Les Championnats du Monde de lutte à Paris !

Plus de 14 ans que la France n’avait pas été le pays hôte d’une compétition majeure de lutte. Après Créteil en 2003, les Championnats du monde de lutte auront lieu à l’AccorHotels Arena du 21 au 26 août. Dernier grand événement sportif avant la décision de la ville hôte du Comité olympique des Jeux 2024, les Mondiaux de Paris auront de multiples enjeux.

 

Les meilleurs combattants du monde seront attendus dans la plus grande salle de France pour une compétition inédite où les trois styles olympiques seront représentés. La lutte libre, la lutte gréco-romaine et la lutte féminine réuniront 1000 athlètes d’une centaine de nations. La Russie, l’Iran, l’Azerbaïdjan, les États-Unis, la Turquie ou encore le Japon seront les grands candidats de cette édition 2017. Mais plus qu’un événement d’envergure internationale, ces Mondiaux seront le centre de l’attention estivale sportive. Alain Bertholom, président de la Fédération Française de Lutte, revient sur les nombreux enjeux de la compétition : « Sportivement, c’est important, parce qu’on sort de Jeux olympiques ratés. Nous n’avons eu que deux sélectionnés et aucune médaille. On espère bien redorer notre blason avec de bons résultats ». Avec 20 000 licenciés en France, la Fédération compte également sur la portée de la compétition à domicile pour attirer un maximum de sportifs : « Ces Mondiaux doivent être un point d’appui pour mieux promouvoir nos activités fédérales. On a fait du développement de notre sport une priorité. Et c’est le dernier grand événement avant la décision du Comité olympique sur le territoire français, cela nous oblige donc à être bons. On a beaucoup de responsabilités », explique le Président.

Tous ces enjeux représentent « une pression positive » selon virginie Thobor, Directrice Technique Nationale. Depuis deux ans, les membres de la Fédération et de nombreux bénévoles ont mis en place un certain nombre d’événements pour donner plus de visibilité à un sport encore confidentiel. « On ne peut pas se satisfaire aujourd’hui des chiffres qu’on a ; on a envie de faire toujours mieux. Il faut se mobiliser pour qu’on aille dans ce sens. On a organisé les tournées des équipes de France, des shows, des événements phares à la tour Eiffel, et j’espère que ces animations autour du Championnat du monde vont contribuer à faire en sorte qu’on ait plus de demandes au sein de nos clubs à la rentrée prochaine ».

Koumba Larroque, le grand espoir tricolore à Paris

Les meilleurs lutteurs tricolores se sont retrouvés à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) pour un entraînement collectif ouvert au public. Disponibles et accueillants, les athlètes ont partagé la passion de leur sport, tout en répondant à nos questions. Sans surprise, Koumba Larroque ne peut assister à l’échauffement, tant la jeune lutteuse est sollicitée. Elle revient sur son excellent début de saison qui lui permet d’aborder avec confiance les Mondiaux : « Je ne peux être que satisfaite de mon début de saison, malgré la petite déception d’avoir terminé 3ème aux Championnats d’Europe seniors. Mais je pense qu’il ne faut pas non plus en demander trop, puisque c’est ma première année en senior ! » (rires). En effet, Koumba Larroque a su montrer qu’elle s’était totalement adaptée au niveau d’exigence des tournois seniors 69. Elle débute l’année en remportant les tournois de Paris et de Klippan en Suède, en battant en finale la locale Jenny Fransson, médaillée de bronze aux Jeux de Rio. Les Mondiaux de Paris constituent la prochaine grande échéance à court terme pour la lutteuse de 18 ans : « Les Mondiaux, c’est mon objectif. Forcément, être à domicile met un peu plus de pression. C’est une bonne chose de s’être préparée sur les Europe seniors. Les Mondiaux c’est encore au-dessus. Il y a un peu de stress, mais je me prépare bien ! » Habituée aux lutteuses européennes, Koumba Larroque devra faire face pour la première fois à des athlètes du monde entier. Sa plus grande appréhension ? Les lutteuses des pays asiatiques, comme le Japon ou la Mongolie. Mais elle pourra déjà se faire une première idée, puisqu’elle fera un stage de préparation en juillet en Mongolie. « Il y a aussi certaines luttes comme la lutte canadienne, très bloquée, que je n’aime pas du tout ! » (rires), ajoute-t-elle.

Koumba a tout pour réussir

Entraîneur de Koumba depuis son arrivée la rentrée dernière à l’INSEP, Nodar Bokhashvili a très vite remarqué le potentiel de la jeune fille. L’ancien lutteur franco-géorgien connaissait déjà Koumba, lorsqu’elle était encore à Sainte-Geneviève-des-Bois, club où il a entraîné. « A l’époque, on la prenait déjà dans les stages seniors. Elle était en cadet, mais elle battait déjà des seniors, des médaillées olympiques. Les gens rigolaient au départ mais, en 2016, elle a gagné les championnats d’Europe, les championnats du Monde juniors. Derrière, elle termine deux fois 3ème dans les tournois de qualification aux Jeux olympiques. Donc, on voyait bien que c’était une fille qui pouvait déjà faire des résultats en seniors ». Également entraîneur de l’équipe de France, Nodar Bokhashvili se montre très confiant quant aux capacités de son athlète à performer à Paris : « Les Mondiaux ne sont pas un test, parce qu’on connaît déjà son niveau, on l’a vu chez les Seniors. Pour moi, elle a toutes les qualités d’une championne. Elle très forte dans la tête, elle n’aime pas perdre, même quand elle joue au basket, elle s’arrache pour gagner. Elle a toutes les qualités physiques, elle est explosive, elle a aussi l’intelligence : tout pour réussir ! Ce serait magnifique qu’elle gagne à Paris ! » Si beaucoup d’attentes sont placées en Koumba, le Président de la Fédération tient à ne pas mettre trop de pression sur la jeune lutteuse. « Koumba est un grand espoir, mais elle est jeune et c’est son premier championnat du monde seniors. On a beaucoup d’espoir en elle mais, si elle ne réussit pas, ça ne veut pas dire qu’elle est mauvaise ! Il ne faut pas que tout le poids de la compétition repose sur ses épaules ».

Les autres chances de médailles françaises :

Koumba Larroque est bel et bien la tête d’affiche de lutte féminine de ces Mondiaux, mais d’autres lutteuses sont, elles aussi, à mentionner. Cynthia vescan, lutteuse de 25 ans du club d’Aulnay CMASA, combattra chez les moins de 75kg. Chez les légères, Mathilde Rivière, 28 ans, représente elle aussi une chance de médaille. Première du Championnat de France des 55kg, elle a décroché le bronze aux Championnats d’Europe à Novi Sad (Serbie) en mai dernier. « Je pense que l’avenir de la lutte est la lutte féminine ! (rires). On a une jeune génération de lutteuses féminines qui portent haut les couleurs de la France ; donc je pense que c’est un vrai levier », analyse virginie Thobor qui portera l’organisation d’un colloque international sur la place des femmes dans les instances dirigeantes pendant les Mondiaux. En lutte gréco-romaine, le Président de la Fédération évoque Mélonin Noumonvi, 35 ans, et ancien Champion du Monde (2014) ainsi qu’Artak Margaryan. Le lutteur d’origine arménienne avait remporté les Championnats de France en 2010 et 2011. Enfin, en lutte libre, Zoheir El Ouarraqe et Zelimkhan Khadjiev seront les grands favoris. Pour Zoheir, 26 ans, lutter à domicile est une pression stimulante : « J’adore tout ce qui est chaud, donc le fait d’être à la maison peut m’aider. Après, la seule pression que j’ai, c’est la peur de décevoir tous les gens qui vont se déplacer, venir voir le spectacle. C’est dans un coin de ma tête, mais j’essaie de ne pas trop y penser ».

Les règles dans les différentes disciplines :

Lutte gréco-romaine : le lutteur ne peut faire tomber son adversaire qu’en utilisant ses bras et ne peut attaquer que le haut du corps. Il existe 8 catégories de poids : -59kg, -66kg, -71kg, -75kg, -80kg, -85kg, -98kg et -130kg.
Lutte libre (uniquement masculine) : le lutteur peut faire tomber son adversaire en utilisant ses bras et ses jambes, et le tenir en dessous de la ceinture. Il existe 8 catégories de poids : -57kg, -61kg, -65kg, -70kg, -74kg, -86kg, -97kg et -125kg.
Lutte féminine : semblable à la lutte libre, les femmes ne peuvent cependant pas utiliser de clefs-doubles (double Nelson) pour des raisons de sécurité. Il existe 8 catégories de poids : -48kg, -53kg, -55kg, -58kg, -60kg, -63kg, -69kg et -75kg.

Par Alicia Dauby

 

Crédit photo : Djorovic / Icon Sport
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