Aurélien Broussart-Derval : « La récupération se construit aussi dans la vie quotidienne »

Crédit photo : Aurélien Broussart-Derval

L’entraînement ne se résume pas à accumuler les kilomètres. Pour Aurélien Broussart-Derval, la progression passe aussi par une meilleure gestion de la récupération et de la charge globale. Le préparateur physique explique pourquoi le stress du quotidien peut autant compter que les séances elles-mêmes.

La récupération est devenue un sujet majeur dans le sport. Que faut-il réellement privilégier ?

La meilleure récupération commence par un entraînement mieux construit. Beaucoup pensent qu’il faut espacer les séances au maximum pour récupérer davantage. Mais la capacité à récupérer se développe aussi avec l’entraînement. Plus on s’entraîne intelligemment, plus on apprend à encaisser une charge. Il faut évidemment trouver un équilibre entre fréquence, intensité et volume. Une sortie légère peut parfois être plus utile qu’une séance trop ambitieuse.

Comment éviter de dépasser ses capacités de récupération ?

Il faut regarder la charge globale. Beaucoup de sportifs analysent uniquement la fatigue après une séance ou leur fréquence cardiaque pendant l’effort. Ce sont des indicateurs intéressants, mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire. La charge mentale, le stress professionnel, la vie familiale ou les contraintes quotidiennes jouent aussi un rôle. Le risque vient souvent de l’accumulation de toutes ces contraintes, plus que de la course seule.

Quels signes doivent alerter un coureur ?

Il faut apprendre à suivre son état général. Si plusieurs indicateurs se dégradent pendant plusieurs jours : fatigue, motivation, sensation d’effort, qualité du sommeil, cela peut être un signal qu’il faut ajuster. Mais ajuster ne veut pas forcément dire arrêter de courir. Parfois, il faut simplement réduire une autre source de fatigue : prendre du repos, déléguer certaines tâches, diminuer la pression extérieure. Le sport peut aussi être un élément qui aide à maintenir un équilibre.

Le surentraînement est-il vraiment un risque fréquent chez les coureurs amateurs ?

Le surentraînement est souvent confondu avec le surmenage. Le véritable surentraînement concerne surtout des athlètes soumis à des charges très élevées. Chez les coureurs amateurs, le problème vient davantage du cumul entre entraînement, travail, famille et stress. Beaucoup de pratiquants ont une forte charge mentale et des responsabilités importantes. Ils peuvent donc atteindre leurs limites non pas parce qu’ils courent trop, mais parce que leur organisme doit gérer trop de contraintes en même temps. Il faut donc apprendre à gérer l’ensemble de sa vie, pas uniquement son programme sportif.

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