Maxime Montaggioni : « Décrocher l’or, le but ultime »

Snowboarder handisport, Maxime Montaggioni est déjà assuré de participer aux Jeux paralympiques d’hiver, qui se dérouleront au mois de mars prochain, à PyeongChang, en Corée du Sud. Entretien avec l’athlète niçois de 28 ans.

 

Maxime Montaggioni, vous avez commencé par pratiquer le taekwondo…

J’ai découvert ce sport par hasard, vers l’âge de 8 ans, à la télévision. Je me suis renseigné pour pouvoir le pratiquer. Malgré mon handicap, cela ne posait pas de problème. J’en ai fait pendant 12 ans, jusqu’à atteindre le plus haut niveau possible en handisport. J’ai intégré l’équipe de France pour aller disputer les championnats du monde en 2013, à Lausanne. J’ai terminé à la troisième place. Il s’agissait de ma meilleure performance. Pourtant, la fédération m’a mis de côté et ne m’a plus recontacté. Je n’ai jamais compris pourquoi…

Quand et comment avez-vous débuté le snowboard ?

Le snowboard a toujours été une passion. Je le pratiquais « en mode » loisir. Le week-end, j’allais en faire dans les stations du Mercantour, surtout à Isola. Un jour, je me suis retrouvé sur un salon pour essayer du matériel. Un commercial s’est rendu compte qu’il me manquait une main. À l’époque, il était également entraîneur de l’équipe de France. Il m’a proposé de participer à un stage à Serre Chevalier. J’étais étudiant, je n’avais guère les moyens et j’ai dû décliner l’invitation. L’année suivante, il m’a présenté Patrice Barattero, un snowboarder handisport. Quelque temps plus tard, celui-ci m’a appelé en me disant qu’il comptait arrêter la compétition et m’a proposé de me passer le témoin. C’était en 2014. Je me suis alors inscrit dans un club qui m’a donné des moyens. J’ai participé à une Coupe d’Europe et à une Coupe du monde. L’année suivante, je suis monté sur mon premier podium en Coupe du monde, ce qui m’a ouvert les portes de l’équipe de France.

Au mois de février dernier, vous avez été sacré champion du monde au Canada. Que représente ce titre pour vous ?

Pour m’améliorer dans mon sport, j’avais dû consentir à de nombreux sacrifices. Ce qui n’était pas toujours évident vis-à-vis de mon entourage. C’est une véritable récompense ; cela prouve que je n’ai pas fait tout ça pour rien. Sur le moment, j’ai vraiment éprouvé une sensation de soulagement. J’étais apaisé… C’était génial !

Comment avez-vous réagi, lorsque vous avez appris, au mois de septembre dernier, que vous étiez sélectionné pour PyeongChang ?

Je pensais qu’il fallait attendre le mois de janvier pour avoir une liste définitive. Un journaliste m’a contacté pour me féliciter. Au départ, je ne me comprenais pas. La fédération ne m’avait pas prévenu. J’ai vérifié l’information : il s’agissait d’un communiqué de presse. J’ai ressenti un grand soulagement, comme un poids en moins à porter.

Comment se passe votre préparation pour les Jeux paralympiques ?

Déjà, j’ai mis mon travail en stand-by, je suis détaché à 100 % pour le sport. Donc, je n’ai plus besoin de négocier des congés. Je suis entouré de professionnels, notamment un préparateur physique et un préparateur mental. J’essaie de mettre tout en œuvre pour réussir. Je dispose même d’un coach personnel à Isola 2000. Je suis parti en Finlande le 24 novembre dernier pour participer à deux Coupes du monde au début du mois de décembre.

Quel sera votre objectif à PyeongChang ?

Assurer des médailles dans mes deux disciplines, le snowboardcross et le banked slalom. Mais je compte bien réitérer l’exploit des derniers championnats du monde, en montant sur la plus haute marche du podium. Décrocher l’or constitue le but ultime. Mais le niveau est élevé dans ma catégorie. Aujourd’hui, si vous me dites que je repartirai de PyeongChang avec 2 médailles de bronze, je signe tout de suite ! (rires)

Plus les jours passent, plus la pression monte. Comment la gérez-vous ?

Je ne suis pas considéré comme faisant partie des favoris. Récemment, je suis tombé sur un article sur les « hommes à suivre » et je ne figurais pas dans la liste (rires). La place de challenger me convient bien. Je travaille, j’ai encore beaucoup de choses à corriger. Je préfère me concentrer sur moi-même plutôt qu’on me mette la pression. Après, le jour du départ de la course, il est certain que je ressentirai un certain stress.

Sur le plan financier, par qui êtes-vous soutenu ?

Le département des Alpes-Maritimes est mon principal soutien. Sinon, j’ai un contrat civil avec l’armée. Le ministère de la Défense m’assure un salaire minimum pour vivre.

Que faites-vous en parallèle avec le sport de haut niveau ?

Après l’obtention d’un master de communication, j’ai travaillé dans une agence de publicité comme chef de projet. Cela me plaisait beaucoup. Ensuite, je suis devenu chargé de communication. Et, depuis le 1er novembre dernier, je suis sportif de haut niveau à plein temps. Tant que je disposerai de ce statut, je bénéficierai de différentes aides sur le plan financier. Mais il me faudra performer pour le conserver le plus longtemps possible.

Arnaud Lapointe

 

Crédit photo : Grégory PICOUT
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