Deux mois après une fracture au pied, Maxime Grousset est monté sur la deuxième marche du podium du 50 m papillon, mardi, aux Championnats d’Europe. Un exploit qui doit autant à la tête qu’aux jambes.
Une blessure qui aurait pu tout gâcher
Deux mois avant l’Euro, tout roulait pour Maxime Grousset. Puis, à l’entraînement, un os du pied gauche a lâché. Forfait direct pour les Championnats de France, et une sélection pour l’Euro sauvée in extremis grâce à ses résultats de la saison passée.
Le choc a été rude selon son entraîneur Michel Chrétien. « Ça a été dur une demi-journée, il s’est blessé le matin, ça a été dur l’après-midi et le lendemain, c’était fini », raconte-t-il. Les médecins lui interdisent alors tout travail des jambes pendant un mois, sans même poser le pied par terre. De quoi laisser des traces : cheville raide, mollet et quadriceps qui fondent, et aucun travail sur les départs, pourtant essentiels en sprint.
Quand la tête prend le relais du corps
Plutôt que de subir cette parenthèse, Grousset en a profité pour tester de nouvelles méthodes. « C’était sympa dans le sens où j’ai fait des choses un peu nouvelles, je n’ai pas fait les mêmes entraînements que d’habitude », explique-t-il. Il se met notamment à l’imagerie mentale, accompagné d’un professionnel. « Tout ce que je ne pouvais pas faire sur les jambes, je l’ai fait dans ma tête. » Certaines séances tournent presque à la méditation, entre exercices de respiration et visualisation de la course dans son ensemble. Le retour à l’eau confirme que le travail a payé : « Finalement, quand j’ai repris, j’ai tout de suite été bien. Je manquais un peu d’explosivité, mais au niveau de la coordination, c’était pas mal. »
À deux centièmes de l’or
Mardi 11 août, au Centre aquatique olympique de Saint-Denis, ce travail invisible prend tout son sens. Grousset a sacrifié le 100 m nage libre pour se concentrer sur son papillon, et le pari fonctionne : il reste au contact du Russe Egor Kornev jusqu’au mur, avant de s’incliner de deux petits centièmes (22″54 contre 22″52). C’est sa cinquième médaille européenne, la deuxième en individuel sur cette distance après un argent déjà obtenu en 2022, à Rome. Une constance qui confirme, un an après son sacre mondial à Singapour, que Grousset reste l’un des sprinteurs les plus réguliers du circuit international.
Sur le bord du bassin, l’émotion l’emporte largement sur la déception. « Je suis ému car tout le monde était là pour moi, je suis vraiment heureux d’avoir décroché cette médaille. Il fallait aller la chercher, il y avait de l’intensité. Je n’ai rien à regretter, je suis très content de ce que j’ai fait », confie-t-il.
