Après les crampons, la raquette : pourquoi les anciens footballeurs craquent pour le padel ?

Icon Sport

Ils ont connu les grands stades, la pression du haut niveau et les émotions des matchs professionnels. Aujourd’hui, de plus en plus d’anciens footballeurs trouvent une nouvelle source de compétition dans un autre sport : le padel. Plus accessible, plus convivial et basé sur le jeu collectif, il leur permet de prolonger leur passion du sport tout en retrouvant des sensations familières. Eric Bauthéac, ancien joueur professionnel, fait partie de ceux qui ont rapidement adopté cette nouvelle discipline.

Troquer les crampons pour une raquette de padel. Après avoir arrêté sa carrière, l’ancien attaquant (passé par l’As Cannes et le LOSC en France) a cherché un nouveau défi sportif. « Quand j’ai arrêté ma carrière, j’ai voulu essayer ce sport comme beaucoup d’entre nous. Et dès le premier match, j’ai de suite accroché, j’ai vraiment adoré », raconte-t-il.

La transition n’a pourtant rien d’évident. Après des années consacrées au football professionnel, retrouver un objectif sportif devient un besoin. « J’avais besoin de compétition, j’avais besoin de trouver quelque chose à me raccrocher pour me faire un peu oublier le foot. Même si ce n’est pas évident d’oublier le foot quand tu raccroches les crampons. J’ai retrouvé ça dans le padel. »

Dans cette nouvelle pratique, Eric Bauthéac retrouve une partie de ce qui faisait son quotidien sur les terrains de football. « Tu joues à deux contre deux, avec un partenaire. Tu n’es pas seul sur le terrain. C’est un sport collectif aussi. Donc ça m’a tout de suite plu. »

Des repères familiers après une carrière professionnelle

Le succès du padel auprès des anciens footballeurs ne doit rien au hasard. Dans un espace plus réduit qu’un terrain de football, les déplacements sont différents, mais certaines qualités restent essentielles : explosivité, anticipation et lecture du jeu.

« Par rapport au foot, il y a moins de longues distances à parcourir. C’est beaucoup de petits appuis en avant, en arrière, latéralement », explique Bauthéac.

La discipline demande aussi une capacité d’adaptation. Les murs, qui font partie intégrante du jeu, changent les repères habituels. La balle peut revenir après un rebond et oblige les joueurs à anticiper davantage.

Pour l’ancien joueur professionnel, son expérience dans le football lui a permis de progresser rapidement. « La coordination, l’anticipation, la vision du jeu, tout ça, ça a été notre vie depuis tout petit. Je retrouve ça dans le padel. C’est grâce à ça que j’ai vite passé les étapes pour atteindre un bon niveau. »

Retrouver l’intensité sans les contraintes du football

Au-delà des aspects techniques, le padel séduit aussi par les émotions qu’il procure. La sensation de gagner un point, de réussir un échange ou de remporter un match rappelle les moments vécus dans le football. « Quand tu marques un joli point ou quand tu gagnes un match, c’est comparable à un match de foot », estime-t-il.

Le sport offre également un autre rapport au corps. Après des carrières parfois marquées par les blessures, certains anciens joueurs apprécient une pratique sans contact direct et avec moins de courses longues que le football. « Quand tu joues à un bon niveau, à la fin d’un match de padel, tu es vraiment très fatigué. Quand tu fais des tournois le week-end, tu rentres chez toi complètement lessivé. »

Le plaisir reste toutefois différent de celui ressenti dans un stade. « Quand tu joues au foot, tu as 50, 60, 80 000 personnes, tu as beaucoup plus de pression. Moi, quand je joue au padel, je n’en ressens aucune. C’est que du plaisir. »

Un phénomène qui dépasse le simple loisir

Le cas d’Eric Bauthéac illustre une tendance plus large. De nombreux anciens joueurs professionnels se tournent aujourd’hui vers le padel, attirés par son mélange de compétition et de convivialité. Le phénomène s’observe aussi à l’étranger. À Chypre, où il vit actuellement, Bauthéac a vu la discipline se développer rapidement. « Il y a trois ans, il y avait seulement un petit club avec deux terrains. Aujourd’hui, rien qu’à Larnaca, là où j’habite, on est douze clubs. »

En France aussi, la croissance du padel confirme cet engouement. Le World Padel Report 2025 recense plus de 35 millions de pratiquants amateurs dans le monde. En France, le nombre de joueurs et de licenciés a fortement progressé ces dernières années, preuve que la discipline est devenue bien plus qu’un simple effet de mode.

Le sport d’après-carrière

Pour les anciens professionnels, le padel représente une nouvelle manière de rester compétiteur. Il permet de conserver l’envie de gagner, de retrouver un collectif et de continuer à vivre les émotions du sport. Le monde professionnel les a quittés, mais le padel leur offre une nouvelle scène. Il ne remplace pas une carrière, il en prolonge les émotions.

Quitter la version mobile