À Paris, l’Arabie saoudite mise sur l’e-sport pour redorer son image

Emmanuel Macron avec le Prince saoudien Mohammed Ben Salman - Photo by Icon Sport

Dimanche soir, au Grand Palais, l’Esports World Cup a rendu son verdict pour cette édition 2026. Mais c’est surtout la présence du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane aux côtés d’Emmanuel Macron qui résume l’enjeu réel de la soirée : faire du jeu vidéo un nouvel outil de rayonnement pour le royaume.

All Gamers crée la surprise

Sur le terrain, les Chinois d’All Gamers ont douché les espoirs des Saoudiens de Team Falcons, doubles tenants du titre, en s’emparant du classement général des clubs. Vitality complète le podium français, comme l’an dernier. Le sacre s’est joué sur Trackmania, où le Français Gwendal « Gwen » Duparc a offert le titre à son équipe, et empoché au passage sept millions de dollars. Sur Counter-Strike 2, l’épreuve la plus attendue de la soirée, ce sont les Russes de Team Spirit qui l’ont emporté face à FUT Esports (3-1), après avoir écarté Vitality en quart de finale.

Un événement qui n’aurait jamais dû quitter Riyad

Cette troisième édition n’aurait dû se dérouler qu’en Arabie saoudite, comme les deux précédentes. Mais la guerre au Proche-Orient a contraint les organisateurs à délocaliser, une décision annoncée dès mai. L’édition 2027 devrait, elle, retrouver Riyad. En attendant, la cérémonie de clôture parisienne a réuni un parterre de personnalités : Cristiano Ronaldo, ambassadeur de l’événement, les stars de Counter-Strike ZywOo et Niko, ou encore le champion d’échecs Magnus Carlsen.

Le jeu vidéo, nouvelle priorité saoudienne

Pour MBS, ce déplacement dépasse largement le simple soutien à une compétition. Depuis 2022, Riyad a fait du gaming l’un des piliers de son plan « Vision 2030 », avec un objectif chiffré : 250 entreprises, 39 000 emplois et 13,3 milliards de dollars injectés dans l’économie du royaume d’ici la fin de la décennie. Le fonds souverain saoudien vient d’ailleurs de franchir une étape symbolique en participant, via un consortium, au rachat d’Electronic Arts pour 55 milliards de dollars, mettant la main sur certaines des plus grosses franchises de jeux sportifs au monde.

Soigner une image contestée

Derrière la stratégie, un objectif assumé : changer le regard porté sur le pays, en particulier chez les jeunes générations, dans un royaume régulièrement pointé du doigt pour ses restrictions à la liberté d’expression et ses atteintes aux droits humains. La visite de MBS à Paris ne se limite d’ailleurs pas au jeu vidéo, avec un possible parc d’attractions « Dragon Ball » qui pourrait voir le jour à Cergy, sur l’ancien site de Mirapolis.

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