Du côté de Bormes-les-Mimosas, le sport n’est pas qu’une activité de loisir, mais un véritable pilier de la politique municipale. Cette ambition porte un nom : le label « Ville Active et Sportive ».
Détenu par la commune depuis 2021, ce précieux sésame, symbolisé par des « lauriers », vient récompenser les efforts constants de la ville pour offrir à ses habitants et visiteurs un cadre de pratique d’excellence. Carole Gobbi, responsable du service Asso-Even-Sports à la mairie de Bormes-les-Mimosas, nous dévoile les coulisses et les enjeux de cette distinction qui fait de la cité mimosane une référence du dynamisme sportif varois.
Un label exigeant au service des citoyens
Géré par l’Association Nationale des Élus en charge du Sport (ANDES), le label « Ville Active et Sportive » n’est pas une simple formalité administrative. C’est un audit complet de la stratégie d’une commune. Pour Carole Gobbi, l’adhésion à ce réseau en 2021 marquait une volonté claire de structurer l’offre locale autour de quatre piliers majeurs : la vision politique à long terme, le patrimoine des infrastructures, l’offre d’activités (notamment le sport-santé) et le soutien indéfectible au tissu associatif.
« Ce label est décerné pour trois ans. Nous devons remettre notre titre en jeu en constituant un nouveau dossier complet. Via une plateforme dédiée, nous documentons et justifions l’ensemble de nos politiques sportives pour prouver la pérennité de notre engagement, C’est-à-dire qu’à chaque fois on repart de zéro.», explique Carole Gobbi. Actuellement, Bormes-les-Mimosas arbore fièrement deux lauriers. Dans le jargon du label, cela signifie que la ville dispose d’une politique sportive structurée et d’une offre d’activités diversifiée. Mais la commune ne compte pas s’arrêter là. L’objectif est déjà fixé pour le renouvellement de 2027 : décrocher le troisième laurier, signe d’une offre complète et innovante.
Relever les défis : l’exemple du « Savoir Nager »
Le chemin vers l’excellence sportive comporte parfois des obstacles géographiques. Lors de la dernière évaluation, le jury avait pointé un manque de structuration concernant l’apprentissage de la natation scolaire, une problématique complexe pour une ville sans piscine municipale couverte.
Loin de se décourager, la municipalité a fait preuve d’agilité en nouant un partenariat stratégique avec la ville voisine. « Nous avons passé une convention avec leur service des sports pour que nos écoles puissent bénéficier des cours de natation. C’était certainement l’un des points qui avait manqué pour arriver au troisième laurier », confie Carole Gobbi.
Cet ajustement démontre que le label agit comme un véritable outil de pilotage, poussant les services municipaux à l’innovation sociale et à la coopération intercommunale.
Une vitrine pour les clubs et le territoire
Au-delà de la reconnaissance institutionnelle, le label est un hommage au dynamisme des forces vives borméennes. Avec plus de 3 800 adhérents répartis dans une cinquantaine de clubs sportifs, le tissu associatif est le poumon de la ville.
Carole Gobbi souligne que cette distinction est une fierté partagée. « C’est une distinction pas uniquement pour les équipes municipales, mais également pour tout le tissu associatif. C’est une récompense pour la commune et pour les clubs. Et puis c’est une vitrine : quand les gens voient que la ville est ‘Ville Active et Sportive’ avec deux lauriers, ils savent qu’il y a des infrastructures et une politique dynamique. »
Le sport devient ainsi un argument de promotion territoriale, attirant tant les familles qui s’installent que les touristes sportifs en quête d’équipements de qualité.
L’héritage de Pierre Quinon et l’innovation événementielle
L’ADN sportif de Bormes-les-Mimosas est indissociable de grandes figures, à commencer par le regretté Pierre Quinon, champion olympique de saut à la perche en 1984. C’est sous son impulsion qu’est né, il y a plus de vingt ans, l’événement phare de la commune : Sports en Lumière.
Chaque premier week-end de juin, le bord de mer se transforme en un immense terrain de jeu avec une quarantaine d’ateliers gratuits pour les mineurs. Du biathlon au paddle en passant par le tir à l’arc, l’esprit olympique de Pierre Quinon perdure, parrainé chaque année par de grands champions.
Mais la ville sait aussi se renouveler pour répondre aux enjeux de santé publique, comme la lutte contre la sédentarité. « Le sport est vecteur d’union, vecteur d’ouverture d’esprit. Ça a toujours été quelque chose que la municipalité a souhaité mettre en avant », rappelle Carole Gobbi.
De nouveaux concepts ont ainsi vu le jour : le Village des sports ludiques pour déconnecter les jeunes de leurs écrans grâce à des disciplines insolites (tchoukball, bouncing ball) en partenariat avec l’UFOLEP (L’Union Française des Oeuvres Laïques d’Education Physique). Le T24, un défi d’endurance original, mais aussi le sport en entreprise, avec des matinées sportives dédiées aux agents municipaux pour montrer l’exemple.
S’adapter aux nouvelles pratiques : le sport en accès libre
Le consommateur de sport en 2026 ne veut plus seulement des créneaux fixes en club ; il aspire à la liberté. Bormes-les-Mimosas l’a bien compris et adapte son urbanisme en conséquence. L’aménagement de parcours santé, d’un city-stade et dernièrement la mise en place d’un Terrain de Vhole ball sur la plage de la Favière témoignent de cette mutation.
L’avenir proche s’annonce encore plus technologique avec le projet de casiers connectés. L’idée ? Permettre l’accès à du matériel sportif (slacklines, raquettes, molkky ) via un simple code sur smartphone pour une pratique spontanée sur la plage. « La ville s’adapte aux nouvelles façons de ‘consommer’ le sport », conclut Carole Gobbi avec enthousiasme.
