Axel Temperton : « Le train ne passe pas à la même heure pour tout le monde »

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De la Régional 1 au National, Axel Temperton a gravi les échelons jusqu’à décrocher, à 28 ans, son premier contrat professionnel avec le Paris 13 Atletico. Après une saison remarquée sous les couleurs du FC Rouen, marquée notamment par un beau parcours en Coupe de France, le gardien revient sur un itinéraire construit avec patience, exigence et caractère.

À 28 ans, signer ton premier contrat professionnel, c’est un moment que tu as longtemps imaginé… mais que tu pensais encore possible ?
Oui, c’est un moment que j’ai longtemps imaginé et espéré, mais surtout un objectif auquel j’ai toujours cru. J’ai travaillé dur et consenti de nombreux sacrifices pour y parvenir. Même dans les divisions inférieures, j’ai toujours abordé mon métier avec le professionnalisme d’un joueur de haut niveau.

Ton parcours n’est pas celui d’un joueur qui explose très jeune. Qu’est-ce qui t’a permis de continuer à croire en ta chance pendant toutes ces années ?
Le train ne passe pas à la même heure pour tout le monde, mais ce n’est pas une raison pour renoncer. Les circonstances ne sont pas toujours favorables au même moment pour chacun. J’ai toujours eu la conviction d’avoir les qualités et le caractère pour évoluer au plus haut niveau. Le travail, l’abnégation, la persévérance et la confiance en soi ont toujours guidé mon parcours.

As-tu douté à un moment de ta carrière ?
Je n’ai jamais vraiment douté, mais j’ai connu une période compliquée quand j’évoluais à l’US Quevilly en U17 Nationaux et U19 Nationaux. Je ne jouais presque pas, et ce n’était pas forcément justifié. C’était très frustrant et difficile à accepter.

À quel point ?
J’étais jeune, donc je ne l’ai pas forcément géré de la meilleure façon, mais j’ai pris une décision forte lors de ma dernière saison en U19 Nationaux. En début de saison, j’avais une opportunité dans un autre club pour être titulaire, mais à Quevilly on m’a assuré que je le serais. Au bout de cinq matchs, ça n’a pas été le cas. J’ai alors décidé de ne plus faire partie du groupe le week-end et de me contenter des entraînements.
Peu de temps après, le gardien prend un carton rouge et ils avaient besoin de moi pour jouer, mais je suis resté ferme sur ma décision.

Qu’est-ce que ces années dans les divisions inférieures t’ont apporté que tu n’aurais peut-être pas appris en signant professionnel plus tôt ?
J’ai eu la chance d’être titulaire dès mes débuts chez les seniors, à 18 ans, ce qui m’a permis d’acquérir beaucoup d’expérience. Dans ces divisions, les conditions ne sont pas toujours optimales pour performer, donc ça m’a poussé à développer une vraie exigence personnelle et une éthique de travail solide, qui me servent encore aujourd’hui.

Quel modèle de gardien de but t’a donné envie de devenir aussi ce dernier rempart ?
Je suis devenu gardien grâce à Grégory Coupet. Je supportais l’Olympique Lyonnais et j’étais admiratif de lui. Mon premier maillot était un maillot de Lyon floqué Coupet. J’ai pris ma première licence à 6 ans au FC Rouen et j’ai tout de suite joué à ce poste.

Quand le Paris 13 Atletico te propose ce contrat, qu’as-tu ressenti en premier : de la fierté, du soulagement ou le sentiment d’avoir rattrapé le temps ?
Il y a forcément de la fierté. Mais je vois surtout cette signature comme la continuité du travail accompli au quotidien depuis plusieurs années.

Aujourd’hui, as-tu l’impression d’avoir franchi un cap ou te considères-tu toujours comme un joueur qui doit prouver ?
Je pense avoir franchi un cap depuis ma signature au FC Rouen. Mais il me reste encore beaucoup de chemin. La saison dernière était ma première en National, celle qui arrive sera une saison de confirmation. Je suis ambitieux, j’ai envie de continuer à progresser et d’atteindre le plus haut niveau possible.

Quel message adresserais-tu à un jeune gardien qui doute parce qu’il n’a pas encore été repéré ?
Je lui dirais que chacun avance à son rythme. L’essentiel, c’est de continuer à travailler, de croire en ses qualités et de prendre du plaisir. Les opportunités finissent toujours par arriver pour ceux qui sont prêts à les saisir.

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