Bowling : la France est-elle sur le toit du monde ?

Crédit photo : Fédération Française de Bowling et de Sport de Quilles

À l’approche de la Coupe du Monde IBF 2026, qui se tiendra du 11 au 21 octobre au Max Munich Bowling de Brunnthal en Allemagne, une question se pose : la France s’impose-t-elle désormais comme la référence mondiale du bowling ?

Pour comprendre la dynamique actuelle, il faut remonter à décembre 2025. Lors des Championnats du Monde à Hong Kong, l’équipe de France masculine a décroché le tout premier titre mondial par équipes de son histoire. Un séisme dans une discipline longtemps dominée par des géants comme les États-Unis, la Suède, Singapour ou l’Australie.

Cette victoire n’était pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’une progression régulière impulsée par la Fédération Française de Bowling et de Sport de Quilles (FFBSQ). Avec un bilan impressionnant lors des Championnats d’Europe 2025 à Aalborg où les Français ont décroché huit médailles, sans oublier une moisson dorée aux Championnats Méditerranéens, les Bleus ont prouvé qu’ils maîtrisaient l’art subtil du huilage des pistes et de la régularité sur la durée.

Coupe du Monde IBF 2026 : l’heure de la confirmation à Munich

Munich rassemble 296 athlètes venus de 48 nations pour se disputer quatre titres mondiaux à travers deux épreuves majeures, à savoir les individuels puis le tableau par équipes. Pour ce rendez-vous capital, le staff tricolore emmené par Isabelle et François Sacco a fait le choix de la continuité masculine et du renouveau féminin.

Chez les hommes, l’équipe de France s’appuie sur le quatuor d’exception qui est monté sur la plus haute marche du podium mondial en 2025. Mike Bartaire, sociétaire de l’USC DCL Dammarie-les-Lys, apporte toute son expérience du haut niveau aux côtés de Grégory Rius, vice-champion de France 2026 et collectionneur de médailles internationales sous les couleurs du Skittle Club Franche-Comté. Ce dernier fait équipe avec son coéquipier de club Valentin Saulnier, triple vice-champion d’Europe et véritable pilier de la sélection du haut de ses dix sélections nationales. La formation est complétée par Loïck Coolen, jeune talent du club d’Eagles Wittelsheim, qui continue d’enchaîner les performances majeures sur le circuit.

La jeunesse conquérante chez les dames

Du côté féminin, la sélection nationale fait la part belle à l’audace et à la relève tricolore. La jeune Manon Clément, représentante du BSC Léopards Grand-Quevilly et championne d’Europe Jeunes en Masters 2026, découvre la Coupe du Monde à seulement 16 ans avec une insouciance salvatrice. Elle évolue aux côtés d’Emma Friant du BC Rambouillet, vice-championne du Monde U21 en 2022 et récente finaliste de la prestigieuse compétition américaine des USBC Queens 2026. L’effectif est renforcé par deux joueuses du BCO Courbevoie : Héloïse Courtin, qui fête sa toute première sélection après une saison nationale très solide, et Célia Jeanne-Delafosse, forte de son expérience et de ses nombreuses médailles obtenues sur la scène méditerranéenne.

La France, puissance pérenne du bowling mondial ?

En s’appuyant sur un solide réseau de 650 clubs et plus de 18 000 licenciés, la FFBSQ a su structurer sa filière pour accompagner l’éclosion de talents précoces et ambitieux. Cette Coupe du Monde 2026 à Munich ne représente pas seulement un objectif prestigieux en soi, elle sert également de test grandeur nature avant les prochains Championnats du Monde prévus en 2027.

Si les Américains et les grandes nations asiatiques conservent une armée de joueurs professionnels redoutables, la France dispose désormais de ce qui lui manquait par le passé, à savoir la culture de la gagne et l’habitude des grands rendez-vous. En cas de confirmation sur les pistes allemandes, il ne s’agira plus d’une surprise éphémère, mais bien du signe que la France s’est installée durablement parmi les plus grandes nations de la discipline.

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