Karaté – Steven Da Costa : « Pour l’or, pas pour visiter » 

A 100 jours des Jeux Olympiques, Steven Da Costa (24 ans) s’est lancé dans la dernière ligne droite d’une préparation largement perturbée par la crise sanitaire. Ce qui n’empêche pas le karatéka de 24 ans de ne penser qu’à l’or olympique de Tokyo. Et rien d’autre.

Steven, comment allez-vous ? 

Ça va, de mieux en mieux. J’ai combattu le week-end dernier dans le cadre de matchs tests comme au mois de mars. J’ai gagné les deux mais le second s’est mieux passé que le premier. Les sensations et les repères commencent à revenir. Je me suis plus lâché. C’est mieux pour la confiance. 

 

Comment avez-vous vécu les derniers mois marqués par la crise sanitaire et le report des Jeux Olympiques ?

Le report des Jeux n’était pas forcément très embêtant. Mais la préparation est compliquée. Toutes les compétitions ont été annulées. Je n’ai pas combattu pendant un an et demi. Je dois reprendre au Portugal dans deux semaines. 

 

Quelles sont les conséquences pour vous ? 

Ce n’est pas la meilleure façon de se préparer. Il n’y a que les compétitions qui permettent de se jauger. On est à 100 jours des Jeux et je n’ai toujours pas combattu officiellement. 

 

Est-ce un avantage d’avoir décroché votre qualification dès 2019 ? 

C’est un problème en moins. C’est mieux mais j’aurais imaginé une autre préparation. J’espère pouvoir faire l’Open au Portugal et les championnats d’Europe. Si cela se passe comme ça, ce sera une bonne chose. 

Pendant cette période, vous avez pu vous entraîner avec votre père et vos frères, Jessie et Logan, karatékas de l’équipe de France…

C’est une force, encore plus pendant les confinements. La ville de Mont-Saint-Martin nous a mis à disposition une salle. J’ai eu la chance d’avoir des partenaires avec mes frères. Tout seul, ça aurait été trop dur. A trois, on avait déjà du mal à se motiver parfois. Mon père nous entraîne donc on était quatre. On est tous très proches. Je suis le voisin de mes parents, j’ai acheté la maison à côté. Entre nous, il y a ce franc-parler qui est bénéfique. Il n’y a pas de pincette, pas de mensonge. Etre dur entre nous, c’est ce qui nous fait avancer. Notre force est de pouvoir se dire les choses.

Votre ville et votre club à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle) ont donc aussi été des soutiens importants…

Je suis parti au Pôle France pendant sept ans mais j’ai toujours su que j’allais revenir. La ville a mis les moyens pour que je puisse me préparer à 100%. La salle à disposition, un accompagnement… Un grand coup de chapeau parce que je ne pouvais pas rêver mieux. 

Qu’est ce que représentent les Jeux, pour vous qui avez déjà presque tout gagné ? 

Comme tous les sportifs, c’est le graal. Le plus gros événement sportif du monde. Le fait qu’il se déroule au Japon, lieu de naissance du Karaté ? Je ne suis pas comme les puristes. C’est cool mais que ce soit au Japon, en Thaïlande ou ailleurs, mon objectif est de gagner. Peu importe où la compétition se déroule. La symbolique est belle mais j’y vais pour l’or et non pas pour visiter. 

Vous serez le grand favori pour le titre olympique en -67kg. Est-ce une pression supplémentaire ? 

Je ne me positionne pas comme ça. Tous les qualifiés aux Jeux seront d’un niveau équivalent. La sélection est tellement difficile qu’aucune place ne sera volée. Tout le monde aura une chance de médaille. Le parcours de sélection a duré deux ans avec énormément de compétitions. Il fallait une régularité hors-norme pour se qualifier. 

Allez-vous préparer de manière différente cette compétition ? 

Je ne vais rien changer puisque cela a fonctionné jusqu’ici. Si je dois perdre aux Jeux, c’est que ça n’aura pas été mon jour. Je ne me mets pas plus de pression que ça, sinon je vais passer à côté. J’y vais avec la gnac et que pour l’or. Le reste ne m’intéresse pas. Ce seront certainement les seuls Jeux du Karaté. Je fais mon chemin mais je ne vais pas aller à Tokyo pour ne rien ramener. 

Propos recueillis par Loïc Feltrin
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