Alizée Agier : “Le karaté va changer de dimension”

Alizée Agier, championne de France et d’Europe de karaté dans la catégorie +61 kg, entrevoit sa première participation aux Jeux olympiques. Parallèlement, la Bourguignonne s’engage pour améliorer la place des femmes dans le sport. Rencontre.

Comment s’est déroulée votre reprise dans ce contexte sanitaire actuel ?

J’ai repris des entraînements dès cet été, avec notamment des rassemblements avec l’équipe de France de karaté. En ce qui concerne les compétitions, c’est plus compliqué. Plusieurs ont été annulées et la Coupe de France prévue les 14 et 15 novembre à Villebon (Essonne) pourrait subir le même sort.

Comment arrivez-vous à vous préparer en vue des Jeux olympiques de Tokyo en 2021 dans ces conditions ?

Avec l’équipe de France de karaté, on continue de s’entraîner à l’INSEP pour rester au maximum de notre forme et on attend les nouvelles au fur et à mesure. On ne saura qu’en décembre si les JO auront bien lieu. Si c’est le cas, les qualifications devraient reprendre à partir du début de l’année 2021, avec notamment un Tournoi de qualification olympique prévu à Paris.

 

 

Le karaté sera pour la première fois au programme des Jeux olympiques. Êtes-vous fière pour votre sport ?

En entrant au programme des Jeux olympiques, le karaté va changer de dimension. C’est une belle reconnaissance pour notre sport. Alors chaque karatéka a forcément envie de se qualifier et de marquer l’histoire en étant les premiers à disputer un tournoi olympique.

En revanche, votre sport sera absent des Jeux de Paris…

On rentre et on ressort, c’est très frustrant. Les athlètes se sont mobilisés pour que le Comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 change d’avis. On a participé à l’opération « Belt for Hope » et porté une ceinture avec les couleurs des cinq anneaux des JO lors du championnat d’Europe qui a suivi l’annonce. Maintenant, le retour de notre sport se joue plus du côté politique. À Tokyo, nous allons montrer sur les tatamis de quoi le karaté est capable. Ce sera la meilleure réponse à cette éviction.

 

 

Hors karaté, vous êtes la marraine de l’édition 2020 du concours femmes et sports du CROS Bourgogne-Franche-Comté. En quoi consiste votre rôle ?

Je fais partie du jury de ce concours qui récompense les actions entreprises par le mouvement sportif pour le développement du sport féminin ou pour la promotion des femmes à des postes à responsabilité. Deux prix sont remis « Sport au féminin » à une structure et « Sport, le coup de cœur » à une personne. Quand le CROS est venu me chercher pour devenir la marraine, j’ai accepté avec plaisir. Il faut se soutenir entre femmes, montrer les exemples de celles qui ont réussi peut permettre à d’autres de prendre confiance en elles et d’accéder à des postes à décision dans le sport. Je n’avais jamais participé à une action du CROS hors du dispositif Objectif médailles qui apporte un soutien financier aux sportifs de haut niveau. Ce sera une première avec ce concours qui me tient particulièrement à cœur.

Êtes-vous restée attachée à la région Bourgogne-Franche-Comté ?

Dès que je peux je rentre, et dans mon club FKC Semurois, en Côte d’Or, où je suis toujours licenciée. Avant, j’ai évolué au Karaté Club Semurois. Ces deux clubs font partie intégrante de mon parcours et m’ont permis d’atteindre le niveau auquel je suis actuellement. C’est grâce à eux que j’ai pu être championne de France six fois, championne d’Europe en 2019 et remporter des étapes du circuit Karaté 1 Premier league.

Propos recueillis par Leslie Mucret
Crédit photo : Icon Sport
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