Boxe : Angelo Parentaud, du gamin harcelé au trône des poids lourds

Boxe : Angelo Parentaud, du gamin harcelé au trône des poids lourds

Crédit photo : Fédération Française de Boxe

Champion de France 2026 chez les +90kg, Angelo Parentaud est devenu le champion de France de boxe le plus jeune depuis 50 ans chez les lourds. À 18 ans seulement, il a tout pour s’imposer parmi les futurs visages de la boxe tricolore.

Lorsqu’Angelo Parentaud est monté sur le ring de l’Espace Encan à La Rochelle le samedi 24 janvier, il n’est pas seulement face à Samuel Donald Nembot. Il fait face à son passé. Celui d’un enfant en obésité morbide, autrefois cible de railleries et de coups dans la cour d’école. Celui qui était traité de « petit gros » n’était pas en mesure de poursuivre ceux qui l’insultaient. Aujourd’hui, c’est lui que l’on ne parvient plus à rattraper.

Le record d’un demi-siècle

En s’imposant par décision partagée (4-1), le prodige du Royan Océan Club (ROC) Boxe a dépoussiéré les livres d’histoire. Il devient le plus jeune champion de France des poids lourds depuis 50 ans, succédant dans la légende à un certain Dominique Nato, sacré en 1976 et aujourd’hui président de la Fédération Française de Boxe.

Sur le ring, Parentaud est un paradoxe vivant. Pour un colosse de plus de 90 kg, sa mobilité est déconcertante. Là où d’autres cherchent le KO sur un coup unique, lui danse, esquive et pique avec un bras arrière d’une précision chirurgicale. Malik Bouziane, l’entraîneur national, ne s’y trompe pas : « Il est à la fois prometteur et très perfectible. On n’est qu’au début du chemin. »

La boxe comme bouclier

Pour Angelo Parentaud, les 21 heures d’entraînement hebdomadaires ne sont pas une contrainte, mais une dette envers un sport qui l’a « sauvé ». Addict aux jeux vidéo et à la malbouffe il y a encore quelques années, il a trouvé dans la salle de boxe de Royan une famille et une discipline de fer. Son bac STMG en poche, il a choisi de tout miser sur ses gants.

La suite ? Les Championnats d’Europe U23 2026. Un premier test international pour réduire le fossé avec l’élite mondiale avant, peut-être, de rêver aux sommets olympiques de 2028. Angelo Parentaud ne court plus après ses harceleurs ; il court après l’histoire. Et pour l’instant, personne ne semble pouvoir l’arrêter.

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