À quelques jours du championnat de France qui se tiendra le 9 mai à Cherbourg, la boxeuse Adélaïde Mary se confie sur sa préparation intense, son retour sur le ring après une période difficile et la motivation particulière qui l’anime : honorer la mémoire de son ancien entraîneur, Philippe Coutelas.
Comment vous êtes-vous préparée pour le championnat de France du 9 mai ?
Je me suis préparée surtout mentalement et physiquement. J’ai suivi des entraînements intenses avec mon coach, matin et soir.
C’est votre premier combat depuis le mois de novembre. Comment se passe une si longue période entre deux combats, surtout pour rebondir après cette défaite ? Est-ce que cela demande beaucoup de travail mental ?
Oui, c’est sûr qu’une défaite porte un coup au moral. Mais lorsqu’on est prête mentalement à remonter sur le ring, tout suit naturellement par la suite. Ce championnat de France représente énormément pour moi. Avec la préparation que j’ai eue et tout le travail mené jusqu’ici, je veux concrétiser mes efforts.
Quelle leçon avez-vous retenue de cette défaite pour être prête pour ce championnat ?
Peu importe les obstacles ou les difficultés rencontrées, il faut croire en son objectif. Quand on travaille dur, tout devient possible.
Vous allez affronter Isis Logerie. Est-ce une boxeuse que vous connaissez ou que vous avez déjà vue combattre ?
Non, je ne la connais pas. Je sais juste qu’elle est longiligne comme moi. Je pense que cela va être un très beau combat.
Le fait de ne pas chercher à analyser ses combats signifie-t-il que vous vous concentrez avant tout sur votre propre boxe ?
C’est exactement ça. Je me concentre vraiment sur ma boxe. Je n’ai jamais cherché à étudier mes adversaires ; je demande juste si c’est une gauchère ou une droitière, et je m’adapte une fois sur le ring. Le travail est fait en amont avec mon coach ; il maîtrise son sujet, je n’ai qu’à l’écouter.
À quel point votre coach est-il important pendant le combat ? Êtes-vous très à l’écoute de ses consignes ou restez-vous dans votre bulle ?
Il faut être à l’écoute, car il a un regard extérieur. Quand nous sommes sur le ring, nous sommes focalisés sur le combat et nous ne voyons pas tout ; lui, il repère les failles. Il faut avoir une confiance immense en son coach pour avancer et progresser.
Si vous décrochez ce titre de championne de France, qu’est-ce que cela débloquera pour vous ? Quelle serait la suite ?
En cas de victoire, cela me remotivera pour aller encore plus loin. Ce serait une immense satisfaction, l’aboutissement de tous les efforts et sacrifices consentis. Mais au-delà du sport, ce titre a une signification très personnelle : il s’agit de tenir une promesse faite à un grand monsieur, Philippe Coutelas. C’était un entraîneur de full contact, et je lui ai promis avant son décès de devenir championne. Ramener cette ceinture serait un immense soulagement.
Est-il facile de ne pas se laisser submerger par ces émotions pendant le combat ? Arrivez-vous à rester focalisée sur votre boxe ?
Les émotions peuvent être présentes, mais il ne faut pas qu’elles prennent le dessus sur le ring. Il faut rester concentrée sur l’adversaire, sur le combat, sur le travail accompli, et aborder le match sereinement.
