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Jade Vergnes : « Le rugby pour lutter contre les stéréotypes »

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L’association Passe au Large et l’Association sportive de Sciences Po organisent un tournoi de rugby à 7 universitaire le samedi 13 avril, avec l’objectif de récolter des fonds pour faire venir une sélection de rugbywomen de Bogotá en France et en Belgique. Jade Vergnes, étudiante actuellement en échange universitaire en Colombie, détaille ce projet.

 

Quel est l’objectif du tournoi SP’7s qui se déroulera le 13 avril prochain à Vincennes ?

Cette compétition, organisée par l’Association sportive de Sciences Po, est le premier tournoi de rugby à 7 universitaire dont l’objectif est caritatif et inclusif. Pour cette première édition, les fonds récoltés seront reversés à Passe au Large, une association fondée par des étudiantes, qui promeut le rugby féminin en Amérique latine. Le but de ce tournoi est de réunir différentes équipes universitaires de rugby tout en assurant une mise en valeur égale entre les filles et les garçons et d’inviter des personnalités du rugby. La diversité sera mise en avant au travers d’une rencontre d’équipes très différentes : STAPS, universités, grandes écoles, équipes universitaires folkloriques. À l’AS, il nous a semblé que trop peu de temps était accordé au rassemblement, à la discussion et à la mise en valeur de ces équipes, tout particulièrement en ce qui concerne le championnat féminin.

Dans quel but l’association Passe au Large a-t-elle été créée ?

Passe au Large est née en 2017 en Argentine avec l’objectif de faire la promotion du rugby féminin en Amérique latine. Lors de sa deuxième année d’existence, l’association s’est implantée en Colombie. Le rugby féminin connait une croissance exponentielle en France et en Amérique du Sud. Malheureusement, les barrières de la pratique du sport sont nombreuses : comités directionnels des clubs souvent exclusivement masculins, appuis financiers et logistiques des équipes féminines insuffisants, sans compter les remarques sexistes quotidiennes. L’objectif du projet est avant tout de communiquer sur l’importance du sport dans la vie des femmes, la façon dont le rugby peut changer leur quotidien, leur apporter de la confiance et l’acceptation de leur corps.
 

> Retrouvez notre édition consacrée à la région Ile-de-France

 

Quel est votre grand projet en cours ?

L’idée est de faire venir une sélection de 16 joueuses de Bogotá, dont certaines sont issues de quartiers défavorisés, pour jouer des tournois et des rencontres amicales en France et en Belgique en juin prochain. Durant toute l’année, nous menons des actions sociales, dont des initiations au rugby pour les jeunes filles, dans les quartiers populaires de la capitale colombienne. Là-bas, ce sport permet aux enfants d’échapper à la violence de leur environnement et à la délinquance.

Pourquoi avoir choisi l’Amérique du Sud ?

Cette belle histoire est née d’un échange universitaire en Argentine. L’année dernière, Marion et Blanche, deux ennemies jurées sur les terrains en France, ont défendu ensemble les couleurs du Centro Naval à Buenos Aires. Elles ont ensuite fondé Passe au Large. Cette année, nous sommes deux nouvelles porteuses du projet en Colombie, car nous avons vu en France les bénéfices incroyables du rugby dans la vie des femmes. Or, l’Amérique du Sud est encore très marquée par des mentalités machistes. La meilleure façon de les faire changer est de montrer qu’une femme peut faire tout ce que fait un homme. Et on n’a pas trouvé de meilleure arme que le ballon ovale pour lutter contre les stéréotypes.
 

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Est-ce compliqué d’organiser un événement en France alors que vous êtes actuellement en Colombie ?

Passe au Large a deux membres implantés en France et l’Association sportive de Sciences Po Paris s’occupe de l’organisation du tournoi caritatif. Du côté colombien, nous gérons toutes les actions sociales menées à Bogotá et l’organisation pour la venue de l’équipe. La principale difficulté, c’est surtout de concilier les études, les entraînements et le projet. Mais on se donne à 100% pour ces 16 joueuses incroyables qui rêvent de représenter l’Amérique latine et d’affronter des équipes du monde entier.

En plus du tournoi caritatif, comment financez-vous ce projet ?

Le budget est conséquent pour réussir à faire venir 16 joueuses en France, d’autant plus qu’elles ont souvent peu de ressources financières. Nous sommes actuellement à la recherche active de sponsors et de mécènes. Nous avons déjà réussi à décrocher quelques soutiens essentiels, mais il nous reste du chemin à parcourir. En attendant, nous lançons une campagne de crowfunding.

Propos recueillis par Leslie Mucret

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