Lutte : Daniel Jacob, la lutte en plein cœur

Président du Comité régional de lutte des Hauts-de-France, Daniel Jacob est impliqué dans la discipline depuis 1964. Lutteur, entraîneur puis président du Cercle de lutte Hercule de Calonne-Ricouart, il a la lutte ancrée au cœur.

« La lutte, j’y suis bientôt depuis 57 ans. C’est très précis, mais je m’en rappellerai toujours, j’ai commencé la lutte le jour de mon anniversaire, le 23 avril 1964. » Daniel Jacob a alors 7 ans. Lui le fils de mineur et natif de Calonne-Ricouart, il se prend de passion pour la discipline. « J’avais mon frère et des amis proches qui pratiquaient la lutte et qui m’ont amené vers ce sport. Même si ça reste un sport individuel, j’ai quand même trouvé un état d’esprit collectif qui m’a beaucoup plu. J’ai rapidement participé à des championnats par équipe, cet aspect-là m’a beaucoup intéressé. Beaucoup de mes camarades pratiquaient le football, mais la lutte est restée gravée en moi, depuis cette période jusqu’à aujourd’hui. » En effet, Daniel Jacob ne s’est pas arrêté à la simple pratique loisir. « J’ai été athlète, j’ai été plusieurs fois champion de France. J’avais un bon niveau. J’aime ce sport, je pense que c’est un élément clé qui a fait beaucoup pour ma progression en tant qu’athlète. Après ma carrière, j’ai continué à participer aux entraînements de lutte, même si je n’étais plus à haut niveau. »
 
La passion de la lutte est donc toujours là pour celui qui affiche une fidélité sans borne à son club, le Cercle de lutte Hercule de Calonne-Ricouart. « En 1992, l’ancien entraîneur du club avait souhaité arrêter. Le président m’avait alors demandé si je souhaitais reprendre le club. J’ai donc repris le club dans lequel je suis licenciés depuis 1964. J’ai pris les fonctions de directeur technique et de secrétaire du club. J’ai intégré le groupe de dirigeants, tout en trouvant des personnes qui voulaient s’investir », confie Daniel Jacob, cheville ouvrière de la lutte dans le Pas-de-Calais. « Quand j’ai vu que le club commençait à péricliter, j’ai eu un appel du maire de Calonne-Ricouart qui me proposait de reprendre le club. Je me suis donc investi. Je ne pouvais pas lâcher mon club. Quand j’ai repris le club, nous étions à peine une dizaine de licenciés. Aujourd’hui, on tourne entre 130 et 150 licenciés par an. » Fort du bon travail accompli à la tête du club, Daniel Jacob souhaite en faire plus. « Je me suis investi au niveau du comité départemental du Pas-de-Calais, puis au niveau du comité régional en tant que secrétaire. Avec ensuite différents postes à la clé, dont celui de président. »
 

 
« Patron » de la lutte dans les Hauts-de-France, presque une évidence. « J’ai été élu quasiment à l’unanimité car je suis un conciliateur. J’essaye de nouer de bons contacts avec tous les clubs, l’avenir des clubs me tient à coeur. Le but est d’essayer de redynamiser la lutte sur notre territoire. Les Hauts-de-France est un bastion de notre discipline, et notamment de la lutte féminine. J’ai surtout servi de conciliateur pour mettre les problèmes d’ego qui existaient au sein de certains clubs. Il est important que tout le monde tire dans le même sens », explique le président du comité régional. « Dans le cadre des établissements scolaires et notamment au niveau de l’USEP, il y a un fort potentiel de licenciés. Nous avons les moyens pédagogiques de travailler avec ce type de public. »
 
Un Daniel Jacob sur le pont, notamment pour permettre aux clubs des Hauts-de-France de faire face à la crise sanitaire. « La perte de licenciés est forte, il sera donc important d’aller chercher les gamins où ils sont. Le comité régional vient en aide aux clubs en payant leur affiliation cette année. Beaucoup de petits clubs ont des difficultés financières. » Pour redresser la barre, la rentrée prochaine est donc en ligne de mire. « Nous voulons donc mettre en place des actions pour attirer le public de façon ludique afin d’intéresser le plus de monde possible, y compris les jeunes et les féminines. Nous mettons notamment en place des choses autour de la gym lutte ou du wrestling training. Ce dont des pratiques annexes qui plaisent dans les clubs de la région », confie le président, qui approche tranquilement mais sûrement des soixante ans d’implication dans le monde de la lutte. « Je fais partie d’une génération qui était très engagée dans le bénévolat. En réunion, c’est un sujet que nous abordons. On se rend compte qu’on est majoritairement une génération qui a passé la soixantaine. On essaye de passer le témoin aux jeunes, d’amener les jeunes dans notre sillage, c’est notre combat le plus important aujourd’hui. » Le combat d’un passionné, de 7 à… peut-être plus que 77 ans.
 
Tous les mardis durant cinq semaines, SPORTMAG vous propose une série de portraits de dirigeants marquants du monde de la lutte.
 

Olivier Navarranne
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