suis encore suivie aujourd’hui. L’an dernier, j’ai couru le Marathon de Paris seule, face à moi-même. Les sept derniers kilomètres, je les ai courus avec mon cœur et avec ma tête. Je savais pourquoi j’étais là. J’avais également récolté 5 855 euros pour la recherche. Cette année, à l’occasion de mes 50 ans, j’ai voulu aller plus loin en lançant un défi collectif du 22 au 28 juin 2026 autour des 42,195 km, afin de mobiliser le plus grand nombre au profit de la recherche et des soins de support.

Quel message souhaitez-vous transmettre à travers cette initiative ?

Mes valeurs sont simples : le sport, la solidarité et l’entraide. Peu importe la distance parcourue. Si quelqu’un marche huit ou dix kilomètres pour soutenir la cause, c’est déjà une victoire. Tous les fonds récoltés sont reversés à la recherche ou aux soins de support que nous finançons à travers l’association. Aujourd’hui, nous accompagnons gratuitement des personnes malades grâce à différents praticiens : psychologues, réflexologues, spécialistes de la sonothérapie ou encore du Reiki. Mon objectif est de permettre à chacun de trouver une aide adaptée pendant ou après les traitements.

Comment les fonds collectés contribuent-ils concrètement à votre action ?

Ils servent d’abord à financer ces soins de support. Nous avons construit un réseau de praticiens capables d’accompagner les patients atteints de cancer. Certaines thérapies complémentaires sont particulièrement utiles pendant les traitements, mais elles restent souvent difficiles d’accès financièrement. Notre rôle est justement de les rendre accessibles gratuitement. Une partie des fonds est également reversée chaque année à l’Institut Gustave-Roussy afin de soutenir la recherche.

La dimension solidaire prime-t-elle sur la performance sportive ?

Complètement. Ce projet n’est pas une histoire de chronomètre. Je discute régulièrement avec des femmes pour qui marcher deux kilomètres représente déjà un immense défi. Et c’est très bien ainsi. Ce qui compte, c’est le dépassement de soi. Lors d’un séjour sportif à Madère avec neuf femmes, personne n’avait le même niveau. Pourtant, ce dont nous nous souvenons aujourd’hui, ce n’est pas de la performance individuelle. C’est de la solidarité, de la sororité et de l’entraide. Nous nous sommes attendues, encouragées et soutenues. C’est exactement l’esprit que je souhaite transmettre.

Le sport a-t-il toujours occupé une place importante dans votre vie ?

Oui. J’ai toujours aimé bouger, danser, pratiquer une activité physique. J’ai longtemps rêvé de courir un marathon sans jamais vraiment me donner les moyens de le faire. Puis la maladie est arrivée. Elle m’a rappelé que certaines choses ne doivent pas être remises à plus tard. C’est ce qui m’a poussée à franchir le pas. J’ai finalement terminé le Marathon de Paris en 4h53. Ce fut l’une des plus grandes fiertés de ma vie.

Comment définiriez-vous l’esprit de Soleil Rose ?

Soleil Rose, c’est avant tout un message d’espoir. Je veux montrer qu’il faut croire en ses rêves et ne jamais attendre le bon moment pour agir. Je le répète souvent : il ne faut jamais se dire « je le ferai demain », parce que demain est parfois trop tard. Depuis la maladie, je profite de chaque instant. Je dis tous les jours « je t’aime » à mes proches. J’aime profondément la vie et j’essaie de transmettre cette énergie autour de moi.

Comment allez-vous aujourd’hui ?

Ma maladie est très rare et le parcours reste compliqué. J’ai connu une rechute au niveau de la thyroïde et j’ai dû reprendre des traitements. Les effets secondaires sont parfois difficiles à gérer et il arrive que l’envie de baisser les bras apparaisse. Mais elle est toujours rattrapée par quelque chose de plus fort : ma passion, mon envie de vivre et tous les projets que je porte. Mon plus grand rêve reste le même : voir un jour un monde où le cancer ne sera plus une fatalité. Je sais que la recherche progresse. Alors, j’ai choisi d’y croire et de continuer à avancer.

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