Pauline Déroulède, le rebond grâce au tennis fauteuil

Après un accident grave qui lui a coûté sa jambe gauche, Pauline Déroulède rêve de participer aux Jeux Paralympiques de Paris 2024 en tennis fauteuil. Déterminée, la Parisienne s’entraîne au comité des Yvelines pour monter dans la hiérarchie mondiale.

 

Pauline Déroulède affiche ses ambitions et sa détermination pour participer aux Jeux Paralympiques en 2024 en tennis fauteuil. Pourtant, il y a encore deux ans, la Parisienne, assistante réalisatrice, était loin d’envisager une carrière de sportive de haut niveau. Sa vie a basculé à la fin de l’année 2018 lorsqu’elle a été renversée par une voiture alors qu’elle marchait sur le trottoir. « J’ai perdu ma jambe gauche », raconte-t-elle. Peu de temps après son accident, elle a trouvé les ressources pour rebondir. « L’une des premières choses à laquelle j’ai pensé, c’est : «je veux faire les Jeux Paralympiques». C’est un objectif qui m’a fait survivre. » La petite balle jaune, Pauline Déroulède la connaît bien : « Le tennis a toujours été mon sport. J’ai fait des compétitions, j’ai eu le diplôme pour enseigner auprès d’enfants. J’étais professeur de tennis à côté de mon activité professionnelle. » Pour autant, le tennis fauteuil était loin d’être son premier choix. « J’avais un blocage psychologique. Je ne voulais pas aller dans le fauteuil. J’ai la chance d’avoir une prothèse et d’être debout au quotidien », explique-t-elle.

« L’ironie du sort »

En mars 2019, Pauline Déroulède a participé à l’un des plateaux de La Relève, un programme de détection nationale lancé par le Comité paralympique et sportif français afin de dénicher de hauts potentiels susceptibles de porter les couleurs de la France lors des Jeux Paralympiques de Paris 2024. Elle penchait plutôt pour le triathlon, mais « la Fédération française de tennis (FFT) m’a vendu du rêve et m’offrait la possibilité d’intégrer une structure d’entraînement. Cependant, je n’étais toujours pas hyper emballée par le fauteuil ». Quelques semaines plus tard, la FFT l’a invitée à Roland-Garros, où elle a rencontré Stéphane Houdet, également victime d’un accident qui a provoqué l’amputation de sa jambe gauche. Les paroles du lauréat de 23 titres du Grand Chelem en tennis fauteuil – « j’arrive debout, je me mets dans mon fauteuil pour faire mon match et après je repars debout » – ont provoqué un déclic chez Pauline Déroulède. En septembre 2019, elle est accueillie par le Comité de tennis des Yvelines qui lui met à disposition une coach, Aurélie Somarriba, et un préparateur physique. Quinze heures de tennis et six heures de préparation physique par semaine, c’est le rythme d’une sportive de haut niveau. « C’était un rêve de petite fille de participer aux Jeux », confie la tenniswoman. « J’ai failli faire sport études, mais mes parents ont préféré que je parte vers une filière plus classique. Aujourd’hui, sans ma jambe gauche, j’ai la vie d’une sportive de haut niveau. C’est l’ironie du sort. »

« Je ne vais pas me contenter de participer »

Arrivée dans la discipline, il y a un an, Pauline Déroulède a fait forte impression en battant les numéros 8, 9, 10 et 11 françaises au classement national. Elle a même tapé dans l’œil de Michaël Jérémiasz, parrain de l’opération la Relève et quadruple médaillé aux Jeux Paralympiques en tennis fauteuil, qui croit en elle pour Paris 2024. Quinzième au classement de septembre, son but est d’intégrer le top 3 tricolore et d’arriver parmi les 24 meilleures joueuses mondiales pour décrocher son billet pour ces Jeux. « Quand Paris a obtenu les Jeux en 2017, j’étais déjà heureuse en tant que spectatrice que mon pays accueille un tel événement. Depuis que j’ai mon handicap, je me suis dit qu’il y avait un coup à jouer pour y participer. L’objectif de Paris 2024 m’a littéralement permis de me relever après mon accident. C’est une compétition hyper prestigieuse. Je serai très fière de porter les couleurs de la France, en plus chez moi à Paris. Avec mon esprit de compétitrice, je ne vais pas me contenter de participer. Je voudrais aller chercher une médaille, et pourquoi pas la plus belle. » Les Jeux Paralympiques se préparent bien en amont. « L’idée est de m’engager dans pas mal de tournois, nationaux pour gagner des places dans le classement français, mais aussi internationaux pour faire mes preuves au niveau mondial », souligne la tenniswoman. « J’ai fait quelques tournois en septembre, mais en octobre, ils ont tous été annulés à cause de la pandémie de Covid-19. »

Prochaine étape l’équipe de France

En attendant, Pauline Déroulède s’entraîne avec Charlotte Fairbank, la numéro 3 française. « On s’entend très bien et on échange énormément. On évoque même la possibilité de faire un double. » Prochaine étape en vue des Jeux Paralympiques, intégrer l’équipe de France. Une première sélection pourrait arriver dès mars 2021 pour les Championnats du monde. « Si je continue comme ça, il n’y pas de raisons que je n’intègre pas l’équipe nationale », avance la Parisienne, qui s’attache à mettre toutes les chances de son côté. En août 2024, la tenniswoman aura 33 ans, mais son âge ne la préoccupe pas. « En handisport, les carrières sont décalées. Charlotte Famin, la numéro 1 française, a 47 ans, et Stéphane Houdet bientôt 50. » Un nouveau signe encourageant pour la deuxième vie de Pauline Déroulède, qui pourrait la mener jusqu’aux Jeux Paralympiques de Paris 2024 et plus loin encore.

Leslie Mucret
Crédit photo : Cedric Lecocq / FFT
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